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Les Houwelandt

1.0

(2)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur « Il ne haïssait pas son père. Il détestait seulement être son fils. » « Les préparatifs d'une fête de famille aussi menaçants qu'un orage qui couve et aussi palpitants qu'un polar... Avec un talent magistral et glaçant, von Düffel compose peu à peu le portrait d'un monstre en dépeignant ses victimes. » Die Welt « Un roman aussi clair, mystérieux, vivifiant et insondable que l'élément dont il traite dans une large mesure - l'eau. » Tagesspiegel Extrait JORGE. L'île devant lui avait la couleur du grès que l'on extrayait ici. Dans son dos, l'arrière-pays lâchait ses collines vers la lumière. C'était un troupeau ondulant qui fuyait, rampait devant le soleil levant, maigres buissons, terrasses courbes, jardins de pierraille. Sur les traces du crépuscule, des ombres erraient au-dessus du pays comme de sombres nuages. Mais en été le matin était court, et dès que le soleil serait à la verticale, plus rien ne bougerait. Jorge de Houwelandt pataugea jusqu'aux hanches dans les vagues du rivage, prit de l'eau dans le creux de sa main et s'en frotta le visage. La mer avait un goût de sommeil. Sans ouvrir les yeux, il appuya le menton sur sa poitrine, tendit les bras et plongea. En retenant son souffle, il nagea quelques brasses sous l'eau, les oreilles pleines du roulement des galets et des pierres dans la douce houle. Il savait que sur la plage, Esther le regardait, qu'elle scrutait la surface gris d'ardoise pour apercevoir la tête de son mari. Elle attendait de le voir émerger à nouveau entre les vagues qui, à cette heure matinale, ne se brisaient pas encore, mais glissaient le long de la côte comme des animaux sous un tissu. Il n'avait pas besoin de respirer. Il ne ressentait pas le manque d'air. Ce qu'il lui fallait, c'était la mer. Il pouvait encore décommander la fête. Il était le chef de famille. S'il ne le voulait pas, il n'y aurait pas d'anniversaire, ils resteraient tous où ils étaient. Lui, Jorge, il n'avait pas besoin de fête. La petite baie projetait une lisière d'ombre sur la mer qui s'éveillait peu à peu. Sur l'île seule, il y avait déjà de la lumière. Elle butait contre les falaises et prêtait au grès, pour quelques instants, la couleur de la terre cuite. Jorge glissait en apesanteur dans la fraîcheur souple et enveloppante du monde liquide et regardait sous lui les coquillages et les pierres arrondies par l'eau. Encore une, deux brasses, et il atteignait les champs de zostères et de varech mort. Ensuite, tout n'était plus que profondeur et bleu s'ombrageant lui-même. Jorge ne pensait pas à émerger. Revue de presse En être réduit, dès l'enfance, à faire de sa souffrance de vivre sa seule compagne, de sa solitude sa seule amie ; apprivoiser, alors, et chaque jour davantage sa douleur, au risque de la sanctifier... Tel fut le parcours de Jorge, austère patriarche de ces Houwelandt, dont le romancier allemand John von Düffel, 40 ans, évoque entre ellipses et non-dits trois générations. Qui se croisent et s'entre-croisent en une écriture chorale, découpée en courtes variations pour quatre personnages. Comme au concert, comme au théâtre... l'incapacité d'aimer est le nerf - à vif - du deuxième, vibrant d'une terrifiante violence intérieure... (Fabienne Pascaud - Télérama du 2 septembre 2006 ) Précipité instable. Ils sont quatre, Jorge, Esther, Thomas et Christian, sur trois générations, qui vont à tour de rôle tenter de trouver le point d'équilibre où ils pourront accepter de se fixer, celui où la vie sera enfin supportable, peut-être même enfin heureuse. A un mois de l'anniversaire de l'aïeul, Jorge, la préparation de la fête de ses 80 ans ravive frustrations, rancoeurs et malentendus au sein d'une famille où les lignes de fuite n'offrent aucune issue... D'une écriture aussi sûre que poétique (l'évocation de la nature ibérique est magistrale de force et d'intensité), ce roman qui sait ne rien céder au catastrophisme annoncé est d'une maîtrise remarquable. D'une subtilit Afficher moinsAfficher plus

