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Atlantique face nord première féminine à la rame

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Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Sommaire "Je t'en prie, Pilot, ne me laisse pas tomber, accroche-toi, j'ai besoin de toi, on n'est plus que tous les deux maintenant, il faut qu'on y arrive."Recroquevillée à l'arrière de mon minuscule habitacle, j'ai la tête qui cogne d'un coté et de l'autre. Pilot, abandonné à un océan en colère, est violemment roulé par les flots. Enseveli toutes les dix minutes par des vagues qui déferlent sur lui, il semble faire le gros dos et retenir son souffle.L'estomac à l'envers, malade jusqu'au plus profond de mon être, trempée, pleurant de douleur et de panique, je le supplie d'une voix rauque:"Emmène-moi loin d'ici, tire-moi de cette galère, je t'en prie, je n'en peux plus de ce bruit assourdissant. Pourquoi cela résonne-t-il ainsi? Pourquoi est-ce que l'océan s'acharne à taper aussi fort? Tu ne vas pas craquer, hein Pilot, tu tiens bon?"Une maudite migraine me bourdonne dans la tête, l'oxygène manque dans mon mètre cube d'espace de vie. J'ai l'impression d'avoir les tempes prises entre les monstrueuses mâchoires d'un étau. "Qu'est-ce que je fais là? Qu'est-ce que je fais toute seule enfermée dans cette cage humide à l'air suffocant?" Transie de froid, tremblante de peur, je me roule sur moi-même, je cherche à me rassurer, à me protéger des prochains coups. La tête appuyée contre mon duvet, ramassée en boule, je tente de me caler pour moins souffrir. Pilot tombe de la crête au creux des vagues en sursautant. Dans un sanglot, il lâche en tremblant: "Ça ne devait pas être comme ça, pas dès le début, je ne tiendrai jamais trois mois dans ces conditions."Il se vrille de plusbelle, ça grince de partout, la mer cogne et recogne contre la fine paroi, nous sommes devenus un jouet d'enfant, secoué dans tous les sens. Impossible de prévoir le prochain assaut. Cela fait maintenant cinq heures que cela dure et toujours impossible de respirer, une main sur le hublot pour laisser passer un filet d'air de temps à autre, le seau pour vomir tenu de l'autre côté, l'océan ne nous laisse pas une minute de répit. Une énorme déferlante arrive sur bâbord, Pilot se couche d'un seul coup, tout bascule, je n'ai pas le temps de m'agripper, ma tête vient heurter la bulle en plexiglas, le choc m'assomme à moitié, l'eau glacée rentre par le hublot, ça fuit de partout, ma veste de quart baigne dans ce jus mi-eau de mer mi-vomi. Pilot semble défaillir. Puis, en une seconde, c'est l'horreur, mon premier chavirage, tout se passe très vite. Je n'ai qu'une seule chose en tête: survivre. Je me précipite pour refermer le hublot à toute vitesse afin que l'eau ne s'engouffre pas, je ne veux pas couler. Pilot fait un tour sur lui-même. J'ai l'impression que c'est la fin du monde. Il fait si noir, je ferme les yeux, m'agrippe à une grosse poignée le long de ma couchette. On reste à l'envers quelques secondes interminables, une nouvelle vague et nous nous remettons d'aplomb, je retombe de l'autre côté, je crois que je me suis foulé le poignet. "Emmène-moi loin d'ici, Pilot, je t'en supplie, je n'en peux plus, je ne veux pas mourir-là, comme ça."Les larmes me submergent à nouveau. J'ai mal partout. Je ne peux pas croire à ce qui m'arrive. La cabine est pleine d'un mélange infect dans lequel trempent mes vêtements, et moi je suis là, abattue, tremblante, le côté droit du visage gonflé par le choc que je viens de recevoir, glacée, l'esprit vidé. L'impression horrible de n'être plus qu'une bête, qu'un animal souillé, qu'on vient de jeter dans sa cage après l'avoir forcé au combat. Anéantie, je me balance d'avant en arrière, comme pour me bercer, pour me calmer. J'ai une terrible envie de me blottir contre quelqu'un. J'aimerais tellement m'endormir, dormir, oublier tout ça et me réveiller ailleurs. Alors je fais comme si je n'étais pas toute seule, j'imagine une présence qui pourrait m'aider dans cette nuit sombre vers laquelle nous nous