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Fin de race

3.7

(7)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation de l'éditeur Paris, au début des années 1940. La menace nazie pèse sur les Juifs. En attendant de fuir pour New York, un couple de chanteurs d'opéra célèbres met à l'abri son fils, Nathaël, dans une pension au-dessus de tout soupçon. La séparation est douloureuse mais Valjanceuze ressemble d'abord à un lieu ouvert aux enchantements. C'est un château à l'architecture baroque, perdu dans une forêt épaisse. Une famille d'aristocrates dégénérés, les Villenègre, y assure à elle seule l'enseignement. Les pensionnaires sont des " élèves très spéciaux ", surtout Artus, exilé au fond du parc. Une mystérieuse dame blanche erre les nuits de pleine lune, ajoutant une touche d'étrangeté à ce domaine à l'écart de la guerre. Initié par Artus, Nathaël découvre bien des pièges et autant de secrets. L'arrivée d'une troupe de SS en villégiature précipite les événements. Extrait Prélude La lune surgit des immeubles. Son petit crâne naît de la pénombre, se creuse une trappe entre les cheminées et les gouttières, fouine parmi les œils-de-bœufs, les mansardes, les vitres brisées, les rares silhouettes dansant sur les toitures, les corniches, les matous… Le haut de sa coquille s’épanouit comme un soleil, et l’œuf blanc s’installe, montgolfière de plâtre. « C’est un œil, se dit Rosa. Un gros œil qui nous surveille. » Elle se penche à la rambarde. Sous elle, la Ville est un trou noir. Dort-elle, pourtant? Non, la Ville médite ; muette, aux fers. «Un œil aveugle », poursuit Rosa, à voix haute. Voilà des mois qu’elle n’a pas si bien vu la Ville. Durant la journée, pas question de contempler ! Toujours il faut courir, trouver de l’argent, des vêtements, intercepter le courrier ; se méfier. Ami, voisin, commerçant, concierge, médecin, passant… chacun est devenu suspect ; aucun n’échappe à l’épidémie. À cette heure tardive, Rosa est seule à sa fenêtre. Les autres préfèrent dormir, car ils craignent la lune. Ils ont peur de ceux qui chaque soir la regardent, ceux à qui elle appartient désormais. Posséder la lune, c’est posséder la nuit, maîtriser l’inconscient, les rêves. Apprenez à régner sur le sommeil, vous obtiendrez le pouvoir par l’hypnose. C’est ce qu’ils ont fait, à la force des yeux : assoupir le monde. Pourtant, ce soir Rosa ne les redoute plus. Cette lune la regonfle. La vision du disque laiteux qui continue de monter, monter, l’enveloppe d’une douce confiance. Comme si elle sentait poindre la fin du conflit. Et la Ville est si belle ; si noire sous cette lueur de nécropole. Pas une fenêtre allumée, un bec de gaz, une voiture. Rien. Un gouffre, une crevasse dans le temps. — Tu es folle ? ! Fin du rêve, Rosa. — Tu veux vraiment qu’ils nous trouvent ? Dans ce cas allumons les lumières, et chantons. Pourquoi pas ? Tu veux chanter ? Rosa ne répond pas. Elle sourit. — Et ça te fait rire, en plus. Tu veux chanter quoi ? Samson et Dalila, «Mon cœur s’ouvre à ta voix », quelque chose de bien… typé ? Simon repousse sa femme contre la balustrade. — Allez, on y va ? Tu es prête ? Rosa sourit toujours, le visage apaisé. — Mon amour, dit-elle en se lovant contre lui. Il maugrée et se retourne pour fermer les volets sans que grincent les gonds. Elle s’agrippe alors à son dos, opossum sur sa branche. Son souffle lui caresse la nuque. — Mon amour, mon amour, mon amour Plus une lueur dans l’appartement. Les époux sont dans le noir, fondus parmi les ombres, le grand silence du couvre-feu. — Mon amour, mon amour Simon sent la bouche de Rosa sur son front, contre ses yeux. Sa respiration saccadée à travers la chemise de nuit. — Je t’aime, tu sais ? Je t’aime si fort, dit encore Rosa en le prenant par la main. Viens À tâtons, elle s’assied sur le canapé Louis XVI qui émet une plainte d’arthritique. — Ici ? demande-t-il. Rosa ne répond pas. Elle met un doigt contre la bouche de son époux et laisse filtrer un « chhht » qui se termine en baiser. Simon ne comprend plus. Depuis près d’un an sa femme a rendu les armes. Au départ de l’en Afficher moinsAfficher plus

