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Le chant de Manhattan

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation Pour sa 8e édition, le Printemps des poètes fera entendre le "chant des villes" dans une vaste polyphonie où se croiseront l'ici et l'ailleurs, le passé et le présent. Pour la quatrième année consécutive, les Éditions Seghers sont un partenaire privilégié du Printemps des poètes, qui se tiendra du 4 au 12 mars 2006, en publiant pour l'occasion un recueil inédit :Le Chant de Manhattande Jeanine Baude. Invitation au voyage dans une ville où tout est contrastes, mouvements, promiscuité de chair humaine dans un désert d'acier et de verre, les courts textes en prose de Jeanine Baude restituent à merveille le mouvement des vagues, de la rue, des ponts, du fleuve, du jazz, des corps qui se frôlent, de la vapeur qui s'échappe des trottoirs, de l'immigrant qui arrive et de celui qui part. Celui du vent, enfin, qui "se glisse entre les tours avec fracas"... CeChant de Manhattan, postérieur au 11 Septembre, est aussi celui de l'histoire qui laisse entendre sa longue plainte et ses espoirs dans un dédale de rues où se côtoient tous les peuples du monde. Par son évocation du métissage, Jeanine Baude lit l'Histoire en marche dans le creuset d'une ville : celle de l'Indien qui prêta sa terre pour ne jamais la retrouver, celle des Noirs comme Langston Hughes dont la vie ne fut pas un " escalier de verre ", celle des êtres qui ont orchestré un délire de pierres, de verre, de métal, de briques et de feu, les bras tendus vers le ciel. Ce chant est enfin celui d'une passante des lointains : à New York le tournoiement est si fort qu'il semble n'y avoir aucune place pour le couple. Dans cette arche fabuleuse qu'est New York, chaque être semble avoir été embarqué seul, comme l'est tout poète devant l'architecture du texte. Cet ouvrage est publié avec le soutien du Fonds d'Action Sacem. ,Note biographique Poète et critique, née en 1946, Jeanine Baude a effectué des études de lettres, avant de devenir DRH dans une entreprise privée pendant plus de vingt ans. Aujourd'hui installée à Paris, elle se consacre à son œuvre littéraire qui compte plus d'une vingtaine d'ouvrages – recueils poétiques, proses, livres d'artistes – parmi lesquelsOuessanes(Sud, 1989),C'était un paysage(Rougerie, prix Antonin-Artaud 1993),Île Corps Océan(L'Arbre à Paroles / Écrits des Forges, 2001),Venise Venezia Venessia(Éditions du Laquet, 2001). Les Éditions du Laquet (rebaptisées " Tertium éditions ") se préparent à publier un de ses ouvrages intituléNew York is New York. ,Sommaire Ça s'étire : les longues jambes jusqu'à l'océan, les bras vers le ciel. Un corps, une ville, une étrange composition totalement imaginée par l'homme blanc. Le Peau-Rouge lui vendit pour vingt-quatre dollars cette boue, ces collines, ce fleuve. Étrange transaction si l'on sait que pour un Indien la terre ne nous appartient pas. Seulement prêtée le temps d'une vie et ainsi de génération en génération. L'homme noir, ce fut une autre histoire. Le vent se glisse entre les tours, avec fracas. Il raconte :New York is black, New York is red, New York is yellow. * À droite, à l'ouest, le fleuve ; à gauche, à l'est, le fleuve ; au sud, tout en bas, l'océan ; au nord, la fin et le début des terres, un continent vierge de désirs, des trains, des routes, au 330 Mickle Street, Camden, les ghettos, une cabane de feuilles, d'herbe et la pluie lancinante sur la voix. Campbell et Warhol, le chêne vert de Louisiane, Paumanok, Manhatta, les élégies sur le sable, les cantiques, les galets, une constellation de trompettes fermant le son, les portes, les voies, les points de fuite, la rosée, la Nativité que je contemple assise sur les dalles. Obsédante nudité, latence, écho, les barques au large, les filets, la marée, les grappes, le lin, les attelages et lanuit conduisent à Brooklyn. * Dans les tunnels s'engouffrent les rails, sous la ville, la ville. Les piliers se dressent foisonnants. Diamant qui se renverse, complice suit les gestes quotidiens, lianes et racines touffues s'enchevêtrent aux