C'est à Londres, en 1943, que joseph Kessel, conteur inégalable et premier chroniqueur de notre temps, a écrit "L'armée des ombres", qui n'est pas seulement l'un de ses chefs-d'oeuvre mais le roman-symbole de la Résistance que l'auteur présente ainsi : "La France n'a plus de pain, de vin, de feu. Mais surtout elle n'a plus de lois. La désobéissance civique, la rébellion individuelle ou organisée sont devenues devoirs envers la patrie [...]Jamais la France n'a fait guerre plus haute et plus belle que celles des caves où s'impriment ses journaux libres, des terrains nocturnes et des criques secrètes où elle reçoit ses amis libres et d'où partent ses enfants libres, des cellules de torture où malgré les tenailles, les épingles rougies au feu et les os broyés, des Français meurent en hommes libres.Tout ce qu'on va lire ici a été vécu par des gens de France."Biographie de l'auteurNé en Argentine en 1898 dans une famille juive, Joseph Kessel passe une partie de son enfance en Russie, avant de venir à Paris poursuivre des études qu'il interrompt en 1916 pour s'engager dans l'aviation. Son expérience de la guerre, ses voyages et ses séjours à l'étranger (aux États-Unis et en Asie), ses incursions dans les bas-fonds de Paris sont à l'origine de premiers récits, reportages et romans, parmi lesquels L'équipage (1923) et Fortune carrée (1930). Aux côtés des républicains lors de la guerre d'Espagne, il est correspondant de guerre pendant le second conflit mondial, avant de rejoindre les Forces françaises libres. Une aventure dont se ressent son œuvre, où s'expriment dès lors fraternité et compassion à l'égard du prochain. Œuvre désormais enrichie du Chant des partisans, écrit avec Maurice Druon, elle se veut, comme l'indique l'un de ses titres, celle d'un Témoin parmi les hommes (1956). Le lion (1958), qui restera son plus grand succès, montre qu'après Belle de jour (1928), il sait faire sa place à la rêverie et à l'innocence. En 1963, il est élu à l'Académie française. Continuant à arpenter le monde dans les dernières années de sa vie, il laisse, avec Les cavaliers (1967), un document sur les mœurs encore mal connues des Afghans. Il s'éteint en 1979, à Avernes (Val-d'Oise), à la tête d'une œuvre riche d'environ 80 volumes.
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