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Le dernier porteur d'eau

3.7

(7)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Son oncle avait prévenu Alphonse : porteur d'eau à Paris, c'est une pauvre vie. Certes, mais une vie quand même... Au milieu du XIXe siècle, tout le Paris popu­laire meurt de soif, dans le dénuement et la puanteur. La montagne auvergnate ne nourrit plus ses enfants qui émigrent en masse vers la capitale pour y trouver mille métiers et mille misères. À dix-sept ans, Alphonse est assez fort pour faire son chemin dans cette ville redou­table, affronter les clans de Piémontais et de Savoyards, résister à l'épuisement du portage quotidien. Ce modeste destin aurait dû s'achever par un triste retour au pays mais l'amour d'Amandine, jolie fille de joie du quartier Notre-Dame, et les gigantesques projets urbains de monsieur Haussmann vont en décider autrement... «Une lecture passionnante, documentée, révélant un aspect peu connu du transport de l'eau à domicile, de ses avantages et dégâts collatéraux, de la nécessité du travail opiniâtre...» H. Ch. - Le Midi Libre Également chez Pocket : Le fantassin d'argile. Extrait Réalités et légendes se confondent quelquefois. Mille sortilèges suivent les chemins d'Auvergne, chemins tordus, caillouteux, creusés, bosselés, décharnés, chemins fuyants... Ils cousent la montagne de fines reprises, lui font une ride sous un col de granit ou bien dessinent une calotte ronde à son sommet. Ils plongent, se mêlent aux ruisseaux, puis se glissent parmi les sapins sur un tapis d'aiguilles rousses. Porteurs de silence, ils font hésiter le voyageur à leurs escarpe­ments, surgir des appréhensions et des vertiges. Alphonse Mourgue s'accrochait aux voix de l'Alagnon qui ronchonnait en contrebas du chemin comme un bedeau dans son église ; le torrent prenait des tons rageurs, des voix caverneuses, se tordait au moindre écueil, s'emportait en spirales vertigineuses, sautait sur le dos d'un rocher, s'exaspérait sur les cailloux. Depuis sa tendre enfance, le jeune Auvergnat connaissait ce contraste entre le silence du chemin et la fureur de l'eau, mais ce matin-là, tout prenait une importance nouvelle. Comme un jeune hibou échappé à sa falaise, il descendait vers Massiac... Il savait depuis longtemps qu'un jour il prendrait la route pour rejoindre les autres à Paris. Puînés, aînés, cadets, il fallait bien s'y résoudre dès que l'occasion propice surgissait. Avec ses dix vaches, ses chèvres, son bout de jardin, ses lapins, ses poules, les grandes coupes de bois sur les pentes d'Ampala et les foins chez ceux qui manquaient de bras, la ferme n'arrivait plus à nourrir son monde. Vincent, son frère aîné, occupait toute la place à venir dans la ferme et ses deux soeurs, Valen­tine et Rose, attendaient un promis jeune, riche, beau et fort qui n'arrivait pas. Rose, tous les jours, qu'il neige, qu'il vente, traversait la vallée jusqu'à Murât pour faire la servante chez le notaire... Valentine, la cadette, aidait sa mère. On avait attendu, oublié le départ, on évita même d'en parler... Et puis c'est arrivé un beau matin, le dimanche juste avant Noël, la neige emplissait tout de ses édredons soyeux, étouffant l'écho. L'oncle Rispal, le frère de sa mère Éloïse bouscula le silence du hameau. La maison résonna des rires de retrouvailles. Alphonse se souvenait à peine de ce grand bonhomme sec et anguleux. Il arrivait de Paris, où depuis 25 ans, il faisait le porteur d'eau à la bretelle. À table, il raconta ses tribulations dans les rues, ses malheurs qu'il adoucissait d'un sourire, ses réussites qu'il tempérait d'un pli amer au coin des lèvres. On l'écoutait, il savait raconter, il émaillait ses histoires de mots français qui sonnaient drôlement au milieu du patois rocailleux. À la fin du repas, son grand nez cassé au milieu de son visage raviné sembla s'allonger, plonger entre ses lèvres, ses yeux noirs fureteurs firent le tour de la table, visage après visage, puis d'un ton presque solennel il dit : - Une pauvre vie, mais une vie quand même, maintenant j'ai quatre sous, je vais Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Son oncle avait prévenu Alphonse : porteur d'eau à Paris, c'est une pauvre