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Panzi

4.7

(7)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Dans un hôpital au cœur de l'Afrique, deux hommes reconstruisent les femmes. La région du Kivu, à l'Est de la République Démocratique du Congo, est ravagée par des bandes armées depuis quinze ans. Pour asservir la population et exploiter les richesses minières, ces hommes cruels ont trouvé une arme monstrueuse : le viol et la mutilation des femmes. Détruites, elles errent dans les ruines de villages éclatés où tout espoir meurt en même temps que leur dignité. Dans son hôpital, le Dr Mukwege s'applique depuis des années à reconstruire le corps de ces femmes. Son ami, le Pr Cadière, vient d'Europe pour lui prêter main forte et nouvelles technologies. Les deux hommes, au-delà des continents, se serrent les coudes pour faire renaître les femmes d'un peuple abandonné à son sort par un monde qui se cache les yeux. Extrait Extrait de l'introduction Un hôpital, au coeur de l'Afrique. Des couvertures devant les fenêtres filtrent la lumière aveuglante venant de l'extérieur - nous sommes à quelques kilomètres de l'équateur, là où le soleil atteint chaque jour un zénith absolu. Dans la pièce, des hommes et des femmes se penchent sur la table d'opération, tous habillés des blouses vertes des chirurgiens. Sur le côté, une colonne d'instruments électroniques est dévolue au travail de l'anesthésiste, qui surveille pendant toute l'intervention que les paramètres restent stables. Un appareil émet le seul bruit ambiant : à chaque fois que le coeur de la victime bat, la machine puise. Partout dans le monde, une personne de sexe féminin anesthésiée sur un «billard» est appelée une patiente. Ici, nous l'appellerons une victime. Trois chirurgiens travaillent sur son corps : dans cet hôpital africain, ce jour-là, oeuvrent un Noir, un Blanc, et un métis. Cela durera des heures. Les dommages infligés sont considérables. Le viol n'a été que le début du calvaire : elle a été mutilée, le vagin perforé par un objet contondant, comme on dit dans la police. Ici, il n'y a pas eu d'enquête. Les trois chirurgiens sont les seuls à avoir posé des questions sur les circonstances du crime - tout comme il faut parler de victime, il faut aussi parler de crime, et non d'incident ou de cas médical. Les proches n'ont apporté que des réponses ambiguës : elle aurait été violée près de l'aéroport, à quelques kilomètres de là, où une bande de malfrats mystiques prétend que déflorer une vierge procure chance et prospérité. Ici, on est sceptique face à ce genre d'histoires, premières manifestations de la culture du non-dit et de la honte, qui apportent de l'eau au moulin des crimes de guerre dans la région. Les chirurgiens connaissent la vérité : depuis quinze ans, des bandes armées ravagent les villages du Kivu pour réduire sa population en esclavage. Le Kivu, c'est l'une des plus grandes réserves de minerais précieux du monde, avec des trésors souterrains allant de l'or aux diamants. Loin d'être une manne pour ses habitants, c'est une malédiction qui attire toutes les convoitises. Multinationales, pouvoirs occidentaux, voisins africains, élites locales, tous ont intérêt à ce que le Kivu reste un désordre invisible, sans foi ni loi, où l'on peut piller loin des yeux du monde. Le contexte géopolitique de l'Afrique centrale favorise ce chaos. Coincé dans la zone sensible, entre ethnies devenues rivales par des décennies de tensions, au carrefour d'États, de langues et de zones d'influence, le Kivu est présenté comme un champ de bataille. Tous les seigneurs de guerre allèguent de bonnes raisons d'y sévir, des vengeances qu'ils voudraient justes, des rancunes alimentées par des souvenirs douloureux, et des grands mots d'espoir en contradiction avec leurs actes. Les guérillas dans le Kivu, c'est le pouvoir moins l'ordre, c'est un grand marché à ciel ouvert, à l'ombre des mitrailleuses, et c'est la population locale qui en paie le prix. Pour mettre au pas les habitants des lieux, les bandes armées recourent aux pires crimes. Meurt Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Dans un hôpital au cœur de l'Afrique, deux hommes reconstruisent les femmes. La région