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Affreux, lâches et méchants

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Sommaire Extrait n°1 " S'engager.Aux oreilles de nombreux hommes, le mot " engagement " résonne avec le son sourd et mat de chaînes invisibles se resserrant autour de leurs chevilles. Une sorte d'asservissement qui, subitement, l'installerait entre les figures d'Edmond Dantès, purgeant une peine injuste sur la paille humide du château d'If, et de Jean Valjean, condamné aux fers... Seule, une lumière rare, filtrant d'une vague lucarne, leur rappelle que la liberté continue d'exister quelque part, dans un ailleurs (célibataire) inaccessible. Mais d'où surgit un tel effroi ? Déjà, l'explication du Larousse offre un semblant d'explication. "Engager : lier, attacher quelqu'un par une promesse, une obligation. (...) S'efforcer d'amener quelqu'un à ; exhorter, inciter ", y lit-on au hasard. Gaie comme un meeting de Philippe de Villiers, primesautier comme une interview d'Arlette Chabot, la définition permet, en tout cas, de mieux saisir l'évitement systématique de certains d'entre eux. Mon Dieu, l'homme serait-il lâche !!? Répit Longtemps, pourtant, l'homme a connu le répit. Et il faudra des décennies de civilisation judéo-chrétienne, le choc culturel du xviiie siècle – qui voit l'irruption, la montée en puissance d'un certain pouvoir féminin au travers des salons mondains – pour que les unions arrangées cèdent la place aux mariages d'amour... et que la notion d'engagement prenne une signification. Mais l'évolution ethnologique ne s'est pas effectuée sans mal et a connu de nombreux soubresauts, laissant autant de stigmates douloureux dans l'inconscient collectif masculin. Ainsi, de la période dite du " mariage bourgeois ". Doux euphémisme pour qualifier ce qui n'était ni plus ni qu'une manière de safari mondain, où le jeune homme " ayant des espérances " était la proie toute désignée, et la jeune vierge le chasseur obstiné. Déjà, le désir féminin s'épanouissait dans toute sa férocité et foutait la même trouille aux hommes, même si contrairement à aujourd'hui, il ne visait pas à les métamorphoser en gibier charnel mais ne ciblait que leur compte en banque et leur héritage putatif. La règle du jeu ? Simplissime : chasser de nuit (c'est-à-dire dans les dîners et bals, plus tard les rallyes), placer quelques appâts en évidence (sans commentaire), repérer la proie puis la compromettre pour mieux la ferrer. Le tout dans le respect des usages, c'est-à-dire dans un environnement suffisamment sophistiqué pour occulter la crudité du rabattage. Sur le chapitre, les écrivains classiques, sans doute traumatisés à titre personnel, se révèlent intarissables. AvecPot-Bouille, Zola dresse ainsi un descriptif au vitriol de cette version matrimoniale desChasses du comte Zaroff: un nigaud s'y fait piéger et conduire dare-dare à l'autel pour un baiser donné imprudemment à une peste félonne. DansLes Femmes, paru en 1860, Alphonse Karr assène, quant à lui, une analyse ethnologique imparable :" Autrefois, le mariage n'était une affaire que pour les femmes – c'était même l'unique affaire des femmes, affaire qui les dispensait d'en faire jamais d'autres. Les hommes alors ne faisaient toutes les autres affaires que pour devenir eux-mêmes une bonne affaire pour les femmes. " Hippogriffe Mieux, avecLes Jeunes Filles(1936), concentré féroce de misogynie, le héros d'Henry de Montherlant, Costals, donne à un nom à la bête immonde que représente le fantasme féminin du mariage :" Il avait nommé cette Chimère "l'Hippogriffe', et le mot était devenu familier à sa bouche, et à celle des demoiselles qui lui faisaient l'honneur d'avoir des vues sur lui. (...) Il passait son temps à lutter contre l'Hippogriffe de ses amies, à s'efforcer de tuer l'Hippogriffe, autrement dit à les convaincre qu'il ne les épouserait pour rien au monde. Mais en bon animal fabuleux, l'Hippogriffe terrassé n'avait pas plus tôt rendu le dernier soupir, qu'il renaissait plus fougueux que jamais. Rien n'est plus difficile que de persuader une jeune fille qu'on n'a aucundésir – mais aucun – de lui consacrer sa vie. " On peut imaginer sans effort que dans les circonvolutions de son cerveau primitif, l'homme ait conservé un douloureux souvenir de cette traque et de ces obsessions. Même si la neurobiologiste Catherine Vidal insiste sur le caractère " périmé " et, pour tout dire, " inexact " d'un quelconque cerveau primitif. Il n'empêche : le psychanalyste J.