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Présentation de l'éditeur Paris, au début des années 1940. La menace nazie pèse sur les Juifs. En attendant de fuir pour New York, un couple de chanteurs d'opéra célèbres met à l'abri son fils, Nathaël, dans une pension au-dessus de tout soupçon. La séparation est douloureuse mais Valjanceuze ressemble d'abord à un lieu ouvert aux enchantements. C'est un château à l'architecture baroque, perdu dans une forêt épaisse. Une famille d'aristocrates dégénérés, les Villenègre, y assure à elle seule l'enseignement. Les pensionnaires sont des " élèves très spéciaux ", surtout Artus, exilé au fond du parc. Une mystérieuse dame blanche erre les nuits de pleine lune, ajoutant une touche d'étrangeté à ce domaine à l'écart de la guerre. Initié par Artus, Nathaël découvre bien des pièges et autant de secrets. L'arrivée d'une troupe de SS en villégiature précipite les événements. Extrait Prélude La lune surgit des immeubles. Son petit crâne naît de la pénombre, se creuse une trappe entre les cheminées et les gouttières, fouine parmi les œils-de-bœufs, les mansardes, les vitres brisées, les rares silhouettes dansant sur les toitures, les corniches, les matous… Le haut de sa coquille s’épanouit comme un soleil, et l’œuf blanc s’installe, montgolfière de plâtre. « C’est un œil, se dit Rosa. Un gros œil qui nous surveille. » Elle se penche à la rambarde. Sous elle, la Ville est un trou noir. Dort-elle, pourtant? Non, la Ville médite ; muette, aux fers. «Un œil aveugle », poursuit Rosa, à voix haute. Voilà des mois qu’elle n’a pas si bien vu la Ville. Durant la journée, pas question de contempler ! Toujours il faut courir, trouver de l’argent, des vêtements, intercepter le courrier ; se méfier. Ami, voisin, commerçant, concierge, médecin, passant… chacun est devenu suspect ; aucun n’échappe à l’épidémie. À cette heure tardive, Rosa est seule à sa fenêtre. Les autres préfèrent dormir, car ils craignent la lune. Ils ont peur de ceux qui chaque soir la regardent, ceux à qui elle appartient désormais. Posséder la lune, c’est posséder la nuit, maîtriser l’inconscient, les rêves. Apprenez à régner sur le sommeil, vous obtiendrez le pouvoir par l’hypnose. C’est ce qu’ils ont fait, à la force des yeux : assoupir le monde. Pourtant, ce soir Rosa ne les redoute plus. Cette lune la regonfle. La vision du disque laiteux qui continue de monter, monter, l’enveloppe d’une douce confiance. Comme si elle sentait poindre la fin du conflit. Et la Ville est si belle ; si noire sous cette lueur de nécropole. Pas une fenêtre allumée, un bec de gaz, une voiture. Rien. Un gouffre, une crevasse dans le temps. — Tu es folle ? ! Fin du rêve, Rosa. — Tu veux vraiment qu’ils nous trouvent ? Dans ce cas allumons les lumières, et chantons. Pourquoi pas ? Tu veux chanter ? Rosa ne répond pas. Elle sourit. — Et ça te fait rire, en plus. Tu veux chanter quoi ? Samson et Dalila, «Mon cœur s’ouvre à ta voix », quelque chose de bien… typé ? Simon repousse sa femme contre la balustrade. — Allez, on y va ? Tu es prête ? Rosa sourit toujours, le visage apaisé. — Mon amour, dit-elle en se lovant contre lui. Il maugrée et se retourne pour fermer les volets sans que grincent les gonds. Elle s’agrippe alors à son dos, opossum sur sa branche. Son souffle lui caresse la nuque. — Mon amour, mon amour, mon amour Plus une lueur dans l’appartement. Les époux sont dans le noir, fondus parmi les ombres, le grand silence du couvre-feu. — Mon amour, mon amour Simon sent la bouche de Rosa sur son front, contre ses yeux. Sa respiration saccadée à travers la chemise de nuit. — Je t’aime, tu sais ? Je t’aime si fort, dit encore Rosa en le prenant par la main. Viens À tâtons, elle s’assied sur le canapé Louis XVI qui émet une plainte d’arthritique. — Ici ? demande-t-il. Rosa ne répond pas. Elle met un doigt contre la bouche de son époux et laisse filtrer un « chhht » qui se termine en baiser. Simon ne comprend plus. Depuis près d’un an sa femme a rendu les armes. Au départ de l’en Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Fin de race
Editeur
Format
Grand Format
Publication
22 août 2002
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
321
Taille
20.8 x 13.3 x 1.8 cm
Poids
315
ISBN-13
9782080683151
Livré entre : 21 janvier - 24 janvier
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