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Du décor à la scénographie

Audience : Adulte - Haut niveau
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Textes réunis et commentés par Romain Fohr Depuis le glissement du terme de décor vers celui de scénographie en 1970, la thématique de l'espace de la représentation inspire de nombreuses réflexions pratiques et théoriques. Il nous a semblé nécessaire de réunir dans un même ouvrage les textes qui permettent de mieux comprendre les différents carrefours qui ont jalonné l'espace scénique depuis l'Antiquité. Comme il le pratique lors de ses cours au conservatoire, à l'université ou en écoles d'art visuel et de design, Romain Fohr propose une amorce de réflexion avant chaque texte pour contextualiser le propos de l'auteur dans la situation de l'espace scénique de l'époque et du pays. Extrait VITRUVE Pollio Marcus Vitruvius dit. Architecte romain (Ier siècle av. J.-C.). Il est l'auteur de De Architectura, traité d'architecture en dix livres de l'Antiquité commenté en 1521 par Cesare Casariano, puis reformulé en 1452 par l'italien Léon Battista Alberti. En France, Jean Martin traduit l'ouvrage de façon approximative en 1547, avant que Claude Perrault réalise une traduction en 1673. Le Livre V a pour thème la construction des théâtres romains. Vitruve y décrit la conception romaine de l'édifice théâtral où les matériaux permettent une meilleure acoustique. À Rome, les théâtres semblent longtemps provisoires. C'est au 1er siècle avant J.-C. que les théâtres se construisent définitivement avec une ornementation (statues, frontons, colonnes). Trois types de décor peint coexistent : palais, ville et campagne. Ils apparaissent sur une machine à roulette avec un support pivotant à trois faces (ekklyklêma), ou en glissant vers la scène. La scaena romaine désigne le mur de scène peint percée de trois portes qui donnent sur un lieu extérieur, un au-delà. Ce dispositif architectural fait écho à la scène grecque. La skênographia (la peinture du bâtiment de scène) est l'art de peindre les décors. Au V siècle avant J.-C., Agatharcos de Samos aurait réalisé les premiers panneaux peints, placé sur la façade de la skênê pour Eschyle et Sophocle. Aristote y fait référence dans La Poétique : «Sophocle utilisa trois acteurs et introduisit les décors peints ?.» La skênê désigne alors un bâtiment provisoire en bois. Les peintures représentent un décor champêtre ou marin, des maisons contemporaines. Des panneaux peints (pinakês) étaient disposés au bas du proscenium (proskênion), et dans les ouvertures du mur de scène (thyromata). Des machines volantes (mêchanê) permettaient de faire apparaître les personnages (deus ex machina) dans les airs. * * * «L'architecture est constituée par : l'ordonnance, que les Grecs appellent taxis ; la disposition, qu'ils nomment diathésis ; l'eurythmie ; la proportion ; la convenance, et la distribution, qui en grec est appelée oeconornia. L'ordonnance est ce qui donne à toutes les parties d'un bâtiment leur juste mesure, par rapport à leur usage, soit que l'on considère séparément, soit qu'on ait égard à la proportion de tout l'ouvrage. Cette ordonnance dépend de la quantité appelée en grec pocotes, ce qui dépend du module qui a été pris pour régler l'oeuvre entier et chacune de ses parties séparément. La disposition est l'arrangement convenable de toutes les parties, de manière qu'elles soient placées selon la qualité de chacune ; les représentations ou, pour parler comme les Grecs, les idées de la disposition se font de trois manières, savoir : par l'ichnographie, l'orthographie et la scénographie. L'ichnographie est le tracé à la règle et au compas du plan d'un édifice, dans un petit espace, comme si c'était sur le terrain l'orthographie représente, aussi dans un petit espace, l'élévation d'une des faces dans les mêmes proportions que doit avoir l'ouvrage que l'on veut construire; la scénographie fait voir l'élévation non seulement d'une des faces et des côtés, mais encore des parties enfoncées, et cela par le concours de toutes les lignes à un point central. Ces choses se font par le moy Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Textes réunis et commentés par Romain Fohr Depuis le glissement du terme de décor vers celui