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Panorama aussi raisonné que possible de nos tics de langage

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur En fait, le tic de langage envahit quelque part l'ensemble de notre discours. Bien évidemment, Il sert à asseoir le propos et c'est vrai qu'il amène effectivement de la proximité, une connivence au niveau de la conversation, si vous voulez. Mais reste qu'il est, au jour d'aujourd'hui, ce qu'on pourrait appeler entre guillemets un «grand indispensable inutile». Car le tic de langage ne sert à rien, sinon à se donner le temps de réfléchir à ce qu'on va dire tout en pariant, à quêter l'adhésion de son interlocuteur, mais aussi à atténuer, arrondir ou rendre politiquement correctes chacune de nos affirmations. Il y a aussi le tic tribal, qui marque l'appartenance à un groupe : tes cours de récré plébiscitent c'est clair (ou juste clair) à la place de «oui», trop pas à ta place de «non» et en fait en début de toute phrase. Chez d'autres, tu m'étonnes ou tout à fait remplacent le «oui», tout comme à très vite ! semble nettement mieux que «à bientôt». Nul n'y échappe, pas même les politiques : depuis le écoutez de Chirac jusqu'au j'vais vous dire, monsieur Untel de Sarkozy en passant par le j'observe que de Fabius. Mais il y en a tout autant chez Corneille, qui use et abuse du Ah ! et du Quoi !, ce qui montre que le phénomène n'est pas nouveau... Parce que nous sommes tous atteints de fièvre ticoïde, le livre de Pierre Merle, révélateur et jubilatoire (comme on dit en langage tic) se lit avec beaucoup de plaisir et de gourmandise... Même s'il épingle nécessairement vos propres tics. C'est clair. Pierre Merle est journaliste et écrivain. Il a publié à ce jour plus d'une quarantaine d'ouvrages dont une bonne moitié concerne le langage et son évolution. Notamment Le Blues et l'argot (Seuil, 1990), Argot, verlan et tchatches (Milan, 1997), Le prêt-à -parler (Plon, 1999), Petit Traité de l'injure (L'Archipel, 2004) et Nouveau Dictionnaire de la langue verte (Denoël, 2007). Extrait Extrait de l'avant-propos : DE LA FIÈVRE TICOÏDE Tic de langage : «Emploi d'un mot, d'un tour qui revient anormalement souvent dans le discours de quelqu'un», dit le Petit Robert. Mot, expression, interjection, juron... On le pressent, le sujet est vaste. D'autant que, société de communication oblige, le tic de langage semble ne s'être jamais aussi bien porté qu'aujourd'hui, ce qui autorise à parler sans crainte, le recours au néologisme n'effrayant plus personne, de «fièvre ticoïde». Pour la même raison m'autorisé-je également ici, et sans avis de l'Académie, l'utilisation occasionnelle de l'adjectif «ticoïde» pour qualifier ce qui relève du tic de langage en général. Le tic de langage est forcément automatique, assez rarement authentique, très exceptionnellement polyphonique, quelquefois narcissique. Il peut prendre des airs sympathiques (chez soi) et très antipathiques (chez les autres), peut-être bien tantriques (pourquoi pas ?), voire atteindre à des prétentions holistiques. Il y en a même qui se la jouent arthritiques tant ils sont anciens ! Il lui arrive aussi, à notre tic, d'avoir, surtout à notre époque, des prétentions éthiques ! Et si vous ne me croyez pas, que faites-vous donc de l'épidémie galopante que nous connaissons depuis un moment de «entre guillemets» (qu'on peut appeler sans crainte et sans façons «entre-guillemettite aiguë», nous y reviendrons), expression bien pra... tique permettant de ne rien assumer de ce qui pourrait s'avérer blessant pour autrui dans des propos qui sont pourtant les nôtres ? Que dire encore de lui, ce sacré tic ? Ceci : il demeure, dans tous les cas, un candidat idéal à l'interprétation psychanali... tique, nous en reparlerons également. Tel est donc le tic. En toc, en vrac, en stock, le tic tel qu'en lui-même. Tel est, oui, le tic de langage, ce grand «indispensable inutile», si l'on veut jouer de l'oxymore, figure de style qui, pourquoi pas, pourrait prétendre, tant le goût actuel pour l'association de mots de sens contraires est développé (voyez seu­lement le fameux conc Afficher moinsAfficher plus