courroies d'acier, aux vérins, aux mains qui se caressent. Le temple et les autels, les femmes s'asseyant leurs yeux bridés levés vers d'autres nuits. Les travailleurs ankylosés, le shit, une rame qui roule. Dieu est mort. Le manque et l'iris, les genoux qui se cognent. Les vitamines, les tranquillisants dans les poches, l'enveloppe de chair qui éructe sur les gravats, les immondices, les tags, la plainte d'un saxo. La foule se presse, regarde les horloges. L'express et le local suivent leur course, la rivière, les courbes, les collines, la puanteur. Les faïences, les mosaïques de Cortland Street, les coulures, Ravenne et Bursa, la mosquée verte, les tapis de prière, la septième année, le septième jour, le sabbat, une respiration qui se retient. L'enfant, ses yeux rieurs, sa peau, la couleur et la peur, la gangrène, la galère assis côte à côte et devisant. Sur les poumons qui s'étiolent, la brûlure des talons, la tempête sans bornes, l'argument d'une journée que l'on doit accomplir. Les signaux rassurent, immergent leurs faisceaux, cèdent à l'homme sa part de jeûne, aimantent ce qui reste de lumière dans les chairs, les vaisseaux. *Et tu promènes ta lenteur, ce poids de lumière, le corps sur l'acier luisant, le 42e parallèle, la fureur. L'océan divise et tranche. Ni le deuil, ni la perte ne seront convoqués. St Mark's Chapel, le Bowery, le miel venu des ruches, la voix sonore d'un pêcheur qui tire ses filets près des tombes. D'un trait jusqu'à Brooklyn sans faillir, à l'usure, poitrine dégagée, entre les filins, les planches qui grincent, un lent déroulement de vapeurs, la succession des lignes, les pyramides, les dunes qui chantent, l'albatros et le mât. Tu as croisé les manants, les dentellières, les amants, un vélocipède et des milliers de tonnes de ferraille, la rumeur s'amplifiant, celle des lampes, d'une salle de bal avec orchestre. Afficher moinsAfficher plus

Le chant de Manhattan

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Présentation Pour sa 8e édition, le Printemps des poètes fera entendre le "chant des villes" dans une vaste polyphonie où se croiseront l'ici et l'ailleurs, le passé et le présent. Pour la quatrième année consécutive, les Éditions Seghers sont un partenaire privilégié du Printemps des poètes, qui se tiendra du 4 au 12 mars 2006, en publiant pour l'occasion un recueil inédit :Le Chant de Manhattande Jeanine Baude. Invitation au voyage dans une ville où tout est contrastes, mouvements, promiscuité de chair humaine dans un désert d'acier et de verre, les courts textes en prose de Jeanine Baude restituent à merveille le mouvement des vagues, de la rue, des ponts, du fleuve, du jazz, des corps qui se frôlent, de la vapeur qui s'échappe des trottoirs, de l'immigrant qui arrive et de celui qui part. Celui du vent, enfin, qui "se glisse entre les tours avec fracas"... CeChant de Manhattan, postérieur au 11 Septembre, est aussi celui de l'histoire qui laisse entendre sa longue plainte et ses espoirs dans un dédale de rues où se côtoient tous les peuples du monde. Par son évocation du métissage, Jeanine Baude lit l'Histoire en marche dans le creuset d'une ville : celle de l'Indien qui prêta sa terre pour ne jamais la retrouver, celle des Noirs comme Langston Hughes dont la vie ne fut pas un " escalier de verre ", celle des êtres qui ont orchestré un délire de pierres, de verre, de métal, de briques et de feu, les bras tendus vers le ciel. Ce chant est enfin celui d'une passante des lointains : à New York le tournoiement est si fort qu'il semble n'y avoir aucune place pour le couple. Dans cette arche fabuleuse qu'est New York, chaque être semble avoir été embarqué seul, comme l'est tout poète devant l'architecture du texte. Cet ouvrage est publié avec le soutien du Fonds d'Action Sacem. ,Note biographique Poète et critique, née en 1946, Jeanine Baude a effectué des études de lettres, avant de devenir DRH dans une entreprise privée pendant plus de vingt ans. Aujourd'hui installée à Paris, elle se consacre à son œuvre littéraire qui compte plus d'une vingtaine d'ouvrages – recueils poétiques, proses, livres