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Les madones de Leningrad

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Marina et Dmitri couple d'exilés russes installés en Amérique depuis quarante ans se rendent chez leur fils Andrei pour le mariage de leur petite-fille. Mais le crépuscule menace : Marina, atteinte d'Alzheimer, sombre dans une confusion grandissante, sous le regard impuissant de ses proches. Mais si le présent devient méconnaissable dans l'esprit de la vieille dame, c'est pour mieux faire place aux fantômes du passé? Juin 1941, Saint-Pétersbourg. Dmitri est appelé sous les drapeaux. Marina est guide au Musée de l Hermitage. Les bombardements s'intensifient, la petite troupe des employés se terre dans les caves, en proie à la faim, au froid et à la peur. S'il faut survivre, il faut aussi sauver les chefs-d'oeuvre qu'abrite le musée : sous le sifflement des raids aériens, on s'active de toutes parts pour décrocher, emballer les Rembrandt, les Raphaël, et les faire partir dans une noria frénétique de convois clandestins. De temps à autre, Marina remonte à la surface et parcourt les salles désertes de l Hermitage, guidée par la vieille Anya qui lui apprend à « voir » et à ressusciter, par le seul pouvoir de la parole, les toiles désormais absentes? Roman du souvenir, de la joie et de la beauté qui subsistent en dépit des coups de l'histoire, de la fuite du temps et des ombres de la mort, Les Madones de Léningrad est un inoubliable portrait de femme, une fresque historique qui fait songer au Docteur Jivago, et un hymne incandescent aux pouvoirs de l'art, de l'amour et du verbe.ExtraitPar ici, s'il vous plaît. Nous sommes dans la Grande Verrière, la salle de l'art espagnol. Les trois salles à verrière ont été conçues pour accueillir les plus grandes toiles des collections. Levez les yeux. L'immense voûte et la frise, avec leurs arabesques moulées et dorées, ressemblent à une pièce montée. La lumière blonde comme les blés inonde le parquet, et les murs sont peints d'un rouge somptueux imitant les tentures d'origine. Chacune des salles à verrière est ornée de vases exquis, de candélabres sur pied et de tables à plateaux composés de pierres semi-précieuses agencées selon la technique dite de la «mosaïque russe». De ce côté-ci, sur notre gauche, une table recouverte d'une épaisse nappe blanche. Trois paysans espagnols déjeunent. Celui du milieu brandit la carafe de vin et nous offre à boire. Ils passent à l'évidence un bon moment. Leur repas est léger - un plat de sardines, une grenade et une miche de pain -, mais c'est plus que suffisant. Une miche entière de pain, blanc qui plus est, et non pas ce pain du blocus à base de copeaux de bois. Les autres résidents du musée n'ont droit qu'à trois petits quignons par jour. De la taille et de la couleur d'un caillou. Et parfois à des pommes de terre gelées provenant d'un jardin à la lisière de la ville. Avant le siège, le directeur Orbeli avait commandé de grandes quantités d'huile de lin pour repeindre les murs du musée. Maintenant, nous faisons frire des morceaux de pommes de terre dans cette huile. Et quand il ne reste plus ni pommes de terre ni huile, nous faisons de la gelée avec la colle qui sert à assembler les cadres pour la manger. L'homme sur la droite qui lève le pouce est pro­bablement l'artiste. Diego Rodríguez de Silva y Velázquez. Cette oeuvre date du début de sa période sévillane. C'est ce que l'on appelle un bodegón, une «scène de taverne». Afficher moinsAfficher plus

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Marina et Dmitri couple d'exilés russes installés en Amérique depuis quarante ans se rendent chez leur fils Andrei pour le mariage de leur petite-fille. Mais le crépuscule menace : Marina, atteinte d'Alzheimer, sombre dans une confusion grandissante, sous le regard impuissant de ses proches. Mais si le présent devient méconnaissable dans l'esprit de la vieille dame, c'est pour mieux faire place aux fantômes du passé? Juin 1941, Saint-Pétersbourg. Dmitri est appelé sous les drapeaux. Marina est guide au Musée de l Hermitage. Les bombardements s'intensifient, la petite troupe des employés se terre dans les caves, en proie à la faim, au froid et à la peur. S'il faut survivre, il faut aussi sauver les chefs-d'oeuvre qu'abrite le musée : sous le sifflement des raids aériens, on s'active de toutes parts pour décrocher, emballer les Rembrandt, les Raphaël, et les faire partir dans une noria frénétique de convois clandestins. De temps à autre, Marina remonte à la surface et parcourt les salles désertes de l Hermitage, guidée par la vieille Anya qui lui apprend à « voir » et à ressusciter, par le seul pouvoir de la parole, les toiles désormais absentes? Roman du souvenir, de la joie et de la beauté qui subsistent en dépit des coups de l'histoire, de la fuite du temps et des ombres de la mort, Les Madones de Léningrad est un inoubliable portrait de femme, une fresque historique qui fait songer au Docteur Jivago, et un hymne incandescent aux pouvoirs de l'art, de l'amour et du verbe.ExtraitPar ici, s'il vous plaît. Nous sommes dans la Grande Verrière, la salle de l'art espagnol. Les trois salles à verrière ont été conçues pour accueillir les plus grandes toiles des collections. Levez les yeux. L'immense voûte et la frise, avec leurs arabesques moulées et dorées, ressemblent à une pièce montée. La lumière blonde comme les blés inonde le parquet, et les murs sont peints d'un rouge somptueux imitant les tentures d'origine. Chacune des salles à verrière est ornée de vases exquis, de candélabres sur pied et de tables à plateaux composés de pierres semi-précieuses agencées selon la technique dite de la «mosaïque russe». De ce côté-ci, sur notre gauche, une table recouverte d'une épaisse nappe blanche. Trois paysans espagnols déjeunent. Celui du milieu brandit la carafe de vin et nous offre à boire. Ils passent à l'évidence un bon moment. Leur repas est léger - un plat de sardines, une grenade et une miche de pain -, mais c'est plus que suffisant. Une miche entière de pain, blanc qui plus est, et non pas ce pain du blocus à base de copeaux de bois. Les autres résidents du musée n'ont droit qu'à trois petits quignons par jour. De la taille et de la couleur d'un caillou. Et parfois à des pommes de terre gelées provenant d'un jardin à la lisière de la ville. Avant le siège, le directeur Orbeli avait commandé de grandes quantités d'huile de lin pour repeindre les murs du musée. Maintenant, nous faisons frire des morceaux de pommes de terre dans cette huile. Et quand il ne reste plus ni pommes de terre ni huile, nous faisons de la gelée avec la colle qui sert à assembler les cadres pour la manger. L'homme sur la droite qui lève le pouce est pro­bablement l'artiste. Diego Rodríguez de Silva y Velázquez. Cette oeuvre date du début de sa période sévillane. C'est ce que l'on appelle un bodegón, une «scène de taverne». Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Les madones de Leningrad
Format
Grand Format
Publication
04 avril 2007
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
342
Taille
20.5 x 13 x 2.1 cm
Poids
325
ISBN-13
9782246709213
Livré entre : 26 juillet - 29 juillet
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