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Dupre La Tour, Florence

Cigish serie #1

CIGISH OU LE MAITRE DU JE

3.6

(32)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Florence vit une crise existentielle : elle vient de rompre, se retrouve en garde alternée avec des enfants affreux et son activité d'auteure de BD est au plus bas. À vrai dire, elle n'en peut plus d'elle-même : ennuyeuse, trop gentille, elle se fait marcher dessus par tout le monde. Soudain, en pleine messe, la voilà prise d'une illumination mystique : elle décide d'incarner son ancien personnage de jeu de rôles favori, Cigish Hexorotte, un nain nécromancien, un personnage du MAAAL. Sa vie, elle l'envisage désormais comme une aventure, obéissant à sa vieille fiche de personnage. Née en 1978, Florence Dupré la Tour oeuvre dans la bande dessinée depuis quelques années, avec diverses parutions pour un public adulte comme pour la jeunesse (Borgnol et Capucin chez Gallimard, Papier chez Delcourt, Forever ma soeur chez Michel Lagarde), On a pu également voir son travail d'illustratrice et de scénariste dans la presse, au sein d'expositions diverses ou dans l'audiovisuel avec l'adaptation animée de Petit Vampire de Joann Sfar. S'intéressant aux projets transversaux, elle crée un opéra dessiné avec la compagnie Les Nouveaux Caractères. Elle est également professeur à l'école Émile Cohl de Lyon dont elle est diplômée. Extrait PEUR D'UN MONDE SANS MENSONGE Florence Dupré la Tour est folle. Le compliment est peut-être facile, mais on voudrait être le premier à mettre un mot sur cette grâce devenue si rare de nos jours. Elle est folle parce quelle ne craint rien, preuve nous en est donnée dès les premières pages. La peur, cette terreur existentielle exaltée que nous éprouvons tous, à un moment ou à un autre, à l'idée que nous pouvons impunément infliger le mal et en éprouver du plaisir, elle la tient à l'écart en se dissociant d'elle-même, en prenant ses distances avec le moi sacro-saint et mesquin, en dynamitant les tristes conventions sociales censées régir les relations entre un être humain et les autres. On ne sait plus trop de quoi Dieu est le nom, mais personne ne nous interdira de l'imaginer en Maître du Jeu paresseux et sans conscience, lançant ses dés pipés derrière un écran de fumée, indifférent aux protestations du monde. La différence entre un personnage joueur et un personnage non joueur, tous les rôlistes le savent, réside dans le fait que le premier, par définition, a conscience d'être incarné. C'est plus une malédiction qu'une chance. A l'aube des années 90, une présentatrice télé pétocharde et un pseudo-psy gentiment idiot essayaient de convaincre nos parents que la pratique du jeu de rôle pouvait rendre cinglé. Ils devaient être les derniers à ne pas avoir compris que c'est l'existence qui nous abîme, heure après heure jusqu'au dernier échec critique, et que notre seule chance de vivre vrai est de fuir ses dictatoriaux paradigmes. Une solution ? Se jouer soi-même. Réécrire les règles. Présenter au MJ un index dressé. Adieu, Grand-Papa-Personne. Florence a tenté une expérience. Elle a vu une porte, l'a ouverte en grand et a sauté dans le vide. La B.D. manque de kamikazes, ces temps-ci - à sa décharge, elle n'est pas la seule - la B.D. manque de hérauts désireux de prendre le problème de la "Réalité" (mot dont Vladimir Nabokov souhaitait qu'il fût systématiquement placé entre guillemets, comme si ce genre de garde-fous pût suffire à se prémunir de ses ruades) au sérieux. Sitôt la révélation initiale reçue - les premières pages, drôles comme des guêpes, vives comme des gifles -, on se laisse perdre avec reconnaissance. En nous débarrassant de nos certitudes, Florence nous libère de nos entraves. Il y a quelque chose de très punk, d'assurément radical dans la façon qu'elle a d'embrasser sa cause. Peut-on calquer une ligne de conduite sur le mensonge, la manipulation, la tricherie, l'autoréférence permanente ? En vérité, et à présent que le Pouvoir Supérieur, fatigué de nos outrances, a quitté la pièce en emportant ses manuels indéchiffrables, c'est ainsi que nous procédons Afficher moinsAfficher plus

