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Tideland

3.6

(33)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Pour fuir la réalité, une fillette se réfugie dans son imagine débridé. Mélange d'Alice au pays des merveilles et de Psychose. Extrait Pour mon premier soir dans la cambrousse, j'ai dévalé gaiement les marches de la terrasse en laissant mon père à la ferme avec la radio allumée et sans défaire ma petite valise à autocollants fluo en forme de fleurs, et je me suis aventurée en direction du car scolaire renversé que j'avais aperçu depuis la fenêtre de l'étage. Entre deux haies d'herbes de Cuba plus hautes que moi, j'ai suivi un étroit sentier tout sinueux tracé par le bétail qui avait dû passer par là, en écartant les bras bien droit pour que mes paumes s'enfoncent entre les tiges et effleurent les graminées. Tu plies mais ne romps point», ai-je murmuré tandis que les hautes herbes me giflaient les mains ; je fredonnais à demi la chanson que mon père avait écrite pour moi : Tu plies mais ne romps point / Tu donnes, donnes mais ne prends rien Jeliza-Rose / Alors je ne sais pas / Très bien quoi faire pour toi. J'ai avancé comme ça sur le petit chemin pendant un bon moment en bifurquant à gauche, puis à droite, et de nouveau à gauche, jusqu'à déboucher dans un pré piqueté de queues-de-renard, parmi lesquelles on voyait aussi les derniers lupins de la saison. C'était la fin du printemps. Une petite brise chahutait légèrement l'air chargé d'humidité et déjà le ciel s'assombrissait. Mais les lupins qui poussaient au ras du sol étaient encore d'une couleur radieuse, alors quand j'ai traversé le pré, je les ai enjambés en faisant bien attention. Revue de presse Une Alice au pays des merveilles version texane où le sang coule à flots. Le passage qui suit devrait donner une idée du sac de noeuds. «Alors je l'ai embrassée, mais ce n'était pas pareil qu'avec Dickens : ça ne me chatouillait pas dans le ventre. Alors je l'ai prise tout entière dans ma bouche et je l'ai sucée au bout de mon doigt en faisant comme si elle était une truite et moi une baleine. Sa peau avait un goût de savon, et ses cheveux de réglisse. J'ai failli m'étouffer alors je l'ai recrachée dans ma paume. "Tu es répugnante." Elle aurait dû pleurer, récriminer, mais non. Au lieu de ça, elle s'est mise à rire. "C'était bien, ce que tu viens de faire ! Ça m'a beaucoup plu. ­ Tu es cinglée, je me suis dit. Plus folle que le vent." Puis on a toutes les deux éclaté de rire. "Tu es ma meilleure amie, j'ai fait. ­ Toi aussi. ­ Et je suis amoureuse de Dickens. ­ C'est le prince charmant. Le roi en personne. ­ C'est du jus de pomme et du beef-jerky (lanières de bison) ; ­ On forme une famille unie. ­ Exactement."» On pourrait révéler que l'entité dans la bouche de Jelisa-Rose, l'héroïne de Tideland, est une tête de poupée Barbie, qu'elle porte généralement au bout de son doigt. Qu'elle en a cinq comme ça, quand elle ne les balance pas dans un terrier de lapin sans fond. Que Dickens le prince charmant est un grand haricot blanc comme un cachet qui porte des lunettes de natation en permanence. Ou que la dînette qu'est le roman de Mitch Cullin est une sorte d'Alice au Pays des merveilles version «gothique» texane. Sauf qu'il n'y a jamais eu de Carabosse portée sur la taxidermie chez Lewis Carroll, comme la bonne femme Dell ici, qui taille aussi des pipes au livreur bègue qui lui amène ses provisions de l'épicerie... il y a dans cette dînette ­ qui se passe après tout surtout dans la tête d'une petite fille ­ des scènes qu'on déconseillerait même aux lecteurs de Thomas Harris ou autres dépeceurs d'agneaux, des scènes où on ne compte plus les seaux de sang. Mais bon, Mitch Cullin est aussi le genre de gazier qui a écrit un poème narratif ( !) sur un shérif abusif qui ferait passer celui de Jim Thompson (le Démon dans ma peau) pour le gendarme de Saint-Tropez... un livre... défrisant que Tideland, qui, surtout dans cette traduction impeccable, nous fait l'effet d'une tartine au beurre de cacah Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Pour fuir la réalité, une fillette se réfugie dans son imagine