Passer au contenu
Mon compte
Wishlist
Panier 00:00
Panier 00:00

NOTRE CHANEL

1.0

(2)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur «Dis, ce livre, tu l'écriras ?» Des années plus tard, Jean Lebrun l'a écrit pour son compagnon Bernard Costa, disparu en 1990. Ce fou de couture, qui savait ses jours comptés, l'avait entraîné à travers la France dans une enquête sur Chanel. En historien et en conteur, Jean Lebrun déroule leur road movie, de l'abbaye d'Aubazine au champ de course de Pau, de la boutique de Biarritz à l'usine de Maretz, d'un château l'autre : Corbère, Le Mesnil-Guillaume... Jusqu'à ce que la mort de Bernard interrompe leur enquête, qui s'arrête avant la résurrection de Chanel, en 1954. Entre la Belle Époque et la Libération, ce récit conduit vers des lieux moins attendus que la rue Cambon ou le Ritz, croise des personnages qu'on ne croyait pas si proches de Mademoiselle, tel Robert Bresson qu'elle couva et inspira. Il fait revivre à la fois l'insaisissable Chanel, et un anonyme de trente-cinq ans qui l'avait choisie pour fée. Ce qu'elle était aussi. Jean Lebrun, agrégé d'histoire, journaliste, est producteur à France Inter de l'émission «La marche de l'histoire», après avoir été longtemps l'une des «voix» de France Culture. Auparavant, il a enseigné et travaillé dans la presse écrite (Combat, La Croix, Esprit). Il est l'auteur de Lamenais ou l'inquiétude de la liberté (Fayard, 1981), de livres d'entretien avec des historiens aux éditions Textuel et de deux essais sur le journalisme aux éditions Bleu autour. Extrait Extrait du prologue Quelle histoire son visage raconterait-il aujourd'hui ? Il est passé de l'autre côté du miroir à l'aube d'un jour gris, le 29 novembre 1990. Il m'avait dit : «Le son de mon amour, tu ne l'entendras jamais d'un autre.» Les années passant, je n'entends plus de lui que ce que je veux bien. C'est un confort d'aimer un mort. J'ai pleuré bien haut et bien fort. Il n'a pas pu poursuivre avec moi de conversation dérangeante. «Tiens, je t'étais indispensable, et tu n'es pas devenu fou de douleur ?» «Et pendant que tu continues ton bonhomme de chemin, t'es-tu demandé si, guéri par miracle, j'aurais pu, moi aussi, te laisser seul ?» Il est encore temps, cependant, de répondre à une question - l'ultime - qu'il me fit vivant : «Dis, notre livre, tu l'écriras ?» Mais voilà qu'aujourd'hui je ne sais même plus sa date de naissance. Il faut que j'aille à la recherche de son passeport, il le conservait dans un meuble du salon que je prends soin de bien faire briller. C'est un cabinet d'acajou assez singulier où un aïeul de Bernard, premier d'une lignée de chirurgiens-dentistes, gardait ce qui était nécessaire à ses préparations. Je manipule les tirettes, j'ouvre les compartiments du meuble, s'échappe une odeur passée d'amalgame. Je retrouve des étiquettes de l'hôtel Luna à Venise, il ne les aura pas collées, comme il en avait l'habitude, sur sa valise qui repose, inutile, en haut d'une étagère, plus loin dans l'appartement. Voici sa montre, je la réveille, elle fonctionne toujours. Et le passeport. Je lis : «Bernard Costa. Né le 27 décembre 1954 à Béziers. Yeux : bleus. Signes particuliers : néant.» Il rêvait de la couture depuis qu'il trottait dans sa province, suivant le sillage d'une grand'mère très aimée, l'épouse du dentiste du cabinet. Cette femme, abonnée aux articles de Paris, se parfumait à la poudre de l'interdit. Elle lui avait appris l'intrépidité, en même temps qu'elle le faisait échapper au couple très mal assorti de ses parents. Son oncle, Bernard Chapuis, et moi lui avions mis le pied, qu'il avait ailé, à l'étrier, et, à sa façon, il se faisait sa place, encore modeste, dans le mundillo de la mode. En toute indépendance, ce qui est rare dans le milieu, il rédigeait des articles pour L'Événement du Jeudi, La Croix, Dépêche Mode. Christian Lacroix, qu'il avait été un des premiers à soutenir, m'écrira que «son hypersensibilité d'écorché vif et l'acuité de son jugement faisaient de lui, dans une presse de mode si souvent fallacieuse et déserte, une sorte d'ange à la Co Afficher moinsAfficher plus

NOTRE CHANEL

1.0

(2)

