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A 75 ans, j'en ai plein le cul d'être hypocrite : (Confessions d'un vieux du siècle)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Dès la naissance, il va falloir écouter les mensonges, des amis, de la famille, des inconnus, faire croire à nos propres affabulations. Soit, c'est le prix à payer pour la vie en société. Mais, pendant des années, écouter les politiques promettre, mentir, berner, cacher, échouer, raconter des contes à dormir debout, couché, assis, débiter des discours tellement vieille langue de bois qu'ils en sont vermoulus, prendre le citoyen pour un couillon (c'est dans le dictionnaire), il y en a plein le fondement. Il ne faut pas trop énerver les vieux ! L'auteur, de la classe des «vrais gens» comme ils disent, tend l'oreille dans la rue, au bistrot, dans des fêtes populaires pour écouter ses concitoyens... Pour râler, ça râle ! Mais, par crainte d'ouvrir la machine à clabauder, c'est courage fuyons ! On gueule, on dit que l'époque est décadente, que l'on va dans le mur mais prudemment «on» se tait pour rejoindre le cheptel «des veaux». Ou des autruches. Expert en hypocrisie, témoin de la morosité ambiante, le rédacteur des ces pages, (trois quarts de siècle de vie et encore vingt-quatre dents d'origine), en profite pour mordre et «se lâcher» comme un jeune qui se lance au saut à l'élastique... Il ose dire ce qu'il a dans les oreillettes, les ventricules et même les tripes ! Le lecteur peut être choqué, pas d'accord, avec un discours qui évite la tartuferie et appelle le «mal comprenant» un con. En toute simplicité et ironie... «Il faut affronter la réalité avec une pointe d'humour ; autrement on passe à côté». L. Durrell.ExtraitMes parents voulaient un enfant... Mon père, un fils pour prolonger le nom, jouer au foot, au mécano et plus tard lui apprendre l'ébénisterie pratiquée dans la famille par plusieurs générations. Ma mère désirait aussi un garçon parce que, selon la rumeur : «ils sont plus proches de la mère alors que les filles...» Coup de pot, le bébé avait un sac à gonades entre les cuisses. Ils furent égoïstement heureux. Avaient-ils pensé à moi ? Imaginé que ce monde ne me plairait peut-être pas ? Que la perspective de fréquenter de nombreux cons ne me séduirait qu'à moitié ? Que la potentialité d'être con moi-même existait ? Que le fait de recevoir déjà une fessée à la sortie du ventre de ma mère pour me faire chialer me laissait présager une vie difficile ? Que, déjà, la rougeole, la varicelle, les oreillons se réjouissaient de ma venue ? Que les pelles et les pioches aiguisaient leur tranchant pour creuser des rides dans mon front lisse et un trou au cimetière ? Non ! Ils s'en foutaient, et, tout à leur bonheur de ne pas avoir un trisomique, me vêtirent de bleu, m'affublèrent d'une ridicule tototte dans le bec et d'un sac à déjections aux fesses. Subodorant que ma quiétude dépendait de mon comportement, je fis semblant d'être le beau et gentil bébé dont ils rêvaient. Je fis semblant de faire mes nuits, de réclamer mes tétées sans trop d'aigus dans la voix, de faire des risettes édentées, quand penchés sur mon berceau, ils parlaient «bébé», d'éviter la couleur verte dans mes selles... Une seule chose vraie : je ne faisais pas semblant de les aimer. Une femme qui vous donne son sein régulièrement ne peut pas être foncièrement mauvaise. Un homme qui vous embrasse dix fois tous les jours, vous tient dans ses bras en recueillant, dans sa large pogne d'artisan, votre fragile crâne, non plus. Un peu plus âgé, je fis semblant d'aimer que papa me lançât un mètre au-dessus de sa tête en souhaitant qu'il me rattrapât... Le tournoiement à bout de bras me plut modérément mais ça semblait beaucoup l'amuser... Ils décédèrent sereinement persuadés que tout allait pour le mieux dans ma vie, comme je leur avais fait croire. Une véritable attitude de faux cul mais de bon fils. Afficher moinsAfficher plus

