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L'invention de Philippe Muray

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Audience : Adulte - Haut niveau
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Mars 2010, Fabrice Luchini lit Philippe Muray. Ou comment passer du statut d'artiste confidentiel à celui d'écrivain en vogue qu'on cite dans les dîners parisiens. Mais le Philippe Muray qu'on décrit comme un pamphlétaire ne donne qu'une image grossièrement simplifiée de cet écrivain : au-delà des «billets d'humeur» les plus connus, il a en effet légué une oeuvre complexe, marquée par sa vision grinçante - mais libératrice - de l'individu et de la société. En s'appuyant sur le grand-oeuvre de Philippe Muray, Le XIXe siècle à travers les âges, cette véritable petite encyclopédie plonge le lecteur dans les coulisses de son écriture, pour découvrir comment il invente une nouvelle manière de dépeindre l'homme moderne - et comment l'écrivain Muray s'invente à travers la lecture de ses prédécesseurs. Entre rire et désillusion, comique et tragique, c'est un personnage riche d'infinies contradictions dont on découvre ici le portrait. Philippe Muray, né en 1945, est mort en 2006. Alexandre de Vitry a travaillé sur les oeuvres de Philippe Muray et de Charles Péguy. L'invention de Philippe Muray est son premier ouvrage. Extrait Vies parallèles de Philippe Muray Aussitôt après nous commence le monde que nous avons nommé, que nous ne cesserons pas de nommer le monde moderne. Le monde qui fait le malin. [...] Le monde de ceux qui font le malin. Le monde de ceux qui ne sont pas des dupes, des imbéciles. Comme nous. Charles Péguy, Notre Jeunesse Le 9 novembre 1989, le Mur de Berlin s'écroule, dans une liesse planétaire. Serait-elle enfin advenue, la «fin de l'Histoire», cette dissolution radieuse du dernier grand antagonisme idéologique, telle que l'a décrite le philosophe Francis Fukuyama, dès l'été précédent, dans un article resté célèbre ? Plus de guerre froide, place à la démocratie libérale pour tous ? Plus d'éreintante dialectique, place à la plénitude ? Mais de quoi peut bien parler Philippe Muray, quand il écrit, en 1991 : «Ce monde est plein de réunifications moins commentées, plus discrètes que celle de RFA-RDA, mais tout aussi chargées d'avenir» ? Nous serions-nous trompés de réunification ? Aurions-nous visé à côté ? Braquons donc le projecteur sur un autre événement, survenu quelques mois auparavant, toujours en 1989. Un événement aux apparences infiniment plus anodines, dérisoires, un non-événement. Une ère s'y inaugure, pourtant, dans un registre tout à fait différent. Une «fin de l'Histoire» d'un autre genre s'y amorce. Cette scène se joue, elle aussi, à Berlin. Première d'une longue série répétitive, se prolongeant jusqu'à nous dans son rythme annuel obsédant. Le premier «nymphéa» de Monet, répétant à l'avance tous les nymphéas à venir, comme disait Péguy dans Clio. Le premier nymphéa qui est aussi le dernier, parce que lui seul compte, lui seul contient en lui-même chacun des nymphéas suivants. En 1989, à Berlin, se tient la première Love Parade. L'Histoire est terminée, la fin de l'Histoire peut commencer, et continuer indéfiniment de se répéter elle-même. Place à la fête perpétuelle de l'itératif. Bien sûr, le Mur est tombé, cela n'a échappé à personne. Et tout le communisme européen avec lui. Mais sur ces décombres fumants, autre chose s'est joué que la seule réunification des deux Allemagne. Un autre roman se nouait. Muray a la fâcheuse manie de changer de focale, d'attirer l'attention sur des phénomènes dont personne n'aurait considéré, avant lui, sans lui, qu'ils importaient autrement qu'au titre de divertissantes anecdotes. 