de scénographie en 1970, la thématique de l'espace de la représentation inspire de nombreuses réflexions pratiques et théoriques. Il nous a semblé nécessaire de réunir dans un même ouvrage les textes qui permettent de mieux comprendre les différents carrefours qui ont jalonné l'espace scénique depuis l'Antiquité. Comme il le pratique lors de ses cours au conservatoire, à l'université ou en écoles d'art visuel et de design, Romain Fohr propose une amorce de réflexion avant chaque texte pour contextualiser le propos de l'auteur dans la situation de l'espace scénique de l'époque et du pays. Extrait VITRUVE Pollio Marcus Vitruvius dit. Architecte romain (Ier siècle av. J.-C.). Il est l'auteur de De Architectura, traité d'architecture en dix livres de l'Antiquité commenté en 1521 par Cesare Casariano, puis reformulé en 1452 par l'italien Léon Battista Alberti. En France, Jean Martin traduit l'ouvrage de façon approximative en 1547, avant que Claude Perrault réalise une traduction en 1673. Le Livre V a pour thème la construction des théâtres romains. Vitruve y décrit la conception romaine de l'édifice théâtral où les matériaux permettent une meilleure acoustique. À Rome, les théâtres semblent longtemps provisoires. C'est au 1er siècle avant J.-C. que les théâtres se construisent définitivement avec une ornementation (statues, frontons, colonnes). Trois types de décor peint coexistent : palais, ville et campagne. Ils apparaissent sur une machine à roulette avec un support pivotant à trois faces (ekklyklêma), ou en glissant vers la scène. La scaena romaine désigne le mur de scène peint percée de trois portes qui donnent sur un lieu extérieur, un au-delà. Ce dispositif architectural fait écho à la scène grecque. La skênographia (la peinture du bâtiment de scène) est l'art de peindre les décors. Au V siècle avant J.-C., Agatharcos de Samos aurait réalisé les premiers panneaux peints, placé sur la façade de la skênê pour Eschyle et Sophocle. Aristote y fait référence dans La Poétique : «Sophocle utilisa trois acteurs et introduisit les décors peints ?.» La skênê désigne alors un bâtiment provisoire en bois. Les peintures représentent un décor champêtre ou marin, des maisons contemporaines. Des panneaux peints (pinakês) étaient disposés au bas du proscenium (proskênion), et dans les ouvertures du mur de scène (thyromata). Des machines volantes (mêchanê) permettaient de faire apparaître les personnages (deus ex machina) dans les airs. * * * «L'architecture est constituée par : l'ordonnance, que les Grecs appellent taxis ; la disposition, qu'ils nomment diathésis ; l'eurythmie ; la proportion ; la convenance, et la distribution, qui en grec est appelée oeconornia. L'ordonnance est ce qui donne à toutes les parties d'un bâtiment leur juste mesure, par rapport à leur usage, soit que l'on considère séparément, soit qu'on ait égard à la proportion de tout l'ouvrage. Cette ordonnance dépend de la quantité appelée en grec pocotes, ce qui dépend du module qui a été pris pour régler l'oeuvre entier et chacune de ses parties séparément. La disposition est l'arrangement convenable de toutes les parties, de manière qu'elles soient placées selon la qualité de chacune ; les représentations ou, pour parler comme les Grecs, les idées de la disposition se font de trois manières, savoir : par l'ichnographie, l'orthographie et la scénographie. L'ichnographie est le tracé à la règle et au compas du plan d'un édifice, dans un petit espace, comme si c'était sur le terrain l'orthographie représente, aussi dans un petit espace, l'élévation d'une des faces dans les mêmes proportions que doit avoir l'ouvrage que l'on veut construire; la scénographie fait voir l'élévation non seulement d'une des faces et des côtés, mais encore des parties enfoncées, et cela par le concours de toutes les lignes à un point central. Ces choses se font par le moy Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Du décor à la scénographie: Anthologie commentée de textes sur l'espace scénique
Auteur
Editeur
Format
Grand Format
Publication
25 septembre 2014
Audience
Adulte - Haut niveau
Pages
344
Taille
18.9 x 12.1 x 3 cm
Poids
329
ISBN-13
9782355391828
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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