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Colette

1.0

(2)

Audience : Adulte - Haut niveau
Le Pitch
Incarnation du talent, de l'émancipation et de la liberté de la femme, Colette est une grande figure du XXe siècle. Avec sensibilité et un attachement avoué pour l'écrivain et la femme, Macha Méril et Philippe Lorin nous entraînent sur ses pas, dans un périple à la fois littéraire et pictural. Chère Madame Colette, Je dois vous vouvoyer, et pourtant j'aurais bien envie de vous tutoyer. Je suis certaine que si nous nous étions connues, nous nous serions dit «tu». Votre grande amie, la comédienne Marguerite Moreno vous appelait «Macolette», je vous aurais trouvé des noms de fleurs, «Macolchique» ou «Macoloquinte», et vous m'auriez appelée «Machataigne», ou «Machardonne», en l'honneur des passions qui nous unissent : la nature, l'écriture et l'amour. Nous aurions pu nous connaître. De justesse. J'avais dix ans quand vous avez glorieusement terminé votre parcours avec des funérailles nationales. On parlait de vous, chez moi. On vous citait comme un exemple et comme une frayeur. Vos propos touchaient et donc inquiétaient. Les vérités ne sont pas bonnes à dire, elles n'attirent que des ennuis. Vous avez essayé d'être prudente, quelquefois, mais cela ne vous réussissait pas. Vous étiez plus à l'aise dans la franchise, toujours malicieuse grâce à votre plume élégante et choisie. Que de mots j'ai appris en vous lisant ! Les cris d'animaux, le tigre feule et les hirondelles trissent, la hulotte chuinte et le hibou hue. J'ai appris le nom des plantes, leurs couleurs et leurs parfums subtils. J'ai écouté mon palais et affiné mon toucher. Mais surtout j'ai découvert les mouvements du coeur et tous les adjectifs qui les décrivent. Personne n'a raconté les chagrins d'amour comme vous, personne n'a eu votre indulgence et votre cruauté envers les femmes. Vos héroïnes ne sont pas d'une pièce, elles ne sont pas parfaites. C'est pourquoi elles sont encore si vraies, et furieusement modernes. On les critique et on les aime en même temps. De toute mon honnêteté, c'est ce que j'essaye de faire dans mes romans. Je veux vous ressembler. Vous êtes mon modèle et mon idole. Qui d'autre ? Aucune écrivaine n'a touché le coeur des lecteurs autant que vous. Faut-il avoir souffert soi-même pour comprendre l'âme humaine ? Je le crois. Vous avez souffert. Vous avez aimé. Des hommes, des femmes, des maisons, des bêtes. Vous avez vécu les sens en éveil, infatigablement. Apaisée par l'écriture, sur votre papier bleu, le temps d'une phrase. En tête-à-tête avec vous-même. Me voici face à vous. Je vais tenter de vous raconter, à travers les lieux et les personnes que vous avez rencontrés. Auxquels vous vous êtes attachée. Puis détachée. Ne sommes-nous pas en perpétuelle espérance, en quête d'amour et d'émerveillement ? On est heureux, on est déçu, on navigue au plus près des illusions, prêts à croire au bonheur pour demain. N'avez-vous pas dit : «Renaître n'a jamais été au-dessus de mes forces» ? Je me suis si souvent hasardée sur vos pas qu'il était justice qu'un jour je rende compte de mes promenades. Vous m'avez entraînée dans des univers, les vôtres, qui sont, pour certains, devenus les miens. Ils ne l'étaient pas avant de vous connaître, et je dois vous remercier de cette initiation. Ma première rencontre avec vous fut dès le plus jeune âge, à ma première lecture interdite. J'avais 12 ans, je chipai L'ingénue libertine de la bibliothèque des parents d'une camarade de classe avec laquelle je faisais mes devoirs. Chez nous on ne lisait pas ça. On peut dire que vous m'avez éveillée à la sexualité, vaste chapitre qui prend une si grande place dans la vie d'une femme. Plus tard, tout à fait officiellement, j'ai lu Le dialogue des bêtes et j'adhérais à chacun de vos mots, particulièrement sur les chats qui m'ont accompagnée toute ma vie. À vos obsèques en 1954, j étais fraîchement arrivée à Paris depuis le Maroc de mon enfance, et j'ai entraîné ma mère au cimetière du Père-Lachaise pour voir passer le convoi dans Afficher moinsAfficher plus

