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Pourquoi le Brésil ?

2.4

(68)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur À l?occasion de la sortie du film Pourquoi [pas] le Brésil de Laetitia Masson, le 15 septembre 2004 avec Elsa Zylberstein Pourquoi le Brésil? est peut-être le premier roman d'amour de Christine Angot. Quand on est seule, vraiment seule, et vraiment perdue, vidée et épuisée, prête à renoncer à tout, même au plus important - c'est-à-dire à l'amour - les gens, les autres, l'entourage, les amis, les ennemis, dont tous prêts à vous rassurer. Ils vous demandent gentiment d'y croire encore, de ne pas abandonner. A ce moment-là, si le miracle se produit, si la personne tant espérée, tant attendue, arrive enfin, sera-t-on capable de la reconnaître et d'être reconnue? Christine Angot décrit depuis toujours les mécanismes de l'être humain : la peur de s'engager, la difficulté de communiquer et de savoir vivre. Les thèmes essentiels de son oeuvre prennent dans cette histoire d'élan et de rejet amoureux une force et un relief inédits. A-t-on jamais observé avec autant de justesse et de témérité l'intimité d'une relation naissante, dans ses remous et ses passions, ses incompréhensions et ses très grandes violences ? Peut-on enfin se dire que l'être aimé fera un jour en sorte que plus rien ne sera comme avant. Est-ce que l'amour le plus considérable au monde peut permettre à une jeune femme de quarante ans de relire avec distance les lettres que son père Pierre Angot lui écrivait quand elle était encore petite fille ? Extrait J’étais tellement fatiguée, et je n’en pouvais tellement plus, que j’en étais arrivée à la conclusion, qu’il fallait que j’organise ma vie en fonction d’un bien-être physique. Et que j’évite tout le reste, c’est-à-dire l’amour. Longtemps je me suis demandé comment faisaient les autres. Et puis j’ai pensé que j’étais différente des autres. Je ne pouvais plus me régénérer. Il m’arrivait de rencontrer des gens comme moi, ils n’en pouvaient plus non plus. J’étais tellement fatiguée, tellement épuisée, je n’en pouvais plus, je me demandais combien de temps j’allais encore tenir. C’était trop. Je ne tenais plus. J’étais tellement à bout que à l’époque j’aurais aimé qu'on m'emporte sur une civière ou dans une clinique. J’étais épuisée. Je n’arrivais plus à me reposer par moi-même. Je ne trouvais plus aucun réconfort en moi-même ni autour de moi. Je ne dormais pas assez. J'en étais à l’époque à une barrette entière de Lexomil et à huit comprimés de Spasmine par nuit. Et je ne dormais pas toujours. Si par malheur je me trouvais dans des conditions moyennes, par exemple un sommier en bois, je voulais mourir, je ne supportais plus rien. Je n'avais plus aucune énergie, j’étais crevée, je ne résistais à rien, je n'arrivais plus à résister à rien. Quand on me disait « repose-toi » je me disais : est-ce qu’ils connaissent ces gens-là le sens du mot épuisée ? É-pui-sée. Épuisée. Épuisée, épuisée. Fatiguée. Pourquoi ? J’en avais marre. Épuisée, ça veut dire qui ne peut plus produire, comme une terre épuisée, une source épuisée. C’était horrible. Pas vide, je n’étais pas vide. J’étais fatiguée. Et je me demandais comment j’allais tenir. Je n’avais même plus envie qu’on m’approche, je n’avais même plus envie qu’on me caresse. Je connaissais tous les pièges. Je pouvais terminer leurs phrases avant qu’ils ne les commencent, je connaissais tout. L’amour ce n’était pas pour moi, j’étais trop lucide, je connaissais ça. Ça ne marchait pas avec moi. J’avais aimé, j’avais été aimée, je connaissais l’amour, et je connaissais la haine aussi, je connaissais le revers. Quand je suis arrivée à Paris je me suis rendu compte que c’était encore pire que ce que je pensais. C’était pire qu’en province, il n’y avait aucun élan, je n’en voyais pas. Toutes les situations étaient archi répertoriées. Et on vivait en ghetto. Mais comme je n’avais pas d’autre solution, je me suis mise à chercher un appartement, avec l’espoir, mince, très mince, qu’il y avait encore quelque chose à faire, et que, en vivant à Paris je Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur À l?occasion de la sortie du film Pourquoi [pas] le Brésil de Laetitia