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Gringoland

3.7

(94)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Fatigué de la vie moderne, Valentin se retranche chez lui avec pour seule compagnie son chien et sa télévision. Mais cette stratégie se révèle vite déprimante. Il décide alors de changer d'air : direction le Mexique, pour un trip façon routard. En bus ou en stop, de la jungle urbaine aux étendues désertiques, il sillonne ce nouvel eldorado, peuplé d'autochtones chaleureux, de hippies roublards, d'altermondialistes pontifiants, d'artistes illuminés, et parfois même de vrais amis. Toujours curieux, souvent ironique, rarement dupe, ce drôle de gringo va ainsi parcourir les pistes pleines de surprises qui mènent aux autres et, tout au bout, à soi-même... «La satire du monde tel qu'il va a de beaux jours devant elle.» Fabienne Jacob - Zurban Cet ouvrage a reçu le prix du Festival du premier roman de ChambéryExtrait«I was alone, I took a ride, I didn't know what I would find there.» Lennon/Me Cartney J'ai vendu mon sofa et j'ai acheté un billet d'avion. J'ai dormi deux heures. Je me suis réveillé comme un seul homme pour ne pas rater mon vol. Ça me faisait bien peur de rater mon avion, plus que de le voir s'écraser sur une tour. Question de probabilité. Je déteste les aéroports. Envahis par les marques jusqu'au moindre pixel, peuplés de businessmen propres qui font tourner la machine, de beaufs qui cherchent leur chemin, de vieux Américains qui sont chez eux et de jeunes cons qui s'habillent pour prendre l'avion comme s'ils allaient aux Oscars. Tout le confort moderne, aseptisé et caricatural. Des enseignes de luxe à portée de main entre deux correspondances. De quoi consommer pour ne pas paniquer. Tout est bien. J'adore les avions. On est moins bien installé, c'est vrai. Mais on vole et il ne faut pas oublier qu'on peut faire la course avec le soleil. Les voyages ont cela de rigolo qu'ils permettent d'être partout à la fois. Là, je suis nulle part entre l'Islande et le Sri Lanka, à 10 000 mètres d'altitude et 900 km/h. J'ai douze chaînes sur mon écran. Je somnole devant Shrek (marrant) et Tomb Raider (beaux tétés). Ma voisine de fauteuil est une jeune Canadienne avec une tête d'Anglaise. Elle ose à peine me dire qu'elle est employée chez Microsoft : - Je travaille pour Satan, me glisse-t-elle avec un clin d'oeil et un accent à reconduire Céline Dion à la frontière. Elle a passé deux semaines en Espagne, où elle n'a rien trouvé de mieux à faire que «du shopping». Elle dit qu'elle est contente mais aussi qu'elle est contente de rentrer parce que «deux semaines toute seule, c'est long». Comme elle me saoulait, je me suis reconcentré sur mon écran. Un Jean Claude Van Damme plus aware que jamais devait éclater pas mal de tronches pour venger un ami lâchement assassiné par un cartel mafieux. J'engageai la conversation avec mon autre voisin, qui s avéra être un Argentin plein d'attentions. - C'est très dangereux notre ville d'arrivée, beaucoup de violence. Il ne faut jamais se promener seul, me prévint-il. - Les gens disent ça dans toutes les villes du monde, non ? - Peut-être, mais là-bas c'est pire. Jean-Claude Van Damme était dans une sale passe. Blessé, il était entouré par une dizaine de types patibulaires armés de gourdins et de couteaux qui souhaitaient clairement le finir. Cela dit, je ne m'inquiétais pas beaucoup pour lui. J'observai avec quelle maestria Jean-Claude s'en sortait en essayant de noter quelques feintes de corps et autres coups tordus utiles pour se débarrasser de quelqu'un qui en veut à votre vie. Afficher moinsAfficher plus

