Le Pitch
Note biographique
Claude Proeschelest professeure de science politique à l'Université de Lorraine. Ses travaux portent sur les relations religion - politique dans la contemporanéité, la conciliation des éthiques particulières à la norme commune en démocratie, et les questions de droits reproductifs et de sexualité comme enjeu de laïcité. Elle a notamment publié : « Religious freedom and sexual citizenship: using the weapon of law against sex education in the United States » in Martin Ubani, Stéphanie Tremblay, Alexander Unser&Susie/Su-sanne Garvis (ed.),Palgrave International Handbook on Religion in Public education, Palgrave, 2025 ; « Who draws the line? la mission impossible du juge laïque, un regard de politiste », dansRevue Interdisciplinaire d'Études Juridiques, 2020/2 ;Religion, Law, and the Politics of Ethical Diversity(avec D. Koussens et F. Piraino), Routledge, 2021.
,4e de couverture
Les revendications en termes d'objection de conscience, demandes d'attestation juridique du droit de se soustraire à une obligation ou un devoir légalement organisé, sont souvent considérées comme des outils de gestion de la pluralité éthique des sociétés démocratiques contemporaines.
Leur évolution dans la contemporanéité est cependant marquée par un autre phénomène, celui d'un usage politique de la conscience et des convictions religieuses. Elles participent en effet pour certaines d'une stratégie de remise en cause globale des normes communes au nom d'un droit naturel supérieur, de valeurs civilisationnelles ou morales.
Le gouvernement des corps constitue certainement un domaine central de cette politisation de l'objection, et cette étude lui est consacrée. Elle analyse, à travers l'observation des constructions argumentaires déployées, la mobilisation du droit et des tribunaux par les groupes conservateurs, aux États-Unis, en France et devant la CEDH, dans la période très contemporaine, dans le but d'imposer des modifications restrictives du droit en matière d'IVG et de mariage homosexuel, à travers le recours à la revendication d'inscription de clauses de conscience dans la loi ou la demande d'exemption devant le juge.
Il s'agit plus généralement d‘une réflexion sur l'instrumentalisation du droit et de son application, au service non seulement du contrôle de son corps mais aussi de celui des autres, et de l'affirmation sociale d'une sexualité légitime.
,Présentation
Les revendications en termes d'objection de conscience, ou les demandes d'attestation juridique du droit de se soustraire à une obligation ou un devoir légalement organisé, sont souvent considérées comme un moyen de gérer les oppositions ou éthiques divergentes dans les sociétés démocratiques contemporaines.
On constate parallèlement un autre phénomène, celui d'un usage politique de la conscience et des convictions religieuses. Elles participent en effet pour certaines d'une stratégie de remise en cause du droit commun, au nom d'un droit naturel supérieur, de valeurs civilisationnelles ou de valeurs morales.
Le gouvernement et le contrôle des corps constitue un domaine central de cette politisation de l'objection. L'auteur analyse la mobilisation du droit et des tribunaux par les groupes conservateurs, aux États-Unis, en France et devant la Cour européenne des droits de l'homme, dans le but d'imposer des modifications restrictives du droit en matière d'IVG et de mariage homosexuel, à travers le recours à la revendication d'inscription de clauses de conscience dans la loi ou à la demande d'exemption devant le juge.
Points forts
Une réflexion majeure sur l'instrumentalisation du droit et de son application, au service du contrôle de son corps mais aussi de celui des autres, et de l'affirmation sociale d'une sexualité légitime
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