engouffrons Pilot et moi. Je me caresse les cheveux pour me rassurer, comme si c'était une main extérieure qui m'effleurait. ,Note biographique Maud Fontenoy a passé les quinze premières années de sa vie à naviguer dans les îles sur la goélette familiale, elle s'est illustrée lors d'épreuves de natation et d'équitation tant en France qu'aux États-Unis. Responsable d'une agence immobilière, elle a été présidente fondatrice de la Fédération française des bateaux à voile et avirons traditionnels et a fondé par passion une association dont le but est de faire naviguer des jeunes de quartiers difficiles sur une yole de Bantry. ,Présentation À vingt-cinq ans, elle est la première femme à réussir la traversée de l'Atlantique à la rame. Six hommes avaient déjà réussi la traversée de l'Atlantique nord à la rame. Maud Fontenoy avait envie de prouver qu'une femme, tout aussi jeune et petits bras qu'elle puisse être, pouvait tenter de relever un pareil défi et de le réussir. "Je voulais le faire pour moi, c'était un défi personnel, une envie de m'accomplir. J'avais besoin de me retrouver seule, proche de l'océan et de repousser mes limites."Du départ dans la brume glacée et les icebergs des bancs de Terre-Neuve à l'énorme tempête qui la fera chavirer dix-sept fois en une seule nuit, des problèmes techniques qui endommagent son déssalinisateur et l'obligent pendant une semaine à boire de l'eau de mer, aux vents et courants contraires qui la font reculer pendant un mois et demi... Maud a tenu bon malgré la peur, la solitude, le froid, la faim et la soif. Elle a vécu aussi des moments de bonheur et d'émotion intenses, comme ses rencontres avec des dauphins et des baleines, mais aussi avec des pêcheurs canadiens ébahis ou, en plein milieu de l'océan, du navigateur Roland Jourdain qui la dépanne en eau potable... Un récit sobre et maîtrisé, par une jeune femme étonnamment mature. Afficher moinsAfficher plus

Atlantique face nord première féminine à la rame

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Sommaire "Je t'en prie, Pilot, ne me laisse pas tomber, accroche-toi, j'ai besoin de toi, on n'est plus que tous les deux maintenant, il faut qu'on y arrive."Recroquevillée à l'arrière de mon minuscule habitacle, j'ai la tête qui cogne d'un coté et de l'autre. Pilot, abandonné à un océan en colère, est violemment roulé par les flots. Enseveli toutes les dix minutes par des vagues qui déferlent sur lui, il semble faire le gros dos et retenir son souffle.L'estomac à l'envers, malade jusqu'au plus profond de mon être, trempée, pleurant de douleur et de panique, je le supplie d'une voix rauque:"Emmène-moi loin d'ici, tire-moi de cette galère, je t'en prie, je n'en peux plus de ce bruit assourdissant. Pourquoi cela résonne-t-il ainsi? Pourquoi est-ce que l'océan s'acharne à taper aussi fort? Tu ne vas pas craquer, hein Pilot, tu tiens bon?"Une maudite migraine me bourdonne dans la tête, l'oxygène manque dans mon mètre cube d'espace de vie. J'ai l'impression d'avoir les tempes prises entre les monstrueuses mâchoires d'un étau. "Qu'est-ce que je fais là? Qu'est-ce que je fais toute seule enfermée dans cette cage humide à l'air suffocant?" Transie de froid, tremblante de peur, je me roule sur moi-même, je cherche à me rassurer, à me protéger des prochains coups. La tête appuyée contre mon duvet, ramassée en boule, je tente de me caler pour moins souffrir. Pilot tombe de la crête au creux des vagues en sursautant. Dans un sanglot, il lâche en tremblant: "Ça ne devait pas être comme ça, pas dès le début, je ne tiendrai jamais trois mois dans ces conditions."Il se vrille de plusbelle, ça grince de partout, la mer cogne et recogne contre la fine paroi, nous sommes devenus un jouet d'enfant, secoué dans tous les sens. Impossible de prévoir le prochain assaut. Cela fait maintenant cinq heures que cela dure et toujours impossible de respirer, une main sur le hublot pour laisser passer un filet d'air de temps à autre, le seau pour vomir tenu de l'autre côté, l'océan ne nous laisse pas une minute de répit. Une énorme déferlante