vie. Certes, mais une vie quand même... Au milieu du XIXe siècle, tout le Paris popu­laire meurt de soif, dans le dénuement et la puanteur. La montagne auvergnate ne nourrit plus ses enfants qui émigrent en masse vers la capitale pour y trouver mille métiers et mille misères. À dix-sept ans, Alphonse est assez fort pour faire son chemin dans cette ville redou­table, affronter les clans de Piémontais et de Savoyards, résister à l'épuisement du portage quotidien. Ce modeste destin aurait dû s'achever par un triste retour au pays mais l'amour d'Amandine, jolie fille de joie du quartier Notre-Dame, et les gigantesques projets urbains de monsieur Haussmann vont en décider autrement... «Une lecture passionnante, documentée, révélant un aspect peu connu du transport de l'eau à domicile, de ses avantages et dégâts collatéraux, de la nécessité du travail opiniâtre...» H. Ch. - Le Midi Libre Également chez Pocket : Le fantassin d'argile. Extrait Réalités et légendes se confondent quelquefois. Mille sortilèges suivent les chemins d'Auvergne, chemins tordus, caillouteux, creusés, bosselés, décharnés, chemins fuyants... Ils cousent la montagne de fines reprises, lui font une ride sous un col de granit ou bien dessinent une calotte ronde à son sommet. Ils plongent, se mêlent aux ruisseaux, puis se glissent parmi les sapins sur un tapis d'aiguilles rousses. Porteurs de silence, ils font hésiter le voyageur à leurs escarpe­ments, surgir des appréhensions et des vertiges. Alphonse Mourgue s'accrochait aux voix de l'Alagnon qui ronchonnait en contrebas du chemin comme un bedeau dans son église ; le torrent prenait des tons rageurs, des voix caverneuses, se tordait au moindre écueil, s'emportait en spirales vertigineuses, sautait sur le dos d'un rocher, s'exaspérait sur les cailloux. Depuis sa tendre enfance, le jeune Auvergnat connaissait ce contraste entre le silence du chemin et la fureur de l'eau, mais ce matin-là, tout prenait une importance nouvelle. Comme un jeune hibou échappé à sa falaise, il descendait vers Massiac... Il savait depuis longtemps qu'un jour il prendrait la route pour rejoindre les autres à Paris. Puînés, aînés, cadets, il fallait bien s'y résoudre dès que l'occasion propice surgissait. Avec ses dix vaches, ses chèvres, son bout de jardin, ses lapins, ses poules, les grandes coupes de bois sur les pentes d'Ampala et les foins chez ceux qui manquaient de bras, la ferme n'arrivait plus à nourrir son monde. Vincent, son frère aîné, occupait toute la place à venir dans la ferme et ses deux soeurs, Valen­tine et Rose, attendaient un promis jeune, riche, beau et fort qui n'arrivait pas. Rose, tous les jours, qu'il neige, qu'il vente, traversait la vallée jusqu'à Murât pour faire la servante chez le notaire... Valentine, la cadette, aidait sa mère. On avait attendu, oublié le départ, on évita même d'en parler... Et puis c'est arrivé un beau matin, le dimanche juste avant Noël, la neige emplissait tout de ses édredons soyeux, étouffant l'écho. L'oncle Rispal, le frère de sa mère Éloïse bouscula le silence du hameau. La maison résonna des rires de retrouvailles. Alphonse se souvenait à peine de ce grand bonhomme sec et anguleux. Il arrivait de Paris, où depuis 25 ans, il faisait le porteur d'eau à la bretelle. À table, il raconta ses tribulations dans les rues, ses malheurs qu'il adoucissait d'un sourire, ses réussites qu'il tempérait d'un pli amer au coin des lèvres. On l'écoutait, il savait raconter, il émaillait ses histoires de mots français qui sonnaient drôlement au milieu du patois rocailleux. À la fin du repas, son grand nez cassé au milieu de son visage raviné sembla s'allonger, plonger entre ses lèvres, ses yeux noirs fureteurs firent le tour de la table, visage après visage, puis d'un ton presque solennel il dit : - Une pauvre vie, mais une vie quand même, maintenant j'ai quatre sous, je vais Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Le dernier porteur d'eau
Editeur
Format
Poche
Publication
06 décembre 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
249
Taille
18 x 11 x 1.2 cm
Poids
135
ISBN-13
9782266153645
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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