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Premières pressions à froid

2.7

(19)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Note biographique Cyrille Putman est né en 1962 à Boulogne-Billancourt. Fils de l'éditeur d'art Jacques Putman et de la décoratrice Andrée Putman, il travaille comme rédacteur-concepteur en publicitéavant de devenir agent d'artistes, à New York en 1985, puis à Paris à partir de 1989. Avec "Premières Pressions à froid", récit autobiographique, il publie son premier livre. ,Présentation Entre drogue, jet-set et punkitude : un témoignage tumultueux et corrosif. Quitter l'école à quatorze ans, se voir proposer de l'héroïne par des amis de ses parents, devenir accro, s'engouffrer dans la mouvance punk en pleine turbulence, look compris, partir à Londres découvrir les modèles punk originaux, vivre dans une banlieue glauque, se défoncer sur une batterie dans un ancien pressing, enregistrer un disque, faire la première partie d'un concert au Marquee, retour à l'école, pension chic en Angleterre, se faire virer, entreprendre son service militaire, se retrouver au mitard pour désertion à quelques jours de la quille, retomber dans la marmite de la poudre, courir après les dealers, jour après jour, haché menu par le manque, survivre au cauchemar, s'envoler pourBoston University, encore une fois viré, deux mois de cure dans le Minnesota, sevrage intensif, "one day at a time", ouvrir une galerie à New York sur la 57e, rechute carabinée, assister en prime au meurtre d'un ami en direct, s'envoler de l'autre côté du globe, direction l'Inde, tourisme solitaire, dope au menu, matin, midi et soir, toucher le fond à Bali, échouer à Bangkok, revenir de l'enfer, décrocher grâce à un traitement maison, monter une galerie en plein boom du monde de l'art, pied au plancher, exposer des œuvres d'art conceptuel, en voir de toutes les couleurs, attendre d'être moins en colère pour prendre la plume et raconter cette existence plus montagnes russes que jeu de l'oie. ,Sommaire À Londres, malgré ou plutôt à cause de la brume et de la grisaille, l'ambiance était assez délirante, électrisante. La sauce avait pris, sur fond de crise économique, le mouvement punk montait en puissance malgré les relents de violence, de scandale dont les tabloïds se régalaient. Les Sex Pistols, dont le premier titre "Anarchy in the UK" avait été censuré, étaient désormais invités à des talk-shows, avaient signé chez Virgin, l'une des plus grandes maisons de disques. À l'occasion du jubilé d'argent de la reine Elizabeth, ils jouaient leur version punk du "God save the Queen", interdite d'antenne, sur la Tamise, sous les fenêtres de Buckingham Palace, se faisaient arrêter et passer à tabac... Nous, conquis par leurs frasques, passablement désœuvrés, leurs chansons dans la tête, on errait dans la rue, traînant nos semelles compensées aux alentours du marché aux puces de Portobello et surtout à King's Road, essayant de provoquer les passants. Mais ils s'en foutaient de nos gueules, de la façon dont on était habillés. À Paris, les cheveux rouges faisaient scandale, les cheveux bleus, n'en parlons pas. À Londres, pas du tout. Les gens te tiennent la porte, quel que soit ton look. Les loques de drapeaux anglais qu'on portait sur le cul, déchiquetés puis rafistolés à l'aide d'épingles à nourrice, les laissaient de glace. Pas moyen d'attirer l'attention, même en sortant nos laisses, attachées à des colliers de chien ras du cou, promenant nos nanas ou nous faisant promener par elles, selon l'humeur du jour. Ils en avaient vu d'autres, au temps des beatniks, des babas, du côté de Carnaby Street. Le message était clair pourtant, facile à traduire, les voyants rouges allumés. [...] Les soirées étaient rythmées par les concerts, au Club 100 où avait eu lieu le premier festival punk de Londres, organisé par Malcolm Mc Laren, en septembre 1976. Ou encore au Roxy, près de Covent Garden. Sur scène, les musiciens remuaient, bondissaient comme s'ils avaient deux doigts