du Kivu, à l'Est de la République Démocratique du Congo, est ravagée par des bandes armées depuis quinze ans. Pour asservir la population et exploiter les richesses minières, ces hommes cruels ont trouvé une arme monstrueuse : le viol et la mutilation des femmes. Détruites, elles errent dans les ruines de villages éclatés où tout espoir meurt en même temps que leur dignité. Dans son hôpital, le Dr Mukwege s'applique depuis des années à reconstruire le corps de ces femmes. Son ami, le Pr Cadière, vient d'Europe pour lui prêter main forte et nouvelles technologies. Les deux hommes, au-delà des continents, se serrent les coudes pour faire renaître les femmes d'un peuple abandonné à son sort par un monde qui se cache les yeux. Extrait Extrait de l'introduction Un hôpital, au coeur de l'Afrique. Des couvertures devant les fenêtres filtrent la lumière aveuglante venant de l'extérieur - nous sommes à quelques kilomètres de l'équateur, là où le soleil atteint chaque jour un zénith absolu. Dans la pièce, des hommes et des femmes se penchent sur la table d'opération, tous habillés des blouses vertes des chirurgiens. Sur le côté, une colonne d'instruments électroniques est dévolue au travail de l'anesthésiste, qui surveille pendant toute l'intervention que les paramètres restent stables. Un appareil émet le seul bruit ambiant : à chaque fois que le coeur de la victime bat, la machine puise. Partout dans le monde, une personne de sexe féminin anesthésiée sur un «billard» est appelée une patiente. Ici, nous l'appellerons une victime. Trois chirurgiens travaillent sur son corps : dans cet hôpital africain, ce jour-là, oeuvrent un Noir, un Blanc, et un métis. Cela durera des heures. Les dommages infligés sont considérables. Le viol n'a été que le début du calvaire : elle a été mutilée, le vagin perforé par un objet contondant, comme on dit dans la police. Ici, il n'y a pas eu d'enquête. Les trois chirurgiens sont les seuls à avoir posé des questions sur les circonstances du crime - tout comme il faut parler de victime, il faut aussi parler de crime, et non d'incident ou de cas médical. Les proches n'ont apporté que des réponses ambiguës : elle aurait été violée près de l'aéroport, à quelques kilomètres de là, où une bande de malfrats mystiques prétend que déflorer une vierge procure chance et prospérité. Ici, on est sceptique face à ce genre d'histoires, premières manifestations de la culture du non-dit et de la honte, qui apportent de l'eau au moulin des crimes de guerre dans la région. Les chirurgiens connaissent la vérité : depuis quinze ans, des bandes armées ravagent les villages du Kivu pour réduire sa population en esclavage. Le Kivu, c'est l'une des plus grandes réserves de minerais précieux du monde, avec des trésors souterrains allant de l'or aux diamants. Loin d'être une manne pour ses habitants, c'est une malédiction qui attire toutes les convoitises. Multinationales, pouvoirs occidentaux, voisins africains, élites locales, tous ont intérêt à ce que le Kivu reste un désordre invisible, sans foi ni loi, où l'on peut piller loin des yeux du monde. Le contexte géopolitique de l'Afrique centrale favorise ce chaos. Coincé dans la zone sensible, entre ethnies devenues rivales par des décennies de tensions, au carrefour d'États, de langues et de zones d'influence, le Kivu est présenté comme un champ de bataille. Tous les seigneurs de guerre allèguent de bonnes raisons d'y sévir, des vengeances qu'ils voudraient justes, des rancunes alimentées par des souvenirs douloureux, et des grands mots d'espoir en contradiction avec leurs actes. Les guérillas dans le Kivu, c'est le pouvoir moins l'ordre, c'est un grand marché à ciel ouvert, à l'ombre des mitrailleuses, et c'est la population locale qui en paie le prix. Pour mettre au pas les habitants des lieux, les bandes armées recourent aux pires crimes. Meurt Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Panzi
Format
Broché
Publication
12 juin 2014
Auteur
Cadiere, Guy-Bernard
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
176
Taille
21 x 14 x 1.5 cm
Poids
230
ISBN-13
9782354172817
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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