Les Houwelandt

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Le Pitch

Présentation de l'éditeur « Il ne haïssait pas son père. Il détestait seulement être son fils. » « Les préparatifs d'une fête de famille aussi menaçants qu'un orage qui couve et aussi palpitants qu'un polar... Avec un talent magistral et glaçant, von Düffel compose peu à peu le portrait d'un monstre en dépeignant ses victimes. » Die Welt « Un roman aussi clair, mystérieux, vivifiant et insondable que l'élément dont il traite dans une large mesure - l'eau. » Tagesspiegel Extrait JORGE. L'île devant lui avait la couleur du grès que l'on extrayait ici. Dans son dos, l'arrière-pays lâchait ses collines vers la lumière. C'était un troupeau ondulant qui fuyait, rampait devant le soleil levant, maigres buissons, terrasses courbes, jardins de pierraille. Sur les traces du crépuscule, des ombres erraient au-dessus du pays comme de sombres nuages. Mais en été le matin était court, et dès que le soleil serait à la verticale, plus rien ne bougerait. Jorge de Houwelandt pataugea jusqu'aux hanches dans les vagues du rivage, prit de l'eau dans le creux de sa main et s'en frotta le visage. La mer avait un goût de sommeil. Sans ouvrir les yeux, il appuya le menton sur sa poitrine, tendit les bras et plongea. En retenant son souffle, il nagea quelques brasses sous l'eau, les oreilles pleines du roulement des galets et des pierres dans la douce houle. Il savait que sur la plage, Esther le regardait, qu'elle scrutait la surface gris d'ardoise pour apercevoir la tête de son mari. Elle attendait de le voir émerger à nouveau entre les vagues qui, à cette heure matinale, ne se brisaient pas encore, mais glissaient le long de la côte comme des animaux sous un tissu. Il n'avait pas besoin de respirer. Il ne ressentait pas le manque d'air. Ce qu'il lui fallait, c'était la mer. Il pouvait encore décommander la fête. Il était le chef de famille. S'il ne le voulait pas, il n'y aurait pas d'anniversaire, ils resteraient tous où ils étaient. Lui, Jorge, il n'avait pas besoin de fête. La petite baie projetait une lisière d'ombre sur la mer qui s'éveillait peu à peu. Sur l'île seule, il y avait déjà de la lumière. Elle butait contre les falaises et prêtait au grès, pour quelques instants, la couleur de la terre cuite. Jorge glissait en apesanteur dans la fraîcheur souple et enveloppante du monde liquide et regardait sous lui les coquillages et les pierres arrondies par l'eau. Encore une, deux brasses, et il atteignait les champs de zostères et de varech mort. Ensuite, tout n'était plus que profondeur et bleu s'ombrageant lui-même. Jorge ne pensait pas à émerger. Revue de presse En être réduit, dès l'enfance, à faire de sa souffrance de vivre sa seule compagne, de sa solitude sa seule amie ; apprivoiser, alors, et chaque jour davantage sa douleur, au risque de la sanctifier... Tel fut le parcours de Jorge, austère patriarche de ces Houwelandt, dont le romancier allemand John von Düffel, 40 ans, évoque entre ellipses et non-dits trois générations. Qui se croisent et s'entre-croisent en une écriture chorale, découpée en courtes variations pour quatre personnages. Comme au concert, comme au théâtre... l'incapacité d'aimer est le nerf - à vif - du deuxième, vibrant d'une terrifiante violence intérieure... (Fabienne Pascaud - Télérama du 2 septembre 2006 ) Précipité instable. Ils sont quatre, Jorge, Esther, Thomas et Christian, sur trois générations, qui vont à tour de rôle tenter de trouver le point d'équilibre où ils pourront accepter de se fixer, celui où la vie sera enfin supportable, peut-être même enfin heureuse. A un mois de l'anniversaire de l'aïeul, Jorge, la préparation de la fête de ses 80 ans ravive frustrations, rancoeurs et malentendus au sein d'une famille où les lignes de fuite n'offrent aucune issue... D'une écriture aussi sûre que poétique (l'évocation de la nature ibérique est magistrale de force et d'intensité), ce roman qui sait ne rien céder au catastrophisme annoncé est d'une maîtrise remarquable. D'une subtilit Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Les Houwelandt
Editeur
Format
Grand Format
Publication
23 août 2006
Traduction
Casanova, Nicole
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
352
Taille
22.5 x 14.5 x 2.8 cm
Poids
495
ISBN-13
9782226173393
Livré entre : 25 juillet - 28 juillet
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