-D. Nasio n'hésite pas à l'affirmer :" L'homme lâche par essence, tarde à s'engager, évalue les risques, hésite et recule devant l'acte. "Il ajoute même sans rire : "Une fois qu'elle décide de s'engager, la femme fait preuve de courage et d'une inébranlable détermination. " Pourtant, au mépris de tout bon sens, le mariage d'amour a fini par s'imposer. Le journaliste Éric Zemmour ne s'en est d'ailleurs toujours pas remis. DansLe Premier Sexe(Denoël), livre succulent car d'un comique le plus souvent involontaire, il éructe : "Le mariage d'amour. Un oxymore !" et geint : "Au-delà de la prostitution, c'est la conception d'un désir masculin distinct de l'amour qui est visé.L'homme ne doit plus être un prédateur sexuel. "Ce qui, soit dit en passant, revient à donner de grands noms à d'assez petites choses. Mais soyons honnêtes : parvenir à s'identifier à un "prédateur sexuel" puis l'écrire sans se tordre de rire, relève d'une forme d'exploit objectivement admirable. Extrait n° 2 " Si la durée de vie d'un couple est actuellement à peine supérieure à l'espérance de vie d'un poulet de grain, c'est en grande partie parce que l'homme et la femme lui assignent des objectifs contradictoires. Car le couple se veut à la fois "lieu de confort identitaire où le partenaire peut se reposer d'une société exigeante et agressive, et le terrain privilégié d'une démarche amoureuse, permettant à l'autre de se réaliser", décrypte le sociologue Jean-Claude Kaufmann dansPremiers matins. Pour faire court, c'est l'improbable rencontre entre la charentaise et le string. Jolanta Bak, publicitaire traqueuse de tendances et gestionnaire de marques, ajoute dans son dernier ouvrageLa Société mosaïque(Dunod) :" Le couple dont rêvent les hommes est plutôt traditionnel, et en décalage par rapport au couple synergique et complémentaire désiré par les femmes. (...) Profiter des bons moments, sans se prendre la tête : voilà, tout est dit. (...) Il subsiste chez de nombreux hommes, surtout parmi les plus âgés, comme une nostalgie. Celle d'une femme pas forcément plus soumise, mais plus "calme', plus conciliante qu'exigeante, plus maternante aussi. Le couple synergique dont rêvent les femmes, basé sur un échange actif et une solidarité de partenaires, se heurte à un imaginaire masculin plus "pantoufles', que l'on retrouve souvent, de façon non articulée, chez les hommes mûrs : un couple-cocon, où ils se sentent à l'abri, protégés et tranquilles. "Tandis que le psychanalyste Serge Hefez enfonce le clou :" Pour la femme, le couple est un but en soi, dans lequel elle investit énormément, affirme-t-il.Tandis que pour l'homme, il est plutôt le repos du guerrier, un refuge à partir duquel ilva partir à la conquête du monde. " Conquête du monde ! Le dessein est ambitieux, même si, dans la pratique, la première étape de ce périple glorieux prend la forme du lit de la nouvelle recrue du service " logistique ". Les femmes ont donc très souvent le sentiment que les hommes jouent les dilettantes du foyer. Au sens propre comme au figuré. Dans son ouvrageL'Injustice ménagère(Armand Colin), le sociologue François de Singly constate que "les femmes en font toujours plus que les hommes ! "Rien de très nouveau sous l'évier." Malgré le féminisme, malgré l'évolution des mentalités, le surinvestissement féminin dans les tâches ménagères semble quasi-immuable ", fait-il mine de s'étonner. Les femmes continuent à consacrer, en moyenne, quotidiennement presque deux fois plus de temps que leur conjoint à s'occuper des tâches domestiques : 4 h 33 contre 2 h 41 selon l'Insee. D'autres preuves accablantes ? De 1986 à 1999, les hommes ont accru leur participation aux tâches ménagères de six ridicules petites minutes. Quant aux femmes, ellesprennent