arrive sur bâbord, Pilot se couche d'un seul coup, tout bascule, je n'ai pas le temps de m'agripper, ma tête vient heurter la bulle en plexiglas, le choc m'assomme à moitié, l'eau glacée rentre par le hublot, ça fuit de partout, ma veste de quart baigne dans ce jus mi-eau de mer mi-vomi. Pilot semble défaillir. Puis, en une seconde, c'est l'horreur, mon premier chavirage, tout se passe très vite. Je n'ai qu'une seule chose en tête: survivre. Je me précipite pour refermer le hublot à toute vitesse afin que l'eau ne s'engouffre pas, je ne veux pas couler. Pilot fait un tour sur lui-même. J'ai l'impression que c'est la fin du monde. Il fait si noir, je ferme les yeux, m'agrippe à une grosse poignée le long de ma couchette. On reste à l'envers quelques secondes interminables, une nouvelle vague et nous nous remettons d'aplomb, je retombe de l'autre côté, je crois que je me suis foulé le poignet. "Emmène-moi loin d'ici, Pilot, je t'en supplie, je n'en peux plus, je ne veux pas mourir-là, comme ça."Les larmes me submergent à nouveau. J'ai mal partout. Je ne peux pas croire à ce qui m'arrive. La cabine est pleine d'un mélange infect dans lequel trempent mes vêtements, et moi je suis là, abattue, tremblante, le côté droit du visage gonflé par le choc que je viens de recevoir, glacée, l'esprit vidé. L'impression horrible de n'être plus qu'une bête, qu'un animal souillé, qu'on vient de jeter dans sa cage après l'avoir forcé au combat. Anéantie, je me balance d'avant en arrière, comme pour me bercer, pour me calmer. J'ai une terrible envie de me blottir contre quelqu'un. J'aimerais tellement m'endormir, dormir, oublier tout ça et me réveiller ailleurs. Alors je fais comme si je n'étais pas toute seule, j'imagine une présence qui pourrait m'aider dans cette nuit sombre vers laquelle nous nous engouffrons Pilot et moi. Je me caresse les cheveux pour me rassurer, comme si c'était une main extérieure qui m'effleurait. ,Note biographique Maud Fontenoy a passé les quinze premières années de sa vie à naviguer dans les îles sur la goélette familiale, elle s'est illustrée lors d'épreuves de natation et d'équitation tant en France qu'aux États-Unis. Responsable d'une agence immobilière, elle a été présidente fondatrice de la Fédération française des bateaux à voile et avirons traditionnels et a fondé par passion une association dont le but est de faire naviguer des jeunes de quartiers difficiles sur une yole de Bantry. ,Présentation À vingt-cinq ans, elle est la première femme à réussir la traversée de l'Atlantique à la rame. Six hommes avaient déjà réussi la traversée de l'Atlantique nord à la rame. Maud Fontenoy avait envie de prouver qu'une femme, tout aussi jeune et petits bras qu'elle puisse être, pouvait tenter de relever un pareil défi et de le réussir. "Je voulais le faire pour moi, c'était un défi personnel, une envie de m'accomplir. J'avais besoin de me retrouver seule, proche de l'océan et de repousser mes limites."Du départ dans la brume glacée et les icebergs des bancs de Terre-Neuve à l'énorme tempête qui la fera chavirer dix-sept fois en une seule nuit, des problèmes techniques qui endommagent son déssalinisateur et l'obligent pendant une semaine à boire de l'eau de mer, aux vents et courants contraires qui la font reculer pendant un mois et demi... Maud a tenu bon malgré la peur, la solitude, le froid, la faim et la soif. Elle a vécu aussi des moments de bonheur et d'émotion intenses, comme ses rencontres avec des dauphins et des baleines, mais aussi avec des pêcheurs canadiens ébahis ou, en plein milieu de l'océan, du navigateur Roland Jourdain qui la dépanne en eau potable... Un récit sobre et maîtrisé, par une jeune femme étonnamment mature. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Atlantique face nord, 117 jours à la rame
Format
Broché
Publication
18 mars 2004
Préface
Aboville, Gérard D'
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
180
Taille
21.7 x 13.7 x 1.5 cm
Poids
231
ISBN-13
9782221101957
Livré entre : 20 mai - 23 mai
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