Colette

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Incarnation du talent, de l'émancipation et de la liberté de la femme, Colette est une grande figure du XXe siècle. Avec sensibilité et un attachement avoué pour l'écrivain et la femme, Macha Méril et Philippe Lorin nous entraînent sur ses pas, dans un périple à la fois littéraire et pictural. Chère Madame Colette, Je dois vous vouvoyer, et pourtant j'aurais bien envie de vous tutoyer. Je suis certaine que si nous nous étions connues, nous nous serions dit «tu». Votre grande amie, la comédienne Marguerite Moreno vous appelait «Macolette», je vous aurais trouvé des noms de fleurs, «Macolchique» ou «Macoloquinte», et vous m'auriez appelée «Machataigne», ou «Machardonne», en l'honneur des passions qui nous unissent : la nature, l'écriture et l'amour. Nous aurions pu nous connaître. De justesse. J'avais dix ans quand vous avez glorieusement terminé votre parcours avec des funérailles nationales. On parlait de vous, chez moi. On vous citait comme un exemple et comme une frayeur. Vos propos touchaient et donc inquiétaient. Les vérités ne sont pas bonnes à dire, elles n'attirent que des ennuis. Vous avez essayé d'être prudente, quelquefois, mais cela ne vous réussissait pas. Vous étiez plus à l'aise dans la franchise, toujours malicieuse grâce à votre plume élégante et choisie. Que de mots j'ai appris en vous lisant ! Les cris d'animaux, le tigre feule et les hirondelles trissent, la hulotte chuinte et le hibou hue. J'ai appris le nom des plantes, leurs couleurs et leurs parfums subtils. J'ai écouté mon palais et affiné mon toucher. Mais surtout j'ai découvert les mouvements du coeur et tous les adjectifs qui les décrivent. Personne n'a raconté les chagrins d'amour comme vous, personne n'a eu votre indulgence et votre cruauté envers les femmes. Vos héroïnes ne sont pas d'une pièce, elles ne sont pas parfaites. C'est pourquoi elles sont encore si vraies, et furieusement modernes. On les critique et on les aime en même temps. De toute mon honnêteté, c'est ce que j'essaye de faire dans mes romans. Je veux vous ressembler. Vous êtes mon modèle et mon idole. Qui d'autre ? Aucune écrivaine n'a touché le coeur des lecteurs autant que vous. Faut-il avoir souffert soi-même pour comprendre l'âme humaine ? Je le crois. Vous avez souffert. Vous avez aimé. Des hommes, des femmes, des maisons, des bêtes. Vous avez vécu les sens en éveil, infatigablement. Apaisée par l'écriture, sur votre papier bleu, le temps d'une phrase. En tête-à-tête avec vous-même. Me voici face à vous. Je vais tenter de vous raconter, à travers les lieux et les personnes que vous avez rencontrés. Auxquels vous vous êtes attachée. Puis détachée. Ne sommes-nous pas en perpétuelle espérance, en quête d'amour et d'émerveillement ? On est heureux, on est déçu, on navigue au plus près des illusions, prêts à croire au bonheur pour demain. N'avez-vous pas dit : «Renaître n'a jamais été au-dessus de mes forces» ? Je me suis si souvent hasardée sur vos pas qu'il était justice qu'un jour je rende compte de mes promenades. Vous m'avez entraînée dans des univers, les vôtres, qui sont, pour certains, devenus les miens. Ils ne l'étaient pas avant de vous connaître, et je dois vous remercier de cette initiation. Ma première rencontre avec vous fut dès le plus jeune âge, à ma première lecture interdite. J'avais 12 ans, je chipai L'ingénue libertine de la bibliothèque des parents d'une camarade de classe avec laquelle je faisais mes devoirs. Chez nous on ne lisait pas ça. On peut dire que vous m'avez éveillée à la sexualité, vaste chapitre qui prend une si grande place dans la vie d'une femme. Plus tard, tout à fait officiellement, j'ai lu Le dialogue des bêtes et j'adhérais à chacun de vos mots, particulièrement sur les chats qui m'ont accompagnée toute ma vie. À vos obsèques en 1954, j étais fraîchement arrivée à Paris depuis le Maroc de mon enfance, et j'ai entraîné ma mère au cimetière du Père-Lachaise pour voir passer le convoi dans Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Colette
Format
Relié
Publication
06 septembre 2012
Illustrations
Lorin, Philippe
Audience
Adulte - Haut niveau
Pages
112
Taille
30 x 25.1 x 1.8 cm
Poids
940
ISBN-13
9782324003806
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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