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La Tresse de Jeanne

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Un beau roman sur l'évocation d'un métier pittoresque, typique du pays de Roscoff : celui des " johnnies ", surnom donné par les Anglais aux Bretons venus leur vendre des oignons roses. En 1905, Jeanne ne peut croire que son père, " johnny ", ait sombré en bateau avec ses compagnons au large de Saint-Malo. Pour son seizième anniversaire, elle décide de partir à sa recherche et reprend tout naturellement le métier de son père. Or, à ce jour, il n'y a jamais eu aucune femme chez les " johnnies ". La jeune fille sacrifie sa longue tresse et s'habille en homme pour mener son enquête, qui va la conduire de Roscoff à Saint-Malo et jusqu'aux villages anglais où son père effectuait ses livraisons régulières... Extrait Extrait du prologue : Jeanne Santec, lieu-dit «La Petite Bastille» Juillet 1905 - N'ov ket kousket c'hoaz, Channig ? La petite fille se tenait sur le pas de la porte, pieds nus, en chemise, ses longs cheveux blonds dénoués jusqu'à la taille. Le ton câlin de la question devait l'avoir rassurée car aussitôt elle s'enhardit, se faufila, silencieuse, frêle, légère, jusqu'à la silhouette assise devant le feu. - Et ma tresse, va zad ? Tu n'allais pas partir sans me la faire quand même ? Son impatience se devinait. Les mains sur les hanches, elle se planta devant lui, sérieuse, si sérieuse. Avec une gravité touchante - le moment était de la plus haute importance -, elle répéta : - Et ma tresse ? Elle s'était toutefois bien gardée d'élever la voix, Louis Querrien supposa qu'elle ne tenait pas à éveiller toute la maison. Pour mieux entrer dans son jeu, conspirateur, il chuchota : - Mets-toi devant les flammes, je verrai mieux. Le rose aux joues, Jeanne obéit. Epaules baissées, tête haute, ravie, elle fit demi-tour sur elle-même, s'installa à son aise, la respiration suspendue. Le jeu pouvait commencer. Sentant son auditoire acquis, frémissant, Louis Querrien lança, sourire aux lèvres, la réplique qui marquait leurs rendez-vous matinaux : - Eh ! Mais comment veux-tu que j'arrive à bout de ça ? Ma parole, tu t'es encore battue cette nuit avec ton viletansou de malheur ! Heureusement, il avait affaire à forte tête ; il t'a quand même laissé toute ta tignasse ! Combien de fois faudra-t-il te dire de ne pas défaire ta tresse avant d'aller te coucher, on perdrait tellement moins de temps le matin. Jeanne laissa filtrer un petit soupir de contentement, se campa encore un peu plus fermement sur ses jambes, secoua la masse ondulante de ses cheveux pour la sentir dans son dos. - Où est le peigne ? Elle le tendit par-dessus son épaule. Louis Querrien aurait juré que sa fille ne l'avait pas en main lorsqu'elle lui était apparue. Il se demandait parfois si Jeanne ne dormait pas avec. Le démêlage commença dans le silence à peine troublé par les deux respirations accordées et le chuintement du feu dans la cheminée. Malgré la saison - juillet allait finir sa course dans une grande semaine - les matins dans le penn-ty restaient frais. Une courte flambée avant le lever du soleil réchauffait la soupe et les murs épais, toujours froids ; une flambée dont ne subsistaient que quelques braises quand sonnaient les huit coups à l'horloge de l'église de Santec. Depuis longtemps chez les Querrien on ne se fiait plus qu'à elle, la vieille pendule de la maison ayant pour fâcheuse habitude de s'emballer et de battre la breloque à la demie, qu'elle marquait obstinément de cinq incompréhensibles coups quel que soit le moment de la journée. Biographie de l'auteur Nathalie de Broc habite Quimper. Elle a été reporter à France Inter avant de devenir journaliste indépendante pour France 3 Ouest. Avant de signer son premier roman aux Presses de la Cité, elle a été traductrice chez Plon et a publié des guides touristiques chez Gallimard. Bretonne de coeur et de naissance, elle raconte des femmes, des hommes, et des métiers (l'ostréiculture...) qui ont fait l'histoire de cette région. Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Un beau roman sur l'évocation d'un métier pittoresque, typique du pays de Roscoff : celui des " johnnies ", surnom donné par les Anglais aux Bretons venus leur vendre des oignons roses. En 1905, Jeanne ne peut croire que son père, " johnny ", ait sombré en bateau avec ses compagnons au large de Saint-Malo. Pour son seizième anniversaire, elle décide de partir à sa recherche et reprend tout naturellement le métier de son père. Or, à ce jour, il n'y a jamais eu aucune femme chez les " johnnies ". La jeune fille sacrifie sa longue tresse et s'habille en homme pour mener son enquête, qui va la conduire de Roscoff à Saint-Malo et jusqu'aux villages anglais où son père effectuait ses livraisons régulières... Extrait Extrait du prologue : Jeanne Santec, lieu-dit «La Petite Bastille» Juillet 1905 - N'ov ket kousket c'hoaz, Channig ? La petite fille se tenait sur le pas de la porte, pieds nus, en chemise, ses longs cheveux blonds dénoués jusqu'à la taille. Le ton câlin de la question devait l'avoir rassurée car aussitôt elle s'enhardit, se faufila, silencieuse, frêle, légère, jusqu'à la silhouette assise devant le feu. - Et ma tresse, va zad ? Tu n'allais pas partir sans me la faire quand même ? Son impatience se devinait. Les mains sur les hanches, elle se planta devant lui, sérieuse, si sérieuse. Avec une gravité touchante - le moment était de la plus haute importance -, elle répéta : - Et ma tresse ? Elle s'était toutefois bien gardée d'élever la voix, Louis Querrien supposa qu'elle ne tenait pas à éveiller toute la maison. Pour mieux entrer dans son jeu, conspirateur, il chuchota : - Mets-toi devant les flammes, je verrai mieux. Le rose aux joues, Jeanne obéit. Epaules baissées, tête haute, ravie, elle fit demi-tour sur elle-même, s'installa à son aise, la respiration suspendue. Le jeu pouvait commencer. Sentant son auditoire acquis, frémissant, Louis Querrien lança, sourire aux lèvres, la réplique qui marquait leurs rendez-vous matinaux : - Eh ! Mais comment veux-tu que j'arrive à bout de ça ? Ma parole, tu t'es encore battue cette nuit avec ton viletansou de malheur ! Heureusement, il avait affaire à forte tête ; il t'a quand même laissé toute ta tignasse ! Combien de fois faudra-t-il te dire de ne pas défaire ta tresse avant d'aller te coucher, on perdrait tellement moins de temps le matin. Jeanne laissa filtrer un petit soupir de contentement, se campa encore un peu plus fermement sur ses jambes, secoua la masse ondulante de ses cheveux pour la sentir dans son dos. - Où est le peigne ? Elle le tendit par-dessus son épaule. Louis Querrien aurait juré que sa fille ne l'avait pas en main lorsqu'elle lui était apparue. Il se demandait parfois si Jeanne ne dormait pas avec. Le démêlage commença dans le silence à peine troublé par les deux respirations accordées et le chuintement du feu dans la cheminée. Malgré la saison - juillet allait finir sa course dans une grande semaine - les matins dans le penn-ty restaient frais. Une courte flambée avant le lever du soleil réchauffait la soupe et les murs épais, toujours froids ; une flambée dont ne subsistaient que quelques braises quand sonnaient les huit coups à l'horloge de l'église de Santec. Depuis longtemps chez les Querrien on ne se fiait plus qu'à elle, la vieille pendule de la maison ayant pour fâcheuse habitude de s'emballer et de battre la breloque à la demie, qu'elle marquait obstinément de cinq incompréhensibles coups quel que soit le moment de la journée. Biographie de l'auteur Nathalie de Broc habite Quimper. Elle a été reporter à France Inter avant de devenir journaliste indépendante pour France 3 Ouest. Avant de signer son premier roman aux Presses de la Cité, elle a été traductrice chez Plon et a publié des guides touristiques chez Gallimard. Bretonne de coeur et de naissance, elle raconte des femmes, des hommes, et des métiers (l'ostréiculture...) qui ont fait l'histoire de cette région. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
La Tresse de Jeanne
Format
Grand Format
Publication
07 juin 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
324
Taille
22.5 x 14 x 2.5 cm
Poids
425
ISBN-13
9782258069954
Livré entre : 9 juin - 12 juin
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