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Un corps de femme

2.8

(4)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Maia est une comédienne de trente ans, sensuelle, amoureuse, épanouie dans un Pans qui I habille comme une robe de haute-couture. Jusqu'à cette fin de soirée parfaite... Une voiture folle la fauche. Elle s'en tire sans blessures graves, en apparence, pourtant son corps refuse d'avancer. Entre insomnies, crises de panique et étouffements ressurgit son lourd passé... C'est alors à une véritable enquête intime que Maïa va se livrer tout au long de ce roman à vif, haletant, précis comme un symptôme. Aude Lechrist a 33 ans et vit à Paris. Elle fait son apparition sur la scène littéraire avec Un corps de femme... Une révélation. Extrait Deux ans plus tôt C'était une fin de soirée parfaite. Quand la lune n'est pas encore ronde, Paris assoupie, engourdie par le froid des dernières nuits de l'année. Dans les appartements, un trait de lumière, chaque mouvement laisse une trace. Deux mois après l'accident, il y avait encore des fins de soirées parfaites. Je rentrais d'une longue journée de tournage, il était un peu plus d'une heure du matin. La tête en vrac, mes gestes s'enchaînaient. J'avais déversé dans une assiette deux plats que j'avais achetés dans le supermarché japonais de la place Colette. Je m'étais démaquillée, j'avais enfilé un pantalon de yoga et un débardeur lâche que je retirerais une fois dans mon lit. J'avais posé mon ordinateur sur le plan de travail de la cuisine, je regardais la seconde partie de An affair to remember de Léo McCarey, quand Deborah Kerr s'apprête à rejoindre Cary Grant en haut de l'Empire State Building. J'en étais là, avec Deborah Kerr survoltée dans son taxi, quand je croquai une bouchée de pain azyme tartiné de fromage frais, saupoudré de poivre cinq baies, agrémenté d'algues. Une composition originale, pour laquelle il m'avait fallu plusieurs semaines de tentatives avant de parvenir à l'équihbre recherché. Impatiente, Deborah Kerr sortit du taxi, une voiture la faucha, l'algue que je mâchais dévia de sa trajectoire. C'était terrifiant. L'algue coincée dans ma trachée. Vraiment. J'étais seule, au dernier étage d'un immeuble peuplé de personnes âgées endormies, bercées par les prières rassurantes, celles de l'enfance, les petites statuettes de la Sainte Vierge posées à portée d'âme, un chapelet accroché au coin d'un miroir, des bas suspendus dans la baignoire. Je me voyais déjà au sol, la gueule ouverte, un filet de salive grumeleux au coin des lèvres. Je toussai, postillonnai, crachai dans l'évier ce qui restait dans ma bouche : une pâte blanche, infâme, épaissie par le pain azyme. C'était organique. Immonde. Sur l'écran derrière moi, le film se déroulait. Il y avait le flot des visiteurs en haut de l'Empire State Building et le chasseur qui jetait un regard à Cary Grant. Ma nausée redoubla pour éjecter le corps étranger. Je le sentais, c'était très net, dans le larynx. J'étais seule. Maïa était seule. Que serait-il advenu si j'avais été avec des amis, un amant, mon amoureux ? Rien. L'incident se serait dissipé en quelques gestes. Je composai le numéro de téléphone de Cyril. Il dormait dans un hôtel que je n'avais jamais pris la peine de me figurer, quelque part dans Milan. Son répondeur. Ma soeur ne décrocha pas non plus. Deborah Kerr n'avait pas honoré son rendez-vous, Cary Grant patientait, la nuit était tombée sur Manhattan, il ignorait tout du crissement des roues de la voiture, du corps qui s'était contracté face au danger, et dans un même élan, le cri de la peur poussé dans le silence de la ville. Un bonheur parfait, fauché. Revue de presse Ecouter ce que le corps a à dire : tel est l'enseignement qu'a tiré Maïa, l'héroïne comédienne d'Aude Lechrist, au terme de son analyse. Car on ne peut impunément lui imposer un rôle, quel qu'il soit, fille parfaite, refaite, défaite. Et cette révélation est aussi physique. Elle s'exprime dans un éclat de rire inextinguible qui dissipe toutes les tensions, conjurant la peur du vide, de la chute. (Macha Séry Afficher moinsAfficher plus