encore en charge à 80 % les travaux les plus ingrats (vaisselle, linge, courses, aspirateur, soins aux enfants – étude Drees 2007). Errance identitaire Parmi les explications proposées à cette hallucinante persistance des inégalités – qui génère d'ailleurs les inégalités professionnelles – demeure, en tête de liste, le fait que" les hommes rechignent à assumer les tâches jugées trop féminines, non seulement par paresse, mais aussi pour éviter le risque d'une certaine féminisation de leur identité "(de Singly). Les psychanalystes nous l'assurent en effet, la presse féminine le répète en boucle, les sociologues le confirment par d'innombrables opuscules... plus que jamais, les hommes paniquent à l'idée de ressembler à une femme. Jack Lemmon dansCertains l'aiment chaud, John Travolta dansHairspray, non merci. Cet effroi ne connaît d'ailleurs pas de bornes : même la féminisation des mots les plonge dans une véritable terreur, comme s'il s'agissait là d'un avant-goût castrateur de ce qui les attend bientôt à la maison. DansLa Confusion des sexes, le psychanalyste et écrivain Michel Schneider n'hésite pas à user et abuser des métaphores guerrières, décryptant là les prémisses d'un goulag matriarcal à tendance régressive :" L'irrésistible féminisation des mots est en marche,écrit-il,et avec elle l'irrésistible maternisation de la société. Après l'État policier, militaire (sic), éducateur, industriel, assureur, et même organisateur de parades et producteur de télévision, l'État linguiste entre en scène. "Bigre ! " Au secours, pardon ! " a-t-on envie d'implorer (Frédéric Beigbeder nous pardonnera). Pourtant, comme c'est étrange, on croise peu de femmes étreintes par l'angoisse de se transformer en hommes. Et encore moins de ménagères de moins de cinquante ans tétanisées à l'idée de voir s'évaporer leur féminité en cas de privation du nettoyage ... Afficher moins Afficher plus

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Sommaire Extrait n°1 " S'engager.Aux oreilles de nombreux hommes, le mot " engagement " résonne avec le son sourd et mat de chaînes invisibles se resserrant autour de leurs chevilles. Une sorte d'asservissement qui, subitement, l'installerait entre les figures d'Edmond Dantès, purgeant une peine injuste sur la paille humide du château d'If, et de Jean Valjean, condamné aux fers... Seule, une lumière rare, filtrant d'une vague lucarne, leur rappelle que la liberté continue d'exister quelque part, dans un ailleurs (célibataire) inaccessible. Mais d'où surgit un tel effroi ? Déjà, l'explication du Larousse offre un semblant d'explication. "Engager : lier, attacher quelqu'un par une promesse, une obligation. (...) S'efforcer d'amener quelqu'un à ; exhorter, inciter ", y lit-on au hasard. Gaie comme un meeting de Philippe de Villiers, primesautier comme une interview d'Arlette Chabot, la définition permet, en tout cas, de mieux saisir l'évitement systématique de certains d'entre eux. Mon Dieu, l'homme serait-il lâche !!? Répit Longtemps, pourtant, l'homme a connu le répit. Et il faudra des décennies de civilisation judéo-chrétienne, le choc culturel du xviiie siècle – qui voit l'irruption, la montée en puissance d'un certain pouvoir féminin au travers des salons mondains – pour que les unions arrangées cèdent la place aux mariages d'amour... et que la notion d'engagement prenne une signification. Mais l'évolution ethnologique ne s'est pas effectuée sans mal et a connu de nombreux soubresauts, laissant autant de stigmates douloureux dans l'inconscient collectif masculin. Ainsi, de la période dite du " mariage bourgeois ". Doux euphémisme pour qualifier ce qui n'était ni plus ni qu'une manière de safari mondain, où le jeune homme " ayant des espérances " était la proie toute désignée, et la jeune vierge le chasseur obstiné. Déjà, le désir féminin s'épanouissait dans toute sa férocité et foutait la même trouille aux hommes, même si contrairement à aujourd'hui, il ne visait pas à les métamorphoser en gibier charnel mais ne ciblait que leur compte en banque et leur héritage putatif. La règle du jeu ? Simplissime : chasser de nuit (c'est-à-dire dans les dîners et bals, plus tard les rallyes), placer quelques appâts en évidence (sans commentaire), repérer la proie puis la compromettre pour mieux la ferrer. Le tout dans le respect des usages, c'est-à-dire dans un environnement suffisamment sophistiqué pour occulter la crudité du rabattage. Sur le chapitre, les écrivains classiques, sans doute traumatisés à titre personnel, se révèlent intarissables. AvecPot-Bouille, Zola dresse ainsi un descriptif au vitriol de cette version matrimoniale desChasses du comte Zaroff: un nigaud s'y fait piéger et conduire dare-dare à l'autel pour un baiser donné imprudemment à une peste félonne. DansLes Femmes, paru en 1860, Alphonse Karr assène, quant à lui, une analyse ethnologique imparable :" Autrefois, le mariage n'était une affaire que pour les femmes – c'était même l'unique affaire des femmes, affaire qui les dispensait d'en faire jamais d'autres. Les hommes alors ne faisaient toutes les autres affaires que pour devenir eux-mêmes une bonne affaire pour les femmes. " Hippogriffe Mieux, avecLes Jeunes Filles(1936), concentré féroce de misogynie, le héros d'Henry de Montherlant, Costals, donne à un nom à la bête immonde que représente le fantasme féminin du mariage :" Il avait nommé cette Chimère "l'Hippogriffe', et le mot était devenu familier à sa bouche, et à celle des demoiselles qui lui faisaient l'honneur d'avoir des vues sur lui. (...) Il passait son temps à lutter contre l'Hippogriffe de ses amies, à s'efforcer de tuer l'Hippogriffe, autrement dit à les convaincre qu'il ne les épouserait pour rien au monde. Mais en bon animal fabuleux, l'Hippogriffe terrassé n'avait pas plus tôt rendu le dernier soupir, qu'il renaissait plus fougueux que jamais. Rien n'est plus difficile que de persuader une jeune fille qu'on n'a aucundésir – mais aucun – de lui consacrer sa vie. " On peut imaginer sans effort que dans les circonvolutions de son cerveau primitif, l'homme ait conservé un douloureux souvenir de cette traque et de ces obsessions. Même si la neurobiologiste Catherine Vidal insiste sur le caractère " périmé " et, pour tout dire, " inexact " d'un quelconque cerveau primitif. Il n'empêche : le psychanalyste J.-D. Nasio n'hésite pas à l'affirmer :" L'homme lâche par essence, tarde à s'engager, évalue les risques, hésite et recule devant l'acte. "Il ajoute même sans rire : "Une fois qu'elle décide de s'engager, la femme fait preuve de courage et d'une inébranlable détermination. " Pourtant, au mépris de tout bon sens, le mariage d'amour a fini par s'imposer. Le journaliste Éric Zemmour ne s'en est d'ailleurs toujours pas remis. DansLe Premier Sexe(Denoël), livre succulent car d'un comique le plus souvent involontaire, il éructe : "Le mariage d'amour. Un oxymore !" et geint : "Au-delà de la prostitution, c'est la conception d'un désir masculin distinct de l'amour qui est visé.L'homme ne doit plus être un prédateur sexuel. "Ce qui, soit dit en passant, revient à donner de grands noms à d'assez petites choses. Mais soyons honnêtes : parvenir à s'identifier à un "prédateur sexuel" puis l'écrire sans se tordre de rire, relève d'une forme d'exploit objectivement admirable. Extrait n° 2 " Si la durée de vie d'un couple est actuellement à peine supérieure à l'espérance de vie d'un poulet de grain, c'est en grande partie parce que l'homme et la femme lui assignent des objectifs contradictoires. Car le couple se veut à la fois "lieu de confort identitaire où le partenaire peut se reposer d'une société exigeante et agressive, et le terrain privilégié d'une démarche amoureuse, permettant à l'autre de se réaliser", décrypte le sociologue Jean-Claude Kaufmann dansPremiers matins. Pour faire court, c'est l'improbable rencontre entre la charentaise et le string. Jolanta Bak, publicitaire traqueuse de tendances et gestionnaire de marques, ajoute dans son dernier ouvrageLa Société mosaïque(Dunod) :" Le couple dont rêvent les hommes est plutôt traditionnel, et en décalage par rapport au couple synergique et complémentaire désiré par les femmes. (...) Profiter des bons moments, sans se prendre la tête : voilà, tout