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Le Pitch

Présentation de l'éditeur En fait, le tic de langage envahit quelque part l'ensemble de notre discours. Bien évidemment, Il sert à asseoir le propos et c'est vrai qu'il amène effectivement de la proximité, une connivence au niveau de la conversation, si vous voulez. Mais reste qu'il est, au jour d'aujourd'hui, ce qu'on pourrait appeler entre guillemets un «grand indispensable inutile». Car le tic de langage ne sert à rien, sinon à se donner le temps de réfléchir à ce qu'on va dire tout en pariant, à quêter l'adhésion de son interlocuteur, mais aussi à atténuer, arrondir ou rendre politiquement correctes chacune de nos affirmations. Il y a aussi le tic tribal, qui marque l'appartenance à un groupe : tes cours de récré plébiscitent c'est clair (ou juste clair) à la place de «oui», trop pas à ta place de «non» et en fait en début de toute phrase. Chez d'autres, tu m'étonnes ou tout à fait remplacent le «oui», tout comme à très vite ! semble nettement mieux que «à bientôt». Nul n'y échappe, pas même les politiques : depuis le écoutez de Chirac jusqu'au j'vais vous dire, monsieur Untel de Sarkozy en passant par le j'observe que de Fabius. Mais il y en a tout autant chez Corneille, qui use et abuse du Ah ! et du Quoi !, ce qui montre que le phénomène n'est pas nouveau... Parce que nous sommes tous atteints de fièvre ticoïde, le livre de Pierre Merle, révélateur et jubilatoire (comme on dit en langage tic) se lit avec beaucoup de plaisir et de gourmandise... Même s'il épingle nécessairement vos propres tics. C'est clair. Pierre Merle est journaliste et écrivain. Il a publié à ce jour plus d'une quarantaine d'ouvrages dont une bonne moitié concerne le langage et son évolution. Notamment Le Blues et l'argot (Seuil, 1990), Argot, verlan et tchatches (Milan, 1997), Le prêt-à -parler (Plon, 1999), Petit Traité de l'injure (L'Archipel, 2004) et Nouveau Dictionnaire de la langue verte (Denoël, 2007). Extrait Extrait de l'avant-propos : DE LA FIÈVRE TICOÏDE Tic de langage : «Emploi d'un mot, d'un tour qui revient anormalement souvent dans le discours de quelqu'un», dit le Petit Robert. Mot, expression, interjection, juron... On le pressent, le sujet est vaste. D'autant que, société de communication oblige, le tic de langage semble ne s'être jamais aussi bien porté qu'aujourd'hui, ce qui autorise à parler sans crainte, le recours au néologisme n'effrayant plus personne, de «fièvre ticoïde». Pour la même raison m'autorisé-je également ici, et sans avis de l'Académie, l'utilisation occasionnelle de l'adjectif «ticoïde» pour qualifier ce qui relève du tic de langage en général. Le tic de langage est forcément automatique, assez rarement authentique, très exceptionnellement polyphonique, quelquefois narcissique. Il peut prendre des airs sympathiques (chez soi) et très antipathiques (chez les autres), peut-être bien tantriques (pourquoi pas ?), voire atteindre à des prétentions holistiques. Il y en a même qui se la jouent arthritiques tant ils sont anciens ! Il lui arrive aussi, à notre tic, d'avoir, surtout à notre époque, des prétentions éthiques ! Et si vous ne me croyez pas, que faites-vous donc de l'épidémie galopante que nous connaissons depuis un moment de «entre guillemets» (qu'on peut appeler sans crainte et sans façons «entre-guillemettite aiguë», nous y reviendrons), expression bien pra... tique permettant de ne rien assumer de ce qui pourrait s'avérer blessant pour autrui dans des propos qui sont pourtant les nôtres ? Que dire encore de lui, ce sacré tic ? Ceci : il demeure, dans tous les cas, un candidat idéal à l'interprétation psychanali... tique, nous en reparlerons également. Tel est donc le tic. En toc, en vrac, en stock, le tic tel qu'en lui-même. Tel est, oui, le tic de langage, ce grand «indispensable inutile», si l'on veut jouer de l'oxymore, figure de style qui, pourquoi pas, pourrait prétendre, tant le goût actuel pour l'association de mots de sens contraires est développé (voyez seu­lement le fameux conc Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Panorama aussi raisonné que possible de nos tics de langage
Format
Broché
Publication
04 septembre 2008
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
256
Taille
22.5 x 14 x 2 cm
Poids
355
ISBN-13
9782354250591
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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