dans une prise électrique. Dans la salle enfumée, les spectateurs étaient fous, hypra speed, ils s'agitaient au rythme effréné des guitares. Au pied de la scène, les danseurs de pogo déchaînés cassaient des bouteilles de bière et des verres, sautaient en l'air en se bousculant. Les estrades n'étaient pas très hautes, chanteurs, musiciens, spectateurs ne formaient qu'un, une masse humaine, une houle archiviolente, survoltée. S'il y avait eu une coupure d'électricité, je suis sûr qu'ils auraient tous continué à s'agiter dans tous les sens, sans s'apercevoir de rien, tellement il y avait d'influx. Les voix des chanteurs s'évanouissaient sous les guitares hurlantes et les cris enragés. C'était un bordel total, un vacarme infernal. Le maquillage fondait, la sueur coulait, les T-shirts déjà déchirés partaient en lambeaux. Des incidents se produisaient parfois. Les plus explosés tombaient dans les pommes, victimes de la chaleur ou d'overdoses. Les services médicaux ne risquaient pas d'intervenir, il n'y en avait pas. Les coupures saignaient sur le verre concassé, laissant des cicatrices haute couture, façon Alaia. Anarchy in the UK. La musique rugissait, la dope circulait. On prenait du speed. Du Fringanor ou du Captagon, des coupe-faim à l'origine. À chaque prise, nos mâchoires vibraient, une vraie danse de Saint-Guy, comme si on martyrisait d'énormes boules de chewing-gum. Ces gélules nous donnaient la pêche, nos corps couraient derrière nos têtes. Il m'est arrivé de rester quinze jours sans dormir, sans manger. Le seizième jour, j'ai avalé un minicroûton de pain brioché. J'ai cru que j'avais bouffé un oursin. J'avais été victime d'un rétrécissement de l'estomac. Le discours dans ce domaine restait ambigu, on se voilait la face. On avait beau déclarer que la dope, c'était pire que l'alcool, danger à Tanger, on en prenait vachement. Sans assumer. Afficher moinsAfficher plus

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Note biographique Cyrille Putman est né en 1962 à Boulogne-Billancourt. Fils de l'éditeur d'art Jacques Putman et de la décoratrice Andrée Putman, il travaille comme rédacteur-concepteur en publicitéavant de devenir agent d'artistes, à New York en 1985, puis à Paris à partir de 1989. Avec "Premières Pressions à froid", récit autobiographique, il publie son premier livre. ,Présentation Entre drogue, jet-set et punkitude : un témoignage tumultueux et corrosif. Quitter l'école à quatorze ans, se voir proposer de l'héroïne par des amis de ses parents, devenir accro, s'engouffrer dans la mouvance punk en pleine turbulence, look compris, partir à Londres découvrir les modèles punk originaux, vivre dans une banlieue glauque, se défoncer sur une batterie dans un ancien pressing, enregistrer un disque, faire la première partie d'un concert au Marquee, retour à l'école, pension chic en Angleterre, se faire virer, entreprendre son service militaire, se retrouver au mitard pour désertion à quelques jours de la quille, retomber dans la marmite de la poudre, courir après les dealers, jour après jour, haché menu par le manque, survivre au cauchemar, s'envoler pourBoston University, encore une fois viré, deux mois de cure dans le Minnesota, sevrage intensif, "one day at a time", ouvrir une galerie à New York sur la 57e, rechute carabinée, assister en prime au meurtre d'un ami en direct, s'envoler de l'autre côté du globe, direction l'Inde, tourisme solitaire, dope au menu, matin, midi et soir, toucher le fond à Bali, échouer à Bangkok, revenir de l'enfer, décrocher grâce à un traitement maison, monter une galerie en plein boom du monde de l'art, pied au plancher, exposer des œuvres d'art conceptuel, en voir de toutes les couleurs, attendre d'être moins en colère pour prendre la plume et raconter cette existence plus montagnes russes que jeu de l'oie. ,Sommaire À Londres, malgré ou plutôt à cause de la brume et de la grisaille, l'ambiance était assez délirante, électrisante. La sauce avait pris, sur fond de crise économique, le mouvement