Dupre La Tour, Florence

Cigish serie #1

CIGISH OU LE MAITRE DU JE

3.6

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Présentation de l'éditeur Florence vit une crise existentielle : elle vient de rompre, se retrouve en garde alternée avec des enfants affreux et son activité d'auteure de BD est au plus bas. À vrai dire, elle n'en peut plus d'elle-même : ennuyeuse, trop gentille, elle se fait marcher dessus par tout le monde. Soudain, en pleine messe, la voilà prise d'une illumination mystique : elle décide d'incarner son ancien personnage de jeu de rôles favori, Cigish Hexorotte, un nain nécromancien, un personnage du MAAAL. Sa vie, elle l'envisage désormais comme une aventure, obéissant à sa vieille fiche de personnage. Née en 1978, Florence Dupré la Tour oeuvre dans la bande dessinée depuis quelques années, avec diverses parutions pour un public adulte comme pour la jeunesse (Borgnol et Capucin chez Gallimard, Papier chez Delcourt, Forever ma soeur chez Michel Lagarde), On a pu également voir son travail d'illustratrice et de scénariste dans la presse, au sein d'expositions diverses ou dans l'audiovisuel avec l'adaptation animée de Petit Vampire de Joann Sfar. S'intéressant aux projets transversaux, elle crée un opéra dessiné avec la compagnie Les Nouveaux Caractères. Elle est également professeur à l'école Émile Cohl de Lyon dont elle est diplômée. Extrait PEUR D'UN MONDE SANS MENSONGE Florence Dupré la Tour est folle. Le compliment est peut-être facile, mais on voudrait être le premier à mettre un mot sur cette grâce devenue si rare de nos jours. Elle est folle parce quelle ne craint rien, preuve nous en est donnée dès les premières pages. La peur, cette terreur existentielle exaltée que nous éprouvons tous, à un moment ou à un autre, à l'idée que nous pouvons impunément infliger le mal et en éprouver du plaisir, elle la tient à l'écart en se dissociant d'elle-même, en prenant ses distances avec le moi sacro-saint et mesquin, en dynamitant les tristes conventions sociales censées régir les relations entre un être humain et les autres. On ne sait plus trop de quoi Dieu est le nom, mais personne ne nous interdira de l'imaginer en Maître du Jeu paresseux et sans conscience, lançant ses dés pipés derrière un écran de fumée, indifférent aux protestations du monde. La différence entre un personnage joueur et un personnage non joueur, tous les rôlistes le savent, réside dans le fait que le premier, par définition, a conscience d'être incarné. C'est plus une malédiction qu'une chance. A l'aube des années 90, une présentatrice télé pétocharde et un pseudo-psy gentiment idiot essayaient de convaincre nos parents que la pratique du jeu de rôle pouvait rendre cinglé. Ils devaient être les derniers à ne pas avoir compris que c'est l'existence qui nous abîme, heure après heure jusqu'au dernier échec critique, et que notre seule chance de vivre vrai est de fuir ses dictatoriaux paradigmes. Une solution ? Se jouer soi-même. Réécrire les règles. Présenter au MJ un index dressé. Adieu, Grand-Papa-Personne. Florence a tenté une expérience. Elle a vu une porte, l'a ouverte en grand et a sauté dans le vide. La B.D. manque de kamikazes, ces temps-ci - à sa décharge, elle n'est pas la seule - la B.D. manque de hérauts désireux de prendre le problème de la "Réalité" (mot dont Vladimir Nabokov souhaitait qu'il fût systématiquement placé entre guillemets, comme si ce genre de garde-fous pût suffire à se prémunir de ses ruades) au sérieux. Sitôt la révélation initiale reçue - les premières pages, drôles comme des guêpes, vives comme des gifles -, on se laisse perdre avec reconnaissance. En nous débarrassant de nos certitudes, Florence nous libère de nos entraves. Il y a quelque chose de très punk, d'assurément radical dans la façon qu'elle a d'embrasser sa cause. Peut-on calquer une ligne de conduite sur le mensonge, la manipulation, la tricherie, l'autoréférence permanente ? En vérité, et à présent que le Pouvoir Supérieur, fatigué de nos outrances, a quitté la pièce en emportant ses manuels indéchiffrables, c'est ainsi que nous procédons Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
CIGISH OU LE MAITRE DU JE
Editeur
Format
Album
Publication
01 janvier 2015
Série
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
303
Taille
22.5 x 16.5 x 2.9 cm
Poids
692
ISBN-13
9782359103809

Auteur

Livré entre : 18 juin - 21 juin
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