1989, chute du Mur ? Première Love Parade. Échec de la dictature, triomphe de la démocratie ? Certes, mais que dire des embrassades sur le Mur effondré, de l'effusion générale et vibrante, de tous ces inconnus tombant dans les bras d'autres inconnus, encouragés par la musique de Rostropovitch, venu les soutenir de son violoncelle, devant les caméras du monde entier ? N'assisterait-on pas déjà, ce 9 novembre 1989, à une deuxième Love Parade ? «Ce qui m'a le plus f Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Mars 2010, Fabrice Luchini lit Philippe Muray. Ou comment passer du statut d'artiste confidentiel à celui d'écrivain en vogue qu'on cite dans les dîners parisiens. Mais le Philippe Muray qu'on décrit comme un pamphlétaire ne donne qu'une image grossièrement simplifiée de cet écrivain : au-delà des «billets d'humeur» les plus connus, il a en effet légué une oeuvre complexe, marquée par sa vision grinçante - mais libératrice - de l'individu et de la société. En s'appuyant sur le grand-oeuvre de Philippe Muray, Le XIXe siècle à travers les âges, cette véritable petite encyclopédie plonge le lecteur dans les coulisses de son écriture, pour découvrir comment il invente une nouvelle manière de dépeindre l'homme moderne - et comment l'écrivain Muray s'invente à travers la lecture de ses prédécesseurs. Entre rire et désillusion, comique et tragique, c'est un personnage riche d'infinies contradictions dont on découvre ici le portrait. Philippe Muray, né en 1945, est mort en 2006. Alexandre de Vitry a travaillé sur les oeuvres de Philippe Muray et de Charles Péguy. L'invention de Philippe Muray est son premier ouvrage. Extrait Vies parallèles de Philippe Muray Aussitôt après nous commence le monde que nous avons nommé, que nous ne cesserons pas de nommer le monde moderne. Le monde qui fait le malin. [...] Le monde de ceux qui font le malin. Le monde de ceux qui ne sont pas des dupes, des imbéciles. Comme nous. Charles Péguy, Notre Jeunesse Le 9 novembre 1989, le Mur de Berlin s'écroule, dans une liesse planétaire. Serait-elle enfin advenue, la «fin de l'Histoire», cette dissolution radieuse du dernier grand antagonisme idéologique, telle que l'a décrite le philosophe Francis Fukuyama, dès l'été précédent, dans un article resté célèbre ? Plus de guerre froide, place à la démocratie libérale pour tous ? Plus d'éreintante dialectique, place à la plénitude ? Mais de quoi peut bien parler Philippe Muray, quand il écrit, en 1991 : «Ce monde est plein de réunifications moins commentées, plus discrètes que celle de RFA-RDA, mais tout aussi chargées d'avenir» ? Nous serions-nous trompés de réunification ? Aurions-nous visé à côté ? Braquons donc le projecteur sur un autre événement, survenu quelques mois auparavant, toujours en 1989. Un événement aux apparences infiniment plus anodines, dérisoires, un non-événement. Une ère s'y inaugure, pourtant, dans un registre tout à fait différent. Une «fin de l'Histoire» d'un autre genre s'y amorce. Cette scène se joue, elle aussi, à Berlin. Première d'une longue série répétitive, se prolongeant jusqu'à nous dans son rythme annuel obsédant. Le premier «nymphéa» de Monet, répétant à l'avance tous les nymphéas à venir, comme disait Péguy dans Clio. Le premier nymphéa qui est aussi le dernier, parce que lui seul compte, lui seul contient en lui-même chacun des nymphéas suivants. En 1989, à Berlin, se tient la première Love Parade. L'Histoire est terminée, la fin de l'Histoire peut commencer, et continuer indéfiniment de se répéter elle-même. Place à la fête perpétuelle de l'itératif. Bien sûr, le Mur est tombé, cela n'a échappé à personne. Et tout le communisme européen avec lui. Mais sur ces décombres fumants, autre chose s'est joué que la seule réunification des deux Allemagne. Un autre roman se nouait. Muray a la fâcheuse manie de changer de focale, d'attirer l'attention sur des phénomènes dont personne n'aurait considéré, avant lui, sans lui, qu'ils importaient autrement qu'au titre de divertissantes anecdotes. 1989, chute du Mur ? Première Love Parade. Échec de la dictature, triomphe de la démocratie ? Certes, mais que dire des embrassades sur le Mur effondré, de l'effusion générale et vibrante, de tous ces inconnus tombant dans les bras d'autres inconnus, encouragés par la musique de Rostropovitch, venu les soutenir de son violoncelle, devant les caméras du monde entier ? N'assisterait-on pas déjà, ce 9 novembre 1989, à une deuxième Love Parade ? «Ce qui m'a le plus f Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
L'invention de Philippe Muray
Editeur
Format
Broché
Publication
22 septembre 2011
Audience
Adulte - Haut niveau
Pages
283
Taille
21 x 14.5 x 2.7 cm
Poids
360
ISBN-13
9782355360527

Auteur

Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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