est dit. (...) Il subsiste chez de nombreux hommes, surtout parmi les plus âgés, comme une nostalgie. Celle d'une femme pas forcément plus soumise, mais plus "calme', plus conciliante qu'exigeante, plus maternante aussi. Le couple synergique dont rêvent les femmes, basé sur un échange actif et une solidarité de partenaires, se heurte à un imaginaire masculin plus "pantoufles', que l'on retrouve souvent, de façon non articulée, chez les hommes mûrs : un couple-cocon, où ils se sentent à l'abri, protégés et tranquilles. "Tandis que le psychanalyste Serge Hefez enfonce le clou :" Pour la femme, le couple est un but en soi, dans lequel elle investit énormément, affirme-t-il.Tandis que pour l'homme, il est plutôt le repos du guerrier, un refuge à partir duquel ilva partir à la conquête du monde. " Conquête du monde ! Le dessein est ambitieux, même si, dans la pratique, la première étape de ce périple glorieux prend la forme du lit de la nouvelle recrue du service " logistique ". Les femmes ont donc très souvent le sentiment que les hommes jouent les dilettantes du foyer. Au sens propre comme au figuré. Dans son ouvrageL'Injustice ménagère(Armand Colin), le sociologue François de Singly constate que "les femmes en font toujours plus que les hommes ! "Rien de très nouveau sous l'évier." Malgré le féminisme, malgré l'évolution des mentalités, le surinvestissement féminin dans les tâches ménagères semble quasi-immuable ", fait-il mine de s'étonner. Les femmes continuent à consacrer, en moyenne, quotidiennement presque deux fois plus de temps que leur conjoint à s'occuper des tâches domestiques : 4 h 33 contre 2 h 41 selon l'Insee. D'autres preuves accablantes ? De 1986 à 1999, les hommes ont accru leur participation aux tâches ménagères de six ridicules petites minutes. Quant aux femmes, ellesprennent encore en charge à 80 % les travaux les plus ingrats (vaisselle, linge, courses, aspirateur, soins aux enfants – étude Drees 2007). Errance identitaire Parmi les explications proposées à cette hallucinante persistance des inégalités – qui génère d'ailleurs les inégalités professionnelles – demeure, en tête de liste, le fait que" les hommes rechignent à assumer les tâches jugées trop féminines, non seulement par paresse, mais aussi pour éviter le risque d'une certaine féminisation de leur identité "(de Singly). Les psychanalystes nous l'assurent en effet, la presse féminine le répète en boucle, les sociologues le confirment par d'innombrables opuscules... plus que jamais, les hommes paniquent à l'idée de ressembler à une femme. Jack Lemmon dansCertains l'aiment chaud, John Travolta dansHairspray, non merci. Cet effroi ne connaît d'ailleurs pas de bornes : même la féminisation des mots les plonge dans une véritable terreur, comme s'il s'agissait là d'un avant-goût castrateur de ce qui les attend bientôt à la maison. DansLa Confusion des sexes, le psychanalyste et écrivain Michel Schneider n'hésite pas à user et abuser des métaphores guerrières, décryptant là les prémisses d'un goulag matriarcal à tendance régressive :" L'irrésistible féminisation des mots est en marche,écrit-il,et avec elle l'irrésistible maternisation de la société. Après l'État policier, militaire (sic), éducateur, industriel, assureur, et même organisateur de parades et producteur de télévision, l'État linguiste entre en scène. "Bigre ! " Au secours, pardon ! " a-t-on envie d'implorer (Frédéric Beigbeder nous pardonnera). Pourtant, comme c'est étrange, on croise peu de femmes étreintes par l'angoisse de se transformer en hommes. Et encore moins de ménagères de moins de cinquante ans tétanisées à l'idée de voir s'évaporer leur féminité en cas de privation du nettoyage ... Afficher moins Afficher plus

Détails du livre

Titre complet
Affreux, lâches et méchants: Les hommes que vous aimez sont-ils toujours honnêtes, francs et courageux ?
Format
Broché
Auteur
Richebois, Véronique
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
198
Taille
21.6 x 13.8 x 1.7 cm
Poids
235
ISBN-13
9782221109991

Auteur

Livré entre : 25 octobre - 28 octobre
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