d'artistes – parmi lesquelsOuessanes(Sud, 1989),C'était un paysage(Rougerie, prix Antonin-Artaud 1993),Île Corps Océan(L'Arbre à Paroles / Écrits des Forges, 2001),Venise Venezia Venessia(Éditions du Laquet, 2001). Les Éditions du Laquet (rebaptisées " Tertium éditions ") se préparent à publier un de ses ouvrages intituléNew York is New York. ,Sommaire Ça s'étire : les longues jambes jusqu'à l'océan, les bras vers le ciel. Un corps, une ville, une étrange composition totalement imaginée par l'homme blanc. Le Peau-Rouge lui vendit pour vingt-quatre dollars cette boue, ces collines, ce fleuve. Étrange transaction si l'on sait que pour un Indien la terre ne nous appartient pas. Seulement prêtée le temps d'une vie et ainsi de génération en génération. L'homme noir, ce fut une autre histoire. Le vent se glisse entre les tours, avec fracas. Il raconte :New York is black, New York is red, New York is yellow. * À droite, à l'ouest, le fleuve ; à gauche, à l'est, le fleuve ; au sud, tout en bas, l'océan ; au nord, la fin et le début des terres, un continent vierge de désirs, des trains, des routes, au 330 Mickle Street, Camden, les ghettos, une cabane de feuilles, d'herbe et la pluie lancinante sur la voix. Campbell et Warhol, le chêne vert de Louisiane, Paumanok, Manhatta, les élégies sur le sable, les cantiques, les galets, une constellation de trompettes fermant le son, les portes, les voies, les points de fuite, la rosée, la Nativité que je contemple assise sur les dalles. Obsédante nudité, latence, écho, les barques au large, les filets, la marée, les grappes, le lin, les attelages et lanuit conduisent à Brooklyn. * Dans les tunnels s'engouffrent les rails, sous la ville, la ville. Les piliers se dressent foisonnants. Diamant qui se renverse, complice suit les gestes quotidiens, lianes et racines touffues s'enchevêtrent aux courroies d'acier, aux vérins, aux mains qui se caressent. Le temple et les autels, les femmes s'asseyant leurs yeux bridés levés vers d'autres nuits. Les travailleurs ankylosés, le shit, une rame qui roule. Dieu est mort. Le manque et l'iris, les genoux qui se cognent. Les vitamines, les tranquillisants dans les poches, l'enveloppe de chair qui éructe sur les gravats, les immondices, les tags, la plainte d'un saxo. La foule se presse, regarde les horloges. L'express et le local suivent leur course, la rivière, les courbes, les collines, la puanteur. Les faïences, les mosaïques de Cortland Street, les coulures, Ravenne et Bursa, la mosquée verte, les tapis de prière, la septième année, le septième jour, le sabbat, une respiration qui se retient. L'enfant, ses yeux rieurs, sa peau, la couleur et la peur, la gangrène, la galère assis côte à côte et devisant. Sur les poumons qui s'étiolent, la brûlure des talons, la tempête sans bornes, l'argument d'une journée que l'on doit accomplir. Les signaux rassurent, immergent leurs faisceaux, cèdent à l'homme sa part de jeûne, aimantent ce qui reste de lumière dans les chairs, les vaisseaux. *Et tu promènes ta lenteur, ce poids de lumière, le corps sur l'acier luisant, le 42e parallèle, la fureur. L'océan divise et tranche. Ni le deuil, ni la perte ne seront convoqués. St Mark's Chapel, le Bowery, le miel venu des ruches, la voix sonore d'un pêcheur qui tire ses filets près des tombes. D'un trait jusqu'à Brooklyn sans faillir, à l'usure, poitrine dégagée, entre les filins, les planches qui grincent, un lent déroulement de vapeurs, la succession des lignes, les pyramides, les dunes qui chantent, l'albatros et le mât. Tu as croisé les manants, les dentellières, les amants, un vélocipède et des milliers de tonnes de ferraille, la rumeur s'amplifiant, celle des lampes, d'une salle de bal avec orchestre. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Le chant de Manhattan: suivi de Piano Words précédé de l'avancée dans le texte
Format
Broché
Publication
16 février 2006
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
144
Taille
17.6 x 11.5 x 1.3 cm
Poids
127
ISBN-13
9782232122842
Livré entre : 26 juillet - 29 juillet
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