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Oran après la mer

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Le roman démarre à l'hôpital d'Oran. Une vieille femme qui n'a pas mangé depuis deux jours se plaint à une infirmière, à qui elle va, avant de mourir, dérouler le fil de sa vie. On a trop tendance à s'imaginer qu'avant 1962, l'Algérie c'était, d'une part, les riches colons, d'autre part les Algériens, les seconds à la merci des premiers. Mais c'était aussi, dans l'Algérie des villes, une société où les Algériens et les Européens de petite condition vivaient ensemble, sinon en harmonie, du moins en bonne entente. On ne se détestait pas, on était souvent amis. Oran après la mer est la chronique de ces temps révolus, racontée par Mimouna, une femme modeste qui n'a plus beaucoup de temps à vivre et retrouve, au fur et à mesure que ses dernières forces la quittent, la détermination de sa jeunesse pour raconter la condition féminine, le racisme épouvantable de certains colons et la vie quotidienne des petites gens d'Oran, de la période allant des années 30 à la fin de la guerre d'Algérie. Fatéma BAKHAÏ Née en 1949. Elle quitte l'Algérie à l'âge de deux ans avec ses parents pour s'installer au Maroc puis en France en 1953. Elle passe toute son enfance à Saint-Etienne. De retour en Algérie après l'Indépendance, elle poursuit sa scolarité à Oran puis enseigne le français. De 1975 à 1981, elle est magistrate au tribunal d'Oran. Elle exerce depuis 1981 la profession d'avocate. Elle a publié en Algérie sept romans, parmi lesquels la trilogie Izuran (racines), dans laquelle elle raconte les origines de la société algérienne. Extrait Nadia relut, encore une fois, le résultat des analyses qu'un infirmier venait de déposer sur la table bancale qui lui servait de bureau, et une vague colère la submergea. Impossible ! Ces résultats ne pouvaient qu'être faux ! Elle saisit les feuillets et se dirigea d'un pas décidé vers le laboratoire. Elle en avait assez de ce travail mal fait, des à-peu-près, des analyses tronquées et de ce je-m'en-foutisme général ! C'est vrai que les moyens mis à la disposition du personnel étaient insuffisants, que l'on manquait de tout, que le matériel était vieux, en mauvais état, mais tout de même ! se disait-elle, cela ne justifiait pas ce laisser-aller général, et puis cette saleté ! Repoussant ! Pourquoi ? Comment en était-on arrivé là ? Personne, personne, du subalterne au plus haut responsable, n'accomplissait consciencieusement le travail pour lequel il était payé, et Nadia était révoltée. Affectée à ce service depuis deux mois, elle s'était mise à dos déjà la quasi-totalité du personnel. Les femmes de ménage d'abord, qui passaient plus de temps appuyées sur leurs balais à discuter plutôt qu'à nettoyer ; ces femmes de ménage qui refusaient de lessiver les toilettes au motif que les malades étaient trop sales, et que, de toute manière, une heure après, c'était la même chose ! Et puis les infirmières, qui vont et viennent en traînant les pieds et qui utilisent le coton parcimonieusement distribué comme serviette hygiénique, et qu'on ne voit jamais au chevet d'un malade ! Et ses collègues enfin, médecins, souvent sans expérience, introuvables quand on en a besoin, toujours dans un service qui n'est pas le leur, pour diriger un parent, un ami, pour obtenir une consultation immédiate, une radio sur-le-champ, quand les rendez-vous étaient fixés à deux mois ! Nadia, chef de service, se bat depuis deux mois pour mettre de l'ordre, essayer un peu de donner aux malades ce qui leur est dû. C'est dur, très dur ! Mais elle était jeune, elle était forte, elle aimait passionnément son métier, elle devait réussir. Nadia longea un couloir sombre au fond du bâtiment. Des chambres s'ouvraient de part et d'autre. Cet endroit était peu fréquenté ; il était réservé aux malades «longue durée», comme on disait. Pas de bruit, pas de claquements de talons, d'éclats de rire ou de jurons. Devant la dernière porte entrebâillée, elle entendit comme une plainte, un appel répété. Depuis quan Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Le roman démarre à l'hôpital d'Oran. Une vieille femme qui n'a pas mangé depuis