1,49 €
20,00 € -92%
Sélectionnez la condition
1,49 €
20,00 € -92%

Le Pitch

Présentation de l'éditeur «Dis, ce livre, tu l'écriras ?» Des années plus tard, Jean Lebrun l'a écrit pour son compagnon Bernard Costa, disparu en 1990. Ce fou de couture, qui savait ses jours comptés, l'avait entraîné à travers la France dans une enquête sur Chanel. En historien et en conteur, Jean Lebrun déroule leur road movie, de l'abbaye d'Aubazine au champ de course de Pau, de la boutique de Biarritz à l'usine de Maretz, d'un château l'autre : Corbère, Le Mesnil-Guillaume... Jusqu'à ce que la mort de Bernard interrompe leur enquête, qui s'arrête avant la résurrection de Chanel, en 1954. Entre la Belle Époque et la Libération, ce récit conduit vers des lieux moins attendus que la rue Cambon ou le Ritz, croise des personnages qu'on ne croyait pas si proches de Mademoiselle, tel Robert Bresson qu'elle couva et inspira. Il fait revivre à la fois l'insaisissable Chanel, et un anonyme de trente-cinq ans qui l'avait choisie pour fée. Ce qu'elle était aussi. Jean Lebrun, agrégé d'histoire, journaliste, est producteur à France Inter de l'émission «La marche de l'histoire», après avoir été longtemps l'une des «voix» de France Culture. Auparavant, il a enseigné et travaillé dans la presse écrite (Combat, La Croix, Esprit). Il est l'auteur de Lamenais ou l'inquiétude de la liberté (Fayard, 1981), de livres d'entretien avec des historiens aux éditions Textuel et de deux essais sur le journalisme aux éditions Bleu autour. Extrait Extrait du prologue Quelle histoire son visage raconterait-il aujourd'hui ? Il est passé de l'autre côté du miroir à l'aube d'un jour gris, le 29 novembre 1990. Il m'avait dit : «Le son de mon amour, tu ne l'entendras jamais d'un autre.» Les années passant, je n'entends plus de lui que ce que je veux bien. C'est un confort d'aimer un mort. J'ai pleuré bien haut et bien fort. Il n'a pas pu poursuivre avec moi de conversation dérangeante. «Tiens, je t'étais indispensable, et tu n'es pas devenu fou de douleur ?» «Et pendant que tu continues ton bonhomme de chemin, t'es-tu demandé si, guéri par miracle, j'aurais pu, moi aussi, te laisser seul ?» Il est encore temps, cependant, de répondre à une question - l'ultime - qu'il me fit vivant : «Dis, notre livre, tu l'écriras ?» Mais voilà qu'aujourd'hui je ne sais même plus sa date de naissance. Il faut que j'aille à la recherche de son passeport, il le conservait dans un meuble du salon que je prends soin de bien faire briller. C'est un cabinet d'acajou assez singulier où un aïeul de Bernard, premier d'une lignée de chirurgiens-dentistes, gardait ce qui était nécessaire à ses préparations. Je manipule les tirettes, j'ouvre les compartiments du meuble, s'échappe une odeur passée d'amalgame. Je retrouve des étiquettes de l'hôtel Luna à Venise, il ne les aura pas collées, comme il en avait l'habitude, sur sa valise qui repose, inutile, en haut d'une étagère, plus loin dans l'appartement. Voici sa montre, je la réveille, elle fonctionne toujours. Et le passeport. Je lis : «Bernard Costa. Né le 27 décembre 1954 à Béziers. Yeux : bleus. Signes particuliers : néant.» Il rêvait de la couture depuis qu'il trottait dans sa province, suivant le sillage d'une grand'mère très aimée, l'épouse du dentiste du cabinet. Cette femme, abonnée aux articles de Paris, se parfumait à la poudre de l'interdit. Elle lui avait appris l'intrépidité, en même temps qu'elle le faisait échapper au couple très mal assorti de ses parents. Son oncle, Bernard Chapuis, et moi lui avions mis le pied, qu'il avait ailé, à l'étrier, et, à sa façon, il se faisait sa place, encore modeste, dans le mundillo de la mode. En toute indépendance, ce qui est rare dans le milieu, il rédigeait des articles pour L'Événement du Jeudi, La Croix, Dépêche Mode. Christian Lacroix, qu'il avait été un des premiers à soutenir, m'écrira que «son hypersensibilité d'écorché vif et l'acuité de son jugement faisaient de lui, dans une presse de mode si souvent fallacieuse et déserte, une sorte d'ange à la Co Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Notre Chanel
Auteur
Editeur
Format
Broché
Publication
17 avril 2014
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
276
Taille
22 x 14 x 1.8 cm
Poids
420
ISBN-13
9782358480581
Livré entre : 15 juin - 18 juin
Disponible chez le fournisseur
Impression à la demande
Expédition immédiate
Chez vous entre :
Les délais de livraison ont tendance à s'accélérer ces dernières semaines, le temps indiqué peut être plus court que prévu. Les délais de livraison ont tendance à s'allonger ces dernières semaines, le temps indiqué peut être plus long que prévu.
Livraison gratuite (FR et BE) à partir de 20,00 € de livres d'occasion
Retour GRATUIT sous 14 jours.
Image to render

Revendez-le sur notre application!

Aller plus loin

Vous pouvez également aimer

Récemment consultés