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La dévastation: Qu'avons-nous fait en Afghanistan ?

1.0

(1)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Désastre sanitaire, accès aux soins, corruption : le réquisitoire sans concession d'un médecin franco-afghan. La France a sonné l'heure du retrait d'Afghanistan, devançant Le dispositif de l'Otan prévu en 2014. Dans quel état laissons-nous ce pays et ses habitants ? Où en est le rêve d'instaurer la stabilité, la paix et la démocratie ? La guerre, comme une tempête, l'a emporté. Aujourd'hui, après plus de onze années d'occupation, l'Afghanistan est en tête des pays les plus corrompus et les plus pauvres. L'insécurité est à son comble et le pays toujours aux mains des seigneurs de guerre et des narcotrafiquants. Le point de vue singulier, révolté, d'un médecin travaillant en grande proximité avec la population éclaire cette analyse des responsabilités de l'Occident et du pouvoir afghan dans ce désastre. Premières victimes : les populations civiles. Ahmad Ashraf, neurochirurgien franco-afghan, travaille au CHU de Grenoble, mais n'a jamais vraiment quitté l'Afghanistan où il se rend plusieurs fois par an en mission humanitaire. Il est aussi l'auteur de Nos www.editions-bayard.com luttes cachent des sanglots (Bayard) publié en 2011. Extrait Extrait du prologue Zobair, un garçon d'Afghanistan Le printemps arrive, il commence à faire doux. Bientôt la montagne fière cachera le soleil. Assis près de sa maison, Zobair discute avec quatre de ses cousins. Il a 14 ans, les autres 16 et 18. De quoi parlent-ils ? On ne le sait pas. Ici, à Tagab, les gens vivent sous les feux réguliers des insurgés et de l'armée française stationnée tout près. Il y a quelques semaines seulement, un raid aérien de l'Otan a pris sept jeunes du village qui rassemblaient leurs moutons pour des insurgés et les a tués. Aussi, lorsqu'il aperçoit dans le ciel deux hélicoptères se diriger vers eux, Zobair sent dévaler sur lui les vagues de l'angoisse. Ces engins font depuis longtemps partie de son quotidien, mais quelque chose dans la façon dont ceux-ci planent à basse altitude les rend particulièrement menaçants. Zobair bondit sur ses pieds et dit à ses cousins qu'il faut s'éloigner. Eux répondent en riant qu'il n'y a rien à craindre. Zobair se lève malgré tout et s'en va. Combien de pas a-t-il fait lorsqu'il entend l'explosion et s'écroule ? Il l'ignore. Il ne sait pas davantage quel type d'arme a été utilisé depuis l'hélicoptère. D'après les dommages causés, il s'agirait d'un missile Hellfire. Deux de ses cousins ont été tués sur le coup. Zobair a été projeté dans un fossé d'irrigation. Les villageois font aussitôt transporter les survivants à la base militaire française de Tagab, où un autre des cousins de Zobair meurt bientôt. L'armée française dira à une journaliste du New York Times venue enquêter : «Ce jour-là, après avoir vérifié qu'il n'y avait pas de civils dans la région, un hélicoptère a tiré sur un groupe de cinq insurgés qui présentaient des intentions hostiles.» Avant de perdre conscience, Zobair se souvient d'un étranger lui faisant une piqûre. Il se réveille ensuite «dans une salle blanche avec des murs blancs». Personne ne veut lui dire où il a été transporté. Nasir, l'oncle de Zobair qui l'a emmené à la base de Tagab, est rentré chez lui sans que quiconque l'ait informé du sort de son neveu. Cependant, ici, tout le monde sait que les «pertes» de Kapisa sont la plupart du temps transportées par avion à Bagram. L'oncle Nasir se rend donc à la base américaine sans tarder. Là, on lui répond : «Oui, il est ici.» Et le lendemain, lorsqu'il demande à le voir : «Non, il n'est pas là.» Zobair appelle une fois sa famille au téléphone et dit : «Je suis dans un hôpital, mais je ne sais pas où. Je n'ai pas le droit de le dire.» Vingt-trois jours plus tard, Nasir reçoit un appel d'un interprète de Bagram lui demandant de venir chercher son neveu. Il retrouve le jeune garçon amputé des deux jambes, le torse enserré dans des bandages, les bras et les mains couverts de blessures. Sur le tarmac de l'aéroport, avant de mon Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Désastre sanitaire, accès aux soins, corruption : le réquisitoire sans