Masson, le 15 septembre 2004 avec Elsa Zylberstein Pourquoi le Brésil? est peut-être le premier roman d'amour de Christine Angot. Quand on est seule, vraiment seule, et vraiment perdue, vidée et épuisée, prête à renoncer à tout, même au plus important - c'est-à-dire à l'amour - les gens, les autres, l'entourage, les amis, les ennemis, dont tous prêts à vous rassurer. Ils vous demandent gentiment d'y croire encore, de ne pas abandonner. A ce moment-là, si le miracle se produit, si la personne tant espérée, tant attendue, arrive enfin, sera-t-on capable de la reconnaître et d'être reconnue? Christine Angot décrit depuis toujours les mécanismes de l'être humain : la peur de s'engager, la difficulté de communiquer et de savoir vivre. Les thèmes essentiels de son oeuvre prennent dans cette histoire d'élan et de rejet amoureux une force et un relief inédits. A-t-on jamais observé avec autant de justesse et de témérité l'intimité d'une relation naissante, dans ses remous et ses passions, ses incompréhensions et ses très grandes violences ? Peut-on enfin se dire que l'être aimé fera un jour en sorte que plus rien ne sera comme avant. Est-ce que l'amour le plus considérable au monde peut permettre à une jeune femme de quarante ans de relire avec distance les lettres que son père Pierre Angot lui écrivait quand elle était encore petite fille ? Extrait J’étais tellement fatiguée, et je n’en pouvais tellement plus, que j’en étais arrivée à la conclusion, qu’il fallait que j’organise ma vie en fonction d’un bien-être physique. Et que j’évite tout le reste, c’est-à-dire l’amour. Longtemps je me suis demandé comment faisaient les autres. Et puis j’ai pensé que j’étais différente des autres. Je ne pouvais plus me régénérer. Il m’arrivait de rencontrer des gens comme moi, ils n’en pouvaient plus non plus. J’étais tellement fatiguée, tellement épuisée, je n’en pouvais plus, je me demandais combien de temps j’allais encore tenir. C’était trop. Je ne tenais plus. J’étais tellement à bout que à l’époque j’aurais aimé qu'on m'emporte sur une civière ou dans une clinique. J’étais épuisée. Je n’arrivais plus à me reposer par moi-même. Je ne trouvais plus aucun réconfort en moi-même ni autour de moi. Je ne dormais pas assez. J'en étais à l’époque à une barrette entière de Lexomil et à huit comprimés de Spasmine par nuit. Et je ne dormais pas toujours. Si par malheur je me trouvais dans des conditions moyennes, par exemple un sommier en bois, je voulais mourir, je ne supportais plus rien. Je n'avais plus aucune énergie, j’étais crevée, je ne résistais à rien, je n'arrivais plus à résister à rien. Quand on me disait « repose-toi » je me disais : est-ce qu’ils connaissent ces gens-là le sens du mot épuisée ? É-pui-sée. Épuisée. Épuisée, épuisée. Fatiguée. Pourquoi ? J’en avais marre. Épuisée, ça veut dire qui ne peut plus produire, comme une terre épuisée, une source épuisée. C’était horrible. Pas vide, je n’étais pas vide. J’étais fatiguée. Et je me demandais comment j’allais tenir. Je n’avais même plus envie qu’on m’approche, je n’avais même plus envie qu’on me caresse. Je connaissais tous les pièges. Je pouvais terminer leurs phrases avant qu’ils ne les commencent, je connaissais tout. L’amour ce n’était pas pour moi, j’étais trop lucide, je connaissais ça. Ça ne marchait pas avec moi. J’avais aimé, j’avais été aimée, je connaissais l’amour, et je connaissais la haine aussi, je connaissais le revers. Quand je suis arrivée à Paris je me suis rendu compte que c’était encore pire que ce que je pensais. C’était pire qu’en province, il n’y avait aucun élan, je n’en voyais pas. Toutes les situations étaient archi répertoriées. Et on vivait en ghetto. Mais comme je n’avais pas d’autre solution, je me suis mise à chercher un appartement, avec l’espoir, mince, très mince, qu’il y avait encore quelque chose à faire, et que, en vivant à Paris je Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Pourquoi le Brésil ?
Editeur
Format
Grand Format
Publication
21 août 2002
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
221
Taille
21.5 x 13.5 x 2.8 cm
Poids
325
ISBN-13
9782234055216

Auteur

Livré entre : 9 juin - 12 juin
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