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La Princesse du Gaz

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur De Ioulia Timochenko, femme politique ukrainienne née en 1960, ancienne égérie de la Révolution orange, devenue Premier ministre, puis rivale du président Viktor Ianoukovytch et leader de l’opposition, on connaît surtout le visage nimbé de lumière encadré par des tresses typiques, sa relation privilégiée avec le maître du Kremlin, Vladimir Poutine, et sa situation actuelle derrière les barreaux de sa prison qui scandalise les Occidentaux. Condamnée à sept ans de prison en octobre 2011 pour abus de pouvoir lors de son deuxième mandat à la tête du gouvernement, hospitalisée depuis mai 2012, elle attend son second procès, pour évasion fiscale et détournement de fonds présumés, reportés à plusieurs reprises. Elle est, en outre, soupçonnée d’avoir commandité l’assassinat d’un député en 1996. Ce nouveau chef d'inculpation, beaucoup plus grave, pourrait lui valoir la prison à perpétuité. Mais que sait-on vraiment du cas Timochenko, hormis qu’il bloque l’entrée de l’Ukraine dans l’UE ? À contre-courant de ce silence médiatique, le journaliste allemand Frank Schumann a enquêté sur place pendant un an, révélant une intrication d’intérêts privés et publics de grande ampleur. Crimes non élucidés, affaires de sexe et d’argent, anciens espions du KGB : le cocktail est explosif et la figure emblématique pas si virginale. Extrait LUKJANOWO «Ici, on ne prend pas de photos. Je vous dirai où vous pourrez faire des photos et où vous ne pourrez pas !» Le message n'est pas désagréable, le ton pas même menaçant, mais qu'on ne s'y trompe pas : ici, le chef, c'est lui. Nous sommes à l'entrée de la maison d'arrêt de Lukjanowo, le seul établissement de sa catégorie à Kiev, métropole de 5 millions d'habitants. Environ 300 personnes y attendent leur procès, dit-on. Costaud, la quarantaine, l'homme a le visage impassible, glaçant, fermé. Je ne peux rien y lire. À cet instant, j'ai juste envie de le photographier. L'officier, sublime gardien du monde, devant le portail en fer. Et à droite, derrière lui, la fenêtre par laquelle le regard tombe sur la première cour de la prison. Un employé en uniforme est assis derrière une fenêtre avec des barreaux, et une fente dans la partie basse. «Pièce d'identité», dit-il. C'est sec, lapidaire, ça claque comme si un adjudant allemand venait d'aboyer. J'obéis. «Â vos ordres !» Visiblement, ça les amuse. La glace est rompue. J'observe l'homme noter au stylo mon nom et numéro de passeport dans un registre, puis en le poussant, fait passer par la fente le document rouge bordeaux, avec l'aigle fédéral. L'officier donne son accord d'un signe de tête, ouvre la grille. Au bout de quelques mètres, nous entrons dans un sas. Derrière, se tient une petite femme grassouillette, elle me fait signe de passer. Je dois vider mes poches et, surtout, il faut que je laisse mon téléphone. Je réponds que je n'en ai pas. Elle me regarde avec pitié, comme si j'étais un cul-de-jatte. Sa compassion est compréhensible, ici, mais inutile dans mon cas. À Kiev, si tu n'as pas de portable, tu n'existes pas. Non, je n'ai pas de portable sur moi, ni de cachet d'aspirine, comme celui qu'on a extirpé de ma poche à la prison de Berlin-Tegel, lorsque j'allais voir un détenu allemand. À la différence de Tegel, ici, il n'y a pas de fouille corporelle. Je suis autorisé à entrer dans le tunnel de verre. J'écarte les bras. Tout est en ordre. Ma seule arme, ce sont mes yeux. Plus tard, je comprendrai pourquoi on voulait absolument savoir si je transportais un téléphone. Quelques semaines auparavant, un journaliste local avait fait passer en fraude un portable dans l'établissement, avec l'aide d'un gardien, et un détenu avait pu transmettre des informations à l'extérieur. C'était longtemps après le passage de Timochenko, qui n'est restée en prison que jusqu'à fin décembre 2011, et cela n'avait rien à voir avec elle. Apparemment, les conditions de détention n'étaient pas des meilleures. En tout cas, il y avait eu beaucoup d' Afficher moinsAfficher plus

La Princesse du Gaz

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Détails du livre

Titre complet
La Princesse du Gaz
Format
Broché
Publication
13 juin 2013
Traduction
Grosjean, Veronique
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
216
Taille
21.2 x 14.2 x 2.1 cm
Poids
280
ISBN-13
9782354172237
Livré entre : 25 juin - 28 juin
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