concession d'un médecin franco-afghan. La France a sonné l'heure du retrait d'Afghanistan, devançant Le dispositif de l'Otan prévu en 2014. Dans quel état laissons-nous ce pays et ses habitants ? Où en est le rêve d'instaurer la stabilité, la paix et la démocratie ? La guerre, comme une tempête, l'a emporté. Aujourd'hui, après plus de onze années d'occupation, l'Afghanistan est en tête des pays les plus corrompus et les plus pauvres. L'insécurité est à son comble et le pays toujours aux mains des seigneurs de guerre et des narcotrafiquants. Le point de vue singulier, révolté, d'un médecin travaillant en grande proximité avec la population éclaire cette analyse des responsabilités de l'Occident et du pouvoir afghan dans ce désastre. Premières victimes : les populations civiles. Ahmad Ashraf, neurochirurgien franco-afghan, travaille au CHU de Grenoble, mais n'a jamais vraiment quitté l'Afghanistan où il se rend plusieurs fois par an en mission humanitaire. Il est aussi l'auteur de Nos www.editions-bayard.com luttes cachent des sanglots (Bayard) publié en 2011. Extrait Extrait du prologue Zobair, un garçon d'Afghanistan Le printemps arrive, il commence à faire doux. Bientôt la montagne fière cachera le soleil. Assis près de sa maison, Zobair discute avec quatre de ses cousins. Il a 14 ans, les autres 16 et 18. De quoi parlent-ils ? On ne le sait pas. Ici, à Tagab, les gens vivent sous les feux réguliers des insurgés et de l'armée française stationnée tout près. Il y a quelques semaines seulement, un raid aérien de l'Otan a pris sept jeunes du village qui rassemblaient leurs moutons pour des insurgés et les a tués. Aussi, lorsqu'il aperçoit dans le ciel deux hélicoptères se diriger vers eux, Zobair sent dévaler sur lui les vagues de l'angoisse. Ces engins font depuis longtemps partie de son quotidien, mais quelque chose dans la façon dont ceux-ci planent à basse altitude les rend particulièrement menaçants. Zobair bondit sur ses pieds et dit à ses cousins qu'il faut s'éloigner. Eux répondent en riant qu'il n'y a rien à craindre. Zobair se lève malgré tout et s'en va. Combien de pas a-t-il fait lorsqu'il entend l'explosion et s'écroule ? Il l'ignore. Il ne sait pas davantage quel type d'arme a été utilisé depuis l'hélicoptère. D'après les dommages causés, il s'agirait d'un missile Hellfire. Deux de ses cousins ont été tués sur le coup. Zobair a été projeté dans un fossé d'irrigation. Les villageois font aussitôt transporter les survivants à la base militaire française de Tagab, où un autre des cousins de Zobair meurt bientôt. L'armée française dira à une journaliste du New York Times venue enquêter : «Ce jour-là, après avoir vérifié qu'il n'y avait pas de civils dans la région, un hélicoptère a tiré sur un groupe de cinq insurgés qui présentaient des intentions hostiles.» Avant de perdre conscience, Zobair se souvient d'un étranger lui faisant une piqûre. Il se réveille ensuite «dans une salle blanche avec des murs blancs». Personne ne veut lui dire où il a été transporté. Nasir, l'oncle de Zobair qui l'a emmené à la base de Tagab, est rentré chez lui sans que quiconque l'ait informé du sort de son neveu. Cependant, ici, tout le monde sait que les «pertes» de Kapisa sont la plupart du temps transportées par avion à Bagram. L'oncle Nasir se rend donc à la base américaine sans tarder. Là, on lui répond : «Oui, il est ici.» Et le lendemain, lorsqu'il demande à le voir : «Non, il n'est pas là.» Zobair appelle une fois sa famille au téléphone et dit : «Je suis dans un hôpital, mais je ne sais pas où. Je n'ai pas le droit de le dire.» Vingt-trois jours plus tard, Nasir reçoit un appel d'un interprète de Bagram lui demandant de venir chercher son neveu. Il retrouve le jeune garçon amputé des deux jambes, le torse enserré dans des bandages, les bras et les mains couverts de blessures. Sur le tarmac de l'aéroport, avant de mon Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
La dévastation: Qu'avons-nous fait en Afghanistan ?
Editeur
Format
Broché
Publication
27 septembre 2012
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
250
Taille
19.2 x 14.6 x 2.2 cm
Poids
302
ISBN-13
9782227485143
Livré entre : 24 juillet - 27 juillet
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