débridé. Mélange d'Alice au pays des merveilles et de Psychose. Extrait Pour mon premier soir dans la cambrousse, j'ai dévalé gaiement les marches de la terrasse en laissant mon père à la ferme avec la radio allumée et sans défaire ma petite valise à autocollants fluo en forme de fleurs, et je me suis aventurée en direction du car scolaire renversé que j'avais aperçu depuis la fenêtre de l'étage. Entre deux haies d'herbes de Cuba plus hautes que moi, j'ai suivi un étroit sentier tout sinueux tracé par le bétail qui avait dû passer par là, en écartant les bras bien droit pour que mes paumes s'enfoncent entre les tiges et effleurent les graminées. Tu plies mais ne romps point», ai-je murmuré tandis que les hautes herbes me giflaient les mains ; je fredonnais à demi la chanson que mon père avait écrite pour moi : Tu plies mais ne romps point / Tu donnes, donnes mais ne prends rien Jeliza-Rose / Alors je ne sais pas / Très bien quoi faire pour toi. J'ai avancé comme ça sur le petit chemin pendant un bon moment en bifurquant à gauche, puis à droite, et de nouveau à gauche, jusqu'à déboucher dans un pré piqueté de queues-de-renard, parmi lesquelles on voyait aussi les derniers lupins de la saison. C'était la fin du printemps. Une petite brise chahutait légèrement l'air chargé d'humidité et déjà le ciel s'assombrissait. Mais les lupins qui poussaient au ras du sol étaient encore d'une couleur radieuse, alors quand j'ai traversé le pré, je les ai enjambés en faisant bien attention. Revue de presse Une Alice au pays des merveilles version texane où le sang coule à flots. Le passage qui suit devrait donner une idée du sac de noeuds. «Alors je l'ai embrassée, mais ce n'était pas pareil qu'avec Dickens : ça ne me chatouillait pas dans le ventre. Alors je l'ai prise tout entière dans ma bouche et je l'ai sucée au bout de mon doigt en faisant comme si elle était une truite et moi une baleine. Sa peau avait un goût de savon, et ses cheveux de réglisse. J'ai failli m'étouffer alors je l'ai recrachée dans ma paume. "Tu es répugnante." Elle aurait dû pleurer, récriminer, mais non. Au lieu de ça, elle s'est mise à rire. "C'était bien, ce que tu viens de faire ! Ça m'a beaucoup plu. ­ Tu es cinglée, je me suis dit. Plus folle que le vent." Puis on a toutes les deux éclaté de rire. "Tu es ma meilleure amie, j'ai fait. ­ Toi aussi. ­ Et je suis amoureuse de Dickens. ­ C'est le prince charmant. Le roi en personne. ­ C'est du jus de pomme et du beef-jerky (lanières de bison) ; ­ On forme une famille unie. ­ Exactement."» On pourrait révéler que l'entité dans la bouche de Jelisa-Rose, l'héroïne de Tideland, est une tête de poupée Barbie, qu'elle porte généralement au bout de son doigt. Qu'elle en a cinq comme ça, quand elle ne les balance pas dans un terrier de lapin sans fond. Que Dickens le prince charmant est un grand haricot blanc comme un cachet qui porte des lunettes de natation en permanence. Ou que la dînette qu'est le roman de Mitch Cullin est une sorte d'Alice au Pays des merveilles version «gothique» texane. Sauf qu'il n'y a jamais eu de Carabosse portée sur la taxidermie chez Lewis Carroll, comme la bonne femme Dell ici, qui taille aussi des pipes au livreur bègue qui lui amène ses provisions de l'épicerie... il y a dans cette dînette ­ qui se passe après tout surtout dans la tête d'une petite fille ­ des scènes qu'on déconseillerait même aux lecteurs de Thomas Harris ou autres dépeceurs d'agneaux, des scènes où on ne compte plus les seaux de sang. Mais bon, Mitch Cullin est aussi le genre de gazier qui a écrit un poème narratif ( !) sur un shérif abusif qui ferait passer celui de Jim Thompson (le Démon dans ma peau) pour le gendarme de Saint-Tropez... un livre... défrisant que Tideland, qui, surtout dans cette traduction impeccable, nous fait l'effet d'une tartine au beurre de cacah Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Tideland
Format
Grand Format
Publication
17 septembre 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
276
Taille
18.5 x 15 x 1.9 cm
Poids
360
ISBN-13
9782350210377
Livré entre : 4 juillet - 7 juillet
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