Un corps de femme

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Le Pitch

Présentation de l'éditeur Maia est une comédienne de trente ans, sensuelle, amoureuse, épanouie dans un Pans qui I habille comme une robe de haute-couture. Jusqu'à cette fin de soirée parfaite... Une voiture folle la fauche. Elle s'en tire sans blessures graves, en apparence, pourtant son corps refuse d'avancer. Entre insomnies, crises de panique et étouffements ressurgit son lourd passé... C'est alors à une véritable enquête intime que Maïa va se livrer tout au long de ce roman à vif, haletant, précis comme un symptôme. Aude Lechrist a 33 ans et vit à Paris. Elle fait son apparition sur la scène littéraire avec Un corps de femme... Une révélation. Extrait Deux ans plus tôt C'était une fin de soirée parfaite. Quand la lune n'est pas encore ronde, Paris assoupie, engourdie par le froid des dernières nuits de l'année. Dans les appartements, un trait de lumière, chaque mouvement laisse une trace. Deux mois après l'accident, il y avait encore des fins de soirées parfaites. Je rentrais d'une longue journée de tournage, il était un peu plus d'une heure du matin. La tête en vrac, mes gestes s'enchaînaient. J'avais déversé dans une assiette deux plats que j'avais achetés dans le supermarché japonais de la place Colette. Je m'étais démaquillée, j'avais enfilé un pantalon de yoga et un débardeur lâche que je retirerais une fois dans mon lit. J'avais posé mon ordinateur sur le plan de travail de la cuisine, je regardais la seconde partie de An affair to remember de Léo McCarey, quand Deborah Kerr s'apprête à rejoindre Cary Grant en haut de l'Empire State Building. J'en étais là, avec Deborah Kerr survoltée dans son taxi, quand je croquai une bouchée de pain azyme tartiné de fromage frais, saupoudré de poivre cinq baies, agrémenté d'algues. Une composition originale, pour laquelle il m'avait fallu plusieurs semaines de tentatives avant de parvenir à l'équihbre recherché. Impatiente, Deborah Kerr sortit du taxi, une voiture la faucha, l'algue que je mâchais dévia de sa trajectoire. C'était terrifiant. L'algue coincée dans ma trachée. Vraiment. J'étais seule, au dernier étage d'un immeuble peuplé de personnes âgées endormies, bercées par les prières rassurantes, celles de l'enfance, les petites statuettes de la Sainte Vierge posées à portée d'âme, un chapelet accroché au coin d'un miroir, des bas suspendus dans la baignoire. Je me voyais déjà au sol, la gueule ouverte, un filet de salive grumeleux au coin des lèvres. Je toussai, postillonnai, crachai dans l'évier ce qui restait dans ma bouche : une pâte blanche, infâme, épaissie par le pain azyme. C'était organique. Immonde. Sur l'écran derrière moi, le film se déroulait. Il y avait le flot des visiteurs en haut de l'Empire State Building et le chasseur qui jetait un regard à Cary Grant. Ma nausée redoubla pour éjecter le corps étranger. Je le sentais, c'était très net, dans le larynx. J'étais seule. Maïa était seule. Que serait-il advenu si j'avais été avec des amis, un amant, mon amoureux ? Rien. L'incident se serait dissipé en quelques gestes. Je composai le numéro de téléphone de Cyril. Il dormait dans un hôtel que je n'avais jamais pris la peine de me figurer, quelque part dans Milan. Son répondeur. Ma soeur ne décrocha pas non plus. Deborah Kerr n'avait pas honoré son rendez-vous, Cary Grant patientait, la nuit était tombée sur Manhattan, il ignorait tout du crissement des roues de la voiture, du corps qui s'était contracté face au danger, et dans un même élan, le cri de la peur poussé dans le silence de la ville. Un bonheur parfait, fauché. Revue de presse Ecouter ce que le corps a à dire : tel est l'enseignement qu'a tiré Maïa, l'héroïne comédienne d'Aude Lechrist, au terme de son analyse. Car on ne peut impunément lui imposer un rôle, quel qu'il soit, fille parfaite, refaite, défaite. Et cette révélation est aussi physique. Elle s'exprime dans un éclat de rire inextinguible qui dissipe toutes les tensions, conjurant la peur du vide, de la chute. (Macha Séry Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Un corps de femme
Editeur
Format
Poche
Publication
24 novembre 2016
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
282
Taille
19 x 12.8 x 2 cm
Poids
304
ISBN-13
9782362010897
Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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