punk montait en puissance malgré les relents de violence, de scandale dont les tabloïds se régalaient. Les Sex Pistols, dont le premier titre "Anarchy in the UK" avait été censuré, étaient désormais invités à des talk-shows, avaient signé chez Virgin, l'une des plus grandes maisons de disques. À l'occasion du jubilé d'argent de la reine Elizabeth, ils jouaient leur version punk du "God save the Queen", interdite d'antenne, sur la Tamise, sous les fenêtres de Buckingham Palace, se faisaient arrêter et passer à tabac... Nous, conquis par leurs frasques, passablement désœuvrés, leurs chansons dans la tête, on errait dans la rue, traînant nos semelles compensées aux alentours du marché aux puces de Portobello et surtout à King's Road, essayant de provoquer les passants. Mais ils s'en foutaient de nos gueules, de la façon dont on était habillés. À Paris, les cheveux rouges faisaient scandale, les cheveux bleus, n'en parlons pas. À Londres, pas du tout. Les gens te tiennent la porte, quel que soit ton look. Les loques de drapeaux anglais qu'on portait sur le cul, déchiquetés puis rafistolés à l'aide d'épingles à nourrice, les laissaient de glace. Pas moyen d'attirer l'attention, même en sortant nos laisses, attachées à des colliers de chien ras du cou, promenant nos nanas ou nous faisant promener par elles, selon l'humeur du jour. Ils en avaient vu d'autres, au temps des beatniks, des babas, du côté de Carnaby Street. Le message était clair pourtant, facile à traduire, les voyants rouges allumés. [...] Les soirées étaient rythmées par les concerts, au Club 100 où avait eu lieu le premier festival punk de Londres, organisé par Malcolm Mc Laren, en septembre 1976. Ou encore au Roxy, près de Covent Garden. Sur scène, les musiciens remuaient, bondissaient comme s'ils avaient deux doigts dans une prise électrique. Dans la salle enfumée, les spectateurs étaient fous, hypra speed, ils s'agitaient au rythme effréné des guitares. Au pied de la scène, les danseurs de pogo déchaînés cassaient des bouteilles de bière et des verres, sautaient en l'air en se bousculant. Les estrades n'étaient pas très hautes, chanteurs, musiciens, spectateurs ne formaient qu'un, une masse humaine, une houle archiviolente, survoltée. S'il y avait eu une coupure d'électricité, je suis sûr qu'ils auraient tous continué à s'agiter dans tous les sens, sans s'apercevoir de rien, tellement il y avait d'influx. Les voix des chanteurs s'évanouissaient sous les guitares hurlantes et les cris enragés. C'était un bordel total, un vacarme infernal. Le maquillage fondait, la sueur coulait, les T-shirts déjà déchirés partaient en lambeaux. Des incidents se produisaient parfois. Les plus explosés tombaient dans les pommes, victimes de la chaleur ou d'overdoses. Les services médicaux ne risquaient pas d'intervenir, il n'y en avait pas. Les coupures saignaient sur le verre concassé, laissant des cicatrices haute couture, façon Alaia. Anarchy in the UK. La musique rugissait, la dope circulait. On prenait du speed. Du Fringanor ou du Captagon, des coupe-faim à l'origine. À chaque prise, nos mâchoires vibraient, une vraie danse de Saint-Guy, comme si on martyrisait d'énormes boules de chewing-gum. Ces gélules nous donnaient la pêche, nos corps couraient derrière nos têtes. Il m'est arrivé de rester quinze jours sans dormir, sans manger. Le seizième jour, j'ai avalé un minicroûton de pain brioché. J'ai cru que j'avais bouffé un oursin. J'avais été victime d'un rétrécissement de l'estomac. Le discours dans ce domaine restait ambigu, on se voilait la face. On avait beau déclarer que la dope, c'était pire que l'alcool, danger à Tanger, on en prenait vachement. Sans assumer. Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Premières pressions à froid
Format
Grand Format
Publication
15 janvier 2004
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
234
Taille
21.7 x 13.8 x 1.8 cm
Poids
294
ISBN-13
9782221099902
Livré entre : 22 mai - 25 mai
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