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Le Pitch
Présentation de l'éditeur La relation qui se noue entre artistes et spectateurs est mystérieuse. Les arts de la rue se jouent de la place du public et constituent un formidable prisme d'observation de ce temps suspendu. Conjuguant un point de vue de chercheuse, un regard de spectatrice et l'expertise d'une professionnelle de terrain, Anne Gonon analyse depuis bientôt dix ans la question du public des arts de la rue et, plus particulièrement, celle du spectateur. Dans l'essai In vivo. Les figures du spectateur des arts de la rue, elle propose au lecteur un voyage au coeur de cette relation. Après une traversée de l'histoire dense de ce mouvement artistique né dans les années soixante-dix, au sein duquel la question du public est centrale, elle explore l'expérience de la réception, pour mieux cerner les enjeux et les paradoxes du spectateur. Les arts de la rue s'y révèlent marqués par une esthétique de la réception, dont les bienfaits comme les dangers sont nombreux. C'est toute la complexité du rapport au spectateur qui se trouve ainsi mise en lumière. Des récits de spectacles viennent compléter l'analyse, offrant au lecteur un contrepoint subjectif et une évasion sensible. Extrait L'apparition du théâtre de rue (1968-1989) EN GESTATION Vieux comme le monde Les arts de la rue ne datent pas d'hier, entend-on souvent dire. Des fêtes dionysiaques de la Grèce antique aux Mystères de l'ère médiévale, des baraques foraines aux bonimenteurs du boulevard du Crime, le théâtre a toujours été dehors... Combien de mémoires de master, écrits par des étudiants soucieux de replacer les arts de la rue dans une continuité historique, se livrent à ce périlleux saut dans le temps qui fait des artistes de rue les descendants, les héritiers ou les contemporains - la terminologie varie selon l'interprétation de la nature de la filiation - de pratiques ancestrales ? Beaucoup... Séduisante, cette parenté fait florès sous la plume de journalistes et parfois de chercheurs. Elle confère un certain relief à un mouvement artistique dont on date la naissance, dans sa version contemporaine, l'année 1973 - nous y reviendrons. Petit jeune ou fier épigone ? Sans doute un peu des deux... L'inscription des arts de la rue dans une histoire au long cours n'en serait-elle pas devenue un cliché ? Comment expliquer la référence récurrente à cette filiation historique ? Pourquoi chercher à instaurer un lien entre les arts de la rue et ces formes théâtrales originelles ? «[T]out se passe, écrit Robert Abirached, comme si beaucoup d'artistes et de compagnies avaient besoin de se rassurer sur leur identité, en se rattachant à une mémoire historique et de se donner, pour ainsi dire, des lettres de légitimité en s'inscrivant dans une généalogie théâtrale.» «Identité» et «légitimité», deux mots clés pour comprendre les arts de la rue. L'historien du théâtre tranche dans le vif en qualifiant cette généalogie d'«improbable» et nous convie à «accepter l'idée, après tout intéressante, que cet enfant-là a plusieurs pères putatifs, et au-delà de ce premier cercle, quelques ancêtres inconnus qui ont collaboré à sa mise au monde». Une parentalité multiple ne facilite pas la question de l'identité. Puisqu'il est question d'histoire, une précision s'impose afin d'éviter l'anachronisme. Le mouvement qui émerge dans les années soixante -dix puis quatre-vingt, dont nous allons suivre le développement jusqu'à aujourd'hui, est celui du «théâtre de rue». Cette terminologie, adoptée par les praticiens eux-mêmes, témoigne précisément d'une inscription dans l'histoire théâtrale. Il n'est dès lors peut-être pas inutile de se pencher un peu sur celle-ci pour comprendre celui-là. Le fait d'assister au théâtre... au théâtre - l'activité et le bâtiment portent le même nom, soulignant l'adéquation entre la première et le second - est aujourd'hui une évidence pour le public ; pourtant, l'entrée du théâtre dans des murs ne date que du XVIe siècle, la pratique du théâtre e Afficher moinsAfficher plus