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Fatigué de la vie moderne, Valentin se retranche chez lui avec pour seule compagnie son chien et sa télévision. Mais cette stratégie se révèle vite déprimante. Il décide alors de changer d'air : direction le Mexique, pour un trip façon routard. En bus ou en stop, de la jungle urbaine aux étendues désertiques, il sillonne ce nouvel eldorado, peuplé d'autochtones chaleureux, de hippies roublards, d'altermondialistes pontifiants, d'artistes illuminés, et parfois même de vrais amis. Toujours curieux, souvent ironique, rarement dupe, ce drôle de gringo va ainsi parcourir les pistes pleines de surprises qui mènent aux autres et, tout au bout, à soi-même... «La satire du monde tel qu'il va a de beaux jours devant elle.» Fabienne Jacob - Zurban Cet ouvrage a reçu le prix du Festival du premier roman de ChambéryExtrait«I was alone, I took a ride, I didn't know what I would find there.» Lennon/Me Cartney J'ai vendu mon sofa et j'ai acheté un billet d'avion. J'ai dormi deux heures. Je me suis réveillé comme un seul homme pour ne pas rater mon vol. Ça me faisait bien peur de rater mon avion, plus que de le voir s'écraser sur une tour. Question de probabilité. Je déteste les aéroports. Envahis par les marques jusqu'au moindre pixel, peuplés de businessmen propres qui font tourner la machine, de beaufs qui cherchent leur chemin, de vieux Américains qui sont chez eux et de jeunes cons qui s'habillent pour prendre l'avion comme s'ils allaient aux Oscars. Tout le confort moderne, aseptisé et caricatural. Des enseignes de luxe à portée de main entre deux correspondances. De quoi consommer pour ne pas paniquer. Tout est bien. J'adore les avions. On est moins bien installé, c'est vrai. Mais on vole et il ne faut pas oublier qu'on peut faire la course avec le soleil. Les voyages ont cela de rigolo qu'ils permettent d'être partout à la fois. Là, je suis nulle part entre l'Islande et le Sri Lanka, à 10 000 mètres d'altitude et 900 km/h. J'ai douze chaînes sur mon écran. Je somnole devant Shrek (marrant) et Tomb Raider (beaux tétés). Ma voisine de fauteuil est une jeune Canadienne avec une tête d'Anglaise. Elle ose à peine me dire qu'elle est employée chez Microsoft : - Je travaille pour Satan, me glisse-t-elle avec un clin d'oeil et un accent à reconduire Céline Dion à la frontière. Elle a passé deux semaines en Espagne, où elle n'a rien trouvé de mieux à faire que «du shopping». Elle dit qu'elle est contente mais aussi qu'elle est contente de rentrer parce que «deux semaines toute seule, c'est long». Comme elle me saoulait, je me suis reconcentré sur mon écran. Un Jean Claude Van Damme plus aware que jamais devait éclater pas mal de tronches pour venger un ami lâchement assassiné par un cartel mafieux. J'engageai la conversation avec mon autre voisin, qui s avéra être un Argentin plein d'attentions. - C'est très dangereux notre ville d'arrivée, beaucoup de violence. Il ne faut jamais se promener seul, me prévint-il. - Les gens disent ça dans toutes les villes du monde, non ? - Peut-être, mais là-bas c'est pire. Jean-Claude Van Damme était dans une sale passe. Blessé, il était entouré par une dizaine de types patibulaires armés de gourdins et de couteaux qui souhaitaient clairement le finir. Cela dit, je ne m'inquiétais pas beaucoup pour lui. J'observai avec quelle maestria Jean-Claude s'en sortait en essayant de noter quelques feintes de corps et autres coups tordus utiles pour se débarrasser de quelqu'un qui en veut à votre vie. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Gringoland
Editeur
Format
Poche
Publication
06 décembre 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
247
Taille
18 x 11 x 1 cm
Poids
135
ISBN-13
9782266165242
Livré entre : 27 juillet - 30 juillet
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