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MAITRESSE CHARLES BAUDELAIRE

1.0

(2)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Dans le Paris du XIXe siècle, des salons littéraires au hasard de ruelles mal famées, les artistes rêvent de paradis artificiels. Baudelaire, lui, construit son mythe. Mais dans son quotidien miné par la pauvreté et la syphilis comme dans son envol vers la gloire littéraire, Charles n'est jamais seul. Une femme partage sa misère et ses excès, supporte sa jalousie et ses infidélités, endure sa folie et sa maladie. Qui était Jeanne Duval, la mystérieuse «Vénus noire» ? La «mulâtresse» qui a inspiré la majeure partie des Fleurs du mal ? Méprisée par ses contemporains, chargée de tous les maux par la critique littéraire, oubliée enfin, elle demeure une énigme. Ce récit lui restitue sa place dans la vie et dans l'oeuvre du poète maudit. Documenté mais romanesque, tour à tour drôle et tragique, La Maîtresse de Charles Baudelaire raconte vingt ans d'une relation passionnelle et destructrice. Michaël Prazan, titulaire d'un doctorat de langue française, est journaliste et écrivain. Après avoir réalisé plusieurs documentaires et publié de nombreux essais (dont le dernier. Roger Garaudy : itinéraire d'une négation, paru en février 2007 chez Calmann-Lévy). il nous livre ici son premier roman.ExtraitJe retrouvai Charles à peine rentré de l'île Bourbon dans les premiers jours du mois de mars 1842. Je ne l'avais pas vu depuis près de un an, du temps où nous logions à la pension Lévêque-Bailly qui se trouvait rue de l'Estrapade. Nous étions alors inscrits à la faculté de droit que ni lui ni moi ne fréquentions, et où nous n'avons jamais passé le moindre examen. Il portait les cheveux longs, et son teint était encore hâlé par les morsures du soleil qui baigne les côtes africaines. Quelque chose d'exotique paraissait avoir pénétré durablement son être comme d'une empreinte indélébile. Il était d'humeur joyeuse, tout à la fête de nos retrouvailles, et de marcher à nouveau dans ce Paris qui, timidement, s'abandonnait à la douceur du printemps. Charles venait d'atteindre sa majorité. Ses yeux étaient pleins de malice et son sourire, malgré des lèvres minces, plus éclatant et plus franc qu'aux années agitées de nos humanités. Bien que maigre comme une tige, il avait de l'allure et l'allant séduisant de la jeunesse ambitieuse. Son air conquérant venait de ce qu'il s'apprêtait à recevoir l'héritage de son père. Fort de cette rente considérable de soixante-quinze mille francs promise pour le mois suivant, il pensait qu'il serait définitivement à l'abri du travail qui lui faisait si peur, et que les foudres de M. Aupick, son beau-père (qu'il se refusait désormais à appeler «papa»), ne pourraient plus l'atteindre. Je lui fis part de l'impression qu'il produisait sur moi. Balayant mon observation d'un revers de la main, il affirma ne pas être plus sage qu'avant son départ et ne s'être en rien amélioré. Je pensais qu'une révolution s'était au contraire opérée en lui, et qu'elle était manifeste quant à l'allure générale et jusqu'aux traits de son visage. Il me semblait que quelque chose s'était affermi, que sa volonté naguère si chancelante avait gagné en assurance. Après un moment de silence dans lequel s'abîma peut-être l'année qui nous avait séparés, je lui demandai de me raconter son périple aux Indes où j'appris qu'il n'avait jamais débarqué. Afficher moinsAfficher plus

MAITRESSE CHARLES BAUDELAIRE

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Dans le Paris du XIXe siècle, des salons littéraires au hasard de ruelles mal famées, les artistes rêvent de paradis artificiels. Baudelaire, lui, construit son mythe. Mais dans son quotidien miné par la pauvreté et la syphilis comme dans son envol vers la gloire littéraire, Charles n'est jamais seul. Une femme partage sa misère et ses excès, supporte sa jalousie et ses infidélités, endure sa folie et sa maladie. Qui était Jeanne Duval, la mystérieuse «Vénus noire» ? La «mulâtresse» qui a inspiré la majeure partie des Fleurs du mal ? Méprisée par ses contemporains, chargée de tous les maux par la critique littéraire, oubliée enfin, elle demeure une énigme. Ce récit lui restitue sa place dans la vie et dans l'oeuvre du poète maudit. Documenté mais romanesque, tour à tour drôle et tragique, La Maîtresse de Charles Baudelaire raconte vingt ans d'une relation passionnelle et destructrice. Michaël Prazan, titulaire d'un doctorat de langue française, est journaliste et écrivain. Après avoir réalisé plusieurs documentaires et publié de nombreux essais (dont le dernier. Roger Garaudy : itinéraire d'une négation, paru en février 2007 chez Calmann-Lévy). il nous livre ici son premier roman.ExtraitJe retrouvai Charles à peine rentré de l'île Bourbon dans les premiers jours du mois de mars 1842. Je ne l'avais pas vu depuis près de un an, du temps où nous logions à la pension Lévêque-Bailly qui se trouvait rue de l'Estrapade. Nous étions alors inscrits à la faculté de droit que ni lui ni moi ne fréquentions, et où nous n'avons jamais passé le moindre examen. Il portait les cheveux longs, et son teint était encore hâlé par les morsures du soleil qui baigne les côtes africaines. Quelque chose d'exotique paraissait avoir pénétré durablement son être comme d'une empreinte indélébile. Il était d'humeur joyeuse, tout à la fête de nos retrouvailles, et de marcher à nouveau dans ce Paris qui, timidement, s'abandonnait à la douceur du printemps. Charles venait d'atteindre sa majorité. Ses yeux étaient pleins de malice et son sourire, malgré des lèvres minces, plus éclatant et plus franc qu'aux années agitées de nos humanités. Bien que maigre comme une tige, il avait de l'allure et l'allant séduisant de la jeunesse ambitieuse. Son air conquérant venait de ce qu'il s'apprêtait à recevoir l'héritage de son père. Fort de cette rente considérable de soixante-quinze mille francs promise pour le mois suivant, il pensait qu'il serait définitivement à l'abri du travail qui lui faisait si peur, et que les foudres de M. Aupick, son beau-père (qu'il se refusait désormais à appeler «papa»), ne pourraient plus l'atteindre. Je lui fis part de l'impression qu'il produisait sur moi. Balayant mon observation d'un revers de la main, il affirma ne pas être plus sage qu'avant son départ et ne s'être en rien amélioré. Je pensais qu'une révolution s'était au contraire opérée en lui, et qu'elle était manifeste quant à l'allure générale et jusqu'aux traits de son visage. Il me semblait que quelque chose s'était affermi, que sa volonté naguère si chancelante avait gagné en assurance. Après un moment de silence dans lequel s'abîma peut-être l'année qui nous avait séparés, je lui demandai de me raconter son périple aux Indes où j'appris qu'il n'avait jamais débarqué. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
MAITRESSE CHARLES BAUDELAIRE
Auteur
Editeur
Format
Grand Format
Publication
03 mai 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
232
Taille
22 x 14 x 2 cm
Poids
330
ISBN-13
9782259204743
Livré entre : 7 juillet - 10 juillet
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