deux jours se plaint à une infirmière, à qui elle va, avant de mourir, dérouler le fil de sa vie. On a trop tendance à s'imaginer qu'avant 1962, l'Algérie c'était, d'une part, les riches colons, d'autre part les Algériens, les seconds à la merci des premiers. Mais c'était aussi, dans l'Algérie des villes, une société où les Algériens et les Européens de petite condition vivaient ensemble, sinon en harmonie, du moins en bonne entente. On ne se détestait pas, on était souvent amis. Oran après la mer est la chronique de ces temps révolus, racontée par Mimouna, une femme modeste qui n'a plus beaucoup de temps à vivre et retrouve, au fur et à mesure que ses dernières forces la quittent, la détermination de sa jeunesse pour raconter la condition féminine, le racisme épouvantable de certains colons et la vie quotidienne des petites gens d'Oran, de la période allant des années 30 à la fin de la guerre d'Algérie. Fatéma BAKHAÏ Née en 1949. Elle quitte l'Algérie à l'âge de deux ans avec ses parents pour s'installer au Maroc puis en France en 1953. Elle passe toute son enfance à Saint-Etienne. De retour en Algérie après l'Indépendance, elle poursuit sa scolarité à Oran puis enseigne le français. De 1975 à 1981, elle est magistrate au tribunal d'Oran. Elle exerce depuis 1981 la profession d'avocate. Elle a publié en Algérie sept romans, parmi lesquels la trilogie Izuran (racines), dans laquelle elle raconte les origines de la société algérienne. Extrait Nadia relut, encore une fois, le résultat des analyses qu'un infirmier venait de déposer sur la table bancale qui lui servait de bureau, et une vague colère la submergea. Impossible ! Ces résultats ne pouvaient qu'être faux ! Elle saisit les feuillets et se dirigea d'un pas décidé vers le laboratoire. Elle en avait assez de ce travail mal fait, des à-peu-près, des analyses tronquées et de ce je-m'en-foutisme général ! C'est vrai que les moyens mis à la disposition du personnel étaient insuffisants, que l'on manquait de tout, que le matériel était vieux, en mauvais état, mais tout de même ! se disait-elle, cela ne justifiait pas ce laisser-aller général, et puis cette saleté ! Repoussant ! Pourquoi ? Comment en était-on arrivé là ? Personne, personne, du subalterne au plus haut responsable, n'accomplissait consciencieusement le travail pour lequel il était payé, et Nadia était révoltée. Affectée à ce service depuis deux mois, elle s'était mise à dos déjà la quasi-totalité du personnel. Les femmes de ménage d'abord, qui passaient plus de temps appuyées sur leurs balais à discuter plutôt qu'à nettoyer ; ces femmes de ménage qui refusaient de lessiver les toilettes au motif que les malades étaient trop sales, et que, de toute manière, une heure après, c'était la même chose ! Et puis les infirmières, qui vont et viennent en traînant les pieds et qui utilisent le coton parcimonieusement distribué comme serviette hygiénique, et qu'on ne voit jamais au chevet d'un malade ! Et ses collègues enfin, médecins, souvent sans expérience, introuvables quand on en a besoin, toujours dans un service qui n'est pas le leur, pour diriger un parent, un ami, pour obtenir une consultation immédiate, une radio sur-le-champ, quand les rendez-vous étaient fixés à deux mois ! Nadia, chef de service, se bat depuis deux mois pour mettre de l'ordre, essayer un peu de donner aux malades ce qui leur est dû. C'est dur, très dur ! Mais elle était jeune, elle était forte, elle aimait passionnément son métier, elle devait réussir. Nadia longea un couloir sombre au fond du bâtiment. Des chambres s'ouvraient de part et d'autre. Cet endroit était peu fréquenté ; il était réservé aux malades «longue durée», comme on disait. Pas de bruit, pas de claquements de talons, d'éclats de rire ou de jurons. Devant la dernière porte entrebâillée, elle entendit comme une plainte, un appel répété. Depuis quan Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Oran après la mer
Format
Grand Format
Publication
24 novembre 2011
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
157
Taille
21.3 x 15 x 1.2 cm
Poids
204
ISBN-13
9782352270669
Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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