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Présentation de l'éditeur La relation qui se noue entre artistes et spectateurs est mystérieuse. Les arts de la rue se jouent de la place du public et constituent un formidable prisme d'observation de ce temps suspendu. Conjuguant un point de vue de chercheuse, un regard de spectatrice et l'expertise d'une professionnelle de terrain, Anne Gonon analyse depuis bientôt dix ans la question du public des arts de la rue et, plus particulièrement, celle du spectateur. Dans l'essai In vivo. Les figures du spectateur des arts de la rue, elle propose au lecteur un voyage au coeur de cette relation. Après une traversée de l'histoire dense de ce mouvement artistique né dans les années soixante-dix, au sein duquel la question du public est centrale, elle explore l'expérience de la réception, pour mieux cerner les enjeux et les paradoxes du spectateur. Les arts de la rue s'y révèlent marqués par une esthétique de la réception, dont les bienfaits comme les dangers sont nombreux. C'est toute la complexité du rapport au spectateur qui se trouve ainsi mise en lumière. Des récits de spectacles viennent compléter l'analyse, offrant au lecteur un contrepoint subjectif et une évasion sensible. Extrait L'apparition du théâtre de rue (1968-1989) EN GESTATION Vieux comme le monde Les arts de la rue ne datent pas d'hier, entend-on souvent dire. Des fêtes dionysiaques de la Grèce antique aux Mystères de l'ère médiévale, des baraques foraines aux bonimenteurs du boulevard du Crime, le théâtre a toujours été dehors... Combien de mémoires de master, écrits par des étudiants soucieux de replacer les arts de la rue dans une continuité historique, se livrent à ce périlleux saut dans le temps qui fait des artistes de rue les descendants, les héritiers ou les contemporains - la terminologie varie selon l'interprétation de la nature de la filiation - de pratiques ancestrales ? Beaucoup... Séduisante, cette parenté fait florès sous la plume de journalistes et parfois de chercheurs. Elle confère un certain relief à un mouvement artistique dont on date la naissance, dans sa version contemporaine, l'année 1973 - nous y reviendrons. Petit jeune ou fier épigone ? Sans doute un peu des deux... L'inscription des arts de la rue dans une histoire au long cours n'en serait-elle pas devenue un cliché ? Comment expliquer la référence récurrente à cette filiation historique ? Pourquoi chercher à instaurer un lien entre les arts de la rue et ces formes théâtrales originelles ? «[T]out se passe, écrit Robert Abirached, comme si beaucoup d'artistes et de compagnies avaient besoin de se rassurer sur leur identité, en se rattachant à une mémoire historique et de se donner, pour ainsi dire, des lettres de légitimité en s'inscrivant dans une généalogie théâtrale.» «Identité» et «légitimité», deux mots clés pour comprendre les arts de la rue. L'historien du théâtre tranche dans le vif en qualifiant cette généalogie d'«improbable» et nous convie à «accepter l'idée, après tout intéressante, que cet enfant-là a plusieurs pères putatifs, et au-delà de ce premier cercle, quelques ancêtres inconnus qui ont collaboré à sa mise au monde». Une parentalité multiple ne facilite pas la question de l'identité. Puisqu'il est question d'histoire, une précision s'impose afin d'éviter l'anachronisme. Le mouvement qui émerge dans les années soixante -dix puis quatre-vingt, dont nous allons suivre le développement jusqu'à aujourd'hui, est celui du «théâtre de rue». Cette terminologie, adoptée par les praticiens eux-mêmes, témoigne précisément d'une inscription dans l'histoire théâtrale. Il n'est dès lors peut-être pas inutile de se pencher un peu sur celle-ci pour comprendre celui-là. Le fait d'assister au théâtre... au théâtre - l'activité et le bâtiment portent le même nom, soulignant l'adéquation entre la première et le second - est aujourd'hui une évidence pour le public ; pourtant, l'entrée du théâtre dans des murs ne date que du XVIe siècle, la pratique du théâtre e Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
In vivo: Les figures du spectateur des arts de la rue
Editeur
Format
Grand Format
Publication
01 mai 2011
Audience
Adulte - Haut niveau
Pages
208
Taille
21 x 15.2 x 1.7 cm
Poids
295
ISBN-13
9782355391262

Auteur

Livré entre : 7 juin - 10 juin
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