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Dès la naissance, il va falloir écouter les mensonges, des amis, de la famille, des inconnus, faire croire à nos propres affabulations. Soit, c'est le prix à payer pour la vie en société. Mais, pendant des années, écouter les politiques promettre, mentir, berner, cacher, échouer, raconter des contes à dormir debout, couché, assis, débiter des discours tellement vieille langue de bois qu'ils en sont vermoulus, prendre le citoyen pour un couillon (c'est dans le dictionnaire), il y en a plein le fondement. Il ne faut pas trop énerver les vieux ! L'auteur, de la classe des «vrais gens» comme ils disent, tend l'oreille dans la rue, au bistrot, dans des fêtes populaires pour écouter ses concitoyens... Pour râler, ça râle ! Mais, par crainte d'ouvrir la machine à clabauder, c'est courage fuyons ! On gueule, on dit que l'époque est décadente, que l'on va dans le mur mais prudemment «on» se tait pour rejoindre le cheptel «des veaux». Ou des autruches. Expert en hypocrisie, témoin de la morosité ambiante, le rédacteur des ces pages, (trois quarts de siècle de vie et encore vingt-quatre dents d'origine), en profite pour mordre et «se lâcher» comme un jeune qui se lance au saut à l'élastique... Il ose dire ce qu'il a dans les oreillettes, les ventricules et même les tripes ! Le lecteur peut être choqué, pas d'accord, avec un discours qui évite la tartuferie et appelle le «mal comprenant» un con. En toute simplicité et ironie... «Il faut affronter la réalité avec une pointe d'humour ; autrement on passe à côté». L. Durrell.ExtraitMes parents voulaient un enfant... Mon père, un fils pour prolonger le nom, jouer au foot, au mécano et plus tard lui apprendre l'ébénisterie pratiquée dans la famille par plusieurs générations. Ma mère désirait aussi un garçon parce que, selon la rumeur : «ils sont plus proches de la mère alors que les filles...» Coup de pot, le bébé avait un sac à gonades entre les cuisses. Ils furent égoïstement heureux. Avaient-ils pensé à moi ? Imaginé que ce monde ne me plairait peut-être pas ? Que la perspective de fréquenter de nombreux cons ne me séduirait qu'à moitié ? Que la potentialité d'être con moi-même existait ? Que le fait de recevoir déjà une fessée à la sortie du ventre de ma mère pour me faire chialer me laissait présager une vie difficile ? Que, déjà, la rougeole, la varicelle, les oreillons se réjouissaient de ma venue ? Que les pelles et les pioches aiguisaient leur tranchant pour creuser des rides dans mon front lisse et un trou au cimetière ? Non ! Ils s'en foutaient, et, tout à leur bonheur de ne pas avoir un trisomique, me vêtirent de bleu, m'affublèrent d'une ridicule tototte dans le bec et d'un sac à déjections aux fesses. Subodorant que ma quiétude dépendait de mon comportement, je fis semblant d'être le beau et gentil bébé dont ils rêvaient. Je fis semblant de faire mes nuits, de réclamer mes tétées sans trop d'aigus dans la voix, de faire des risettes édentées, quand penchés sur mon berceau, ils parlaient «bébé», d'éviter la couleur verte dans mes selles... Une seule chose vraie : je ne faisais pas semblant de les aimer. Une femme qui vous donne son sein régulièrement ne peut pas être foncièrement mauvaise. Un homme qui vous embrasse dix fois tous les jours, vous tient dans ses bras en recueillant, dans sa large pogne d'artisan, votre fragile crâne, non plus. Un peu plus âgé, je fis semblant d'aimer que papa me lançât un mètre au-dessus de sa tête en souhaitant qu'il me rattrapât... Le tournoiement à bout de bras me plut modérément mais ça semblait beaucoup l'amuser... Ils décédèrent sereinement persuadés que tout allait pour le mieux dans ma vie, comme je leur avais fait croire. Une véritable attitude de faux cul mais de bon fils. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
A 75 ans, j'en ai plein le cul d'être hypocrite : (Confessions d'un vieux du siècle)
Format
Broché
Publication
15 mars 2016
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
160
Taille
21 x 14.5 x 1.3 cm
Poids
215
ISBN-13
9782364150058
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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