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Les Adieux à la reine

3.4

(454)

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Vienne, en 1810, est une ville humiliée et ruinée par la victoire de Napoléon. Une femme, Agathe-Sidonie Laborde, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient de Versailles, et, plus précisément des 14, 15 et 16 juillet 1789 durant lesquels, Louis XVI ayant cédé sur tout, les intimes de la famille royale et une grande partie de la Cour se dispersent. Elle-même s'est enfuie alors, avec la famille de Polignac. A travers une reconstitution minutieuse et fébrile de ses dernières heures à Versailles, Agathe découvre la force de sa fascination pour la reine et la beauté émouvante et singulière du monde qu'elle s'était créé. Un monde placé sous le signe du luxe et de l'élégance, un univers minuscule qui étincelle de toutes les apparences du bonheur, mais où ni le désir ni l'amour n'y ont de voix pour se demander : " Est-ce le drame de la reine ou celui de sa lectrice ? "Amazon.frVoilà un premier roman pas comme les autres... D'abord parce qu'il ne s'agit pas du premier ouvrage de l'auteur. Chantal Thomas a déjà apporté aux lettres des études remarquables, notamment consacrées à Sade et à Thomas Bernhard, fouillant les limites de la littérature. Ensuite parce queLes Adieux à la reine, dont l'action se déroule au XVIIIe siècle, n'est pas véritablement un confortable roman historique mais bien plus que cela. Qu'on s'explique : nous sommes en 1789. En trois jours, entre le 14 et le 16 juillet, l'Ancien Régime connaît la débâcle. Un effondrement rapide, sec, brutal et définitif, raconté heure après heure et a posteriori, vingt ans plus tard, par la lectrice de Marie-Antoinette, un humble et modeste personnage au service de la royauté, fasciné par la Cour, la grâce et la beauté de la reine. À travers elle, Agathe-Sidonie, enfermée dans son exil, se délivre donc la chronique d'une fin de monde : la reconstitution historique et minutieuse d'une société moribonde, cloîtrée dans sa bulle, qui ne voit rien venir et n'entend rien. Au fil des pages, subtilement, les portraits se découvrent, tout en nuances, entre bouffonneries et fuite piteuse, entre bons mots et débandade, sans manichéisme. Historienne et essayiste, Chantal Thomas réussit ainsi haut la main son entrée en littérature. --Céline DarnerExtraitJ’ai vécu à Versailles, où j’étais lectrice de la reine Marie- Antoinette, lectrice adjointe, pardon. C’était une toute petite fonction, rendue encore plus mince par le peu de goût de la Reine pour la lecture. Mon protecteur, monsieur de Montdragon, Maître d’hôtel ordinaire à la Cour, m’avait accueillie avec une extrême gentillesse, sans manquer cependant de m’avertir. C’était un jour de la fin décembre, un jour de plein hiver comme aujourd’hui, mais sans neige. Il y avait une lumière coupante, presque métallique. Les arbres aux troncs noirs se dessinaient sur un ciel très bleu. Au château, se risquer dans les intervalles qui séparaient les feux de cheminée – et les zones enfumées, irrespirables et aveuglantes qu’ils produisaient – , c’était se trouver paralysé à l’intérieur d’un bloc de glace. Il fallait continuer de bouger, sinon on risquait de périr. Enveloppé dans sa pelisse de loup, monsieur de Montdragon m’examinait. À ma première réponse, timide, tandis que je ne pouvais me retenir de remuer les doigts pour les empêcher de s’engourdir, il m’avait jugée apte pour mes fonctions. «Vous avez une belle voix, m’avait-il dit, un peu basse et qui se fait oublier.» Afficher moinsAfficher plus

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Vienne, en 1810, est une ville humiliée et ruinée par la victoire de Napoléon. Une femme, Agathe-Sidonie Laborde, ancienne lectrice de Marie-Antoinette, se souvient de Versailles, et, plus précisément des 14, 15 et 16 juillet 1789 durant lesquels, Louis XVI ayant cédé sur tout, les intimes de la famille royale et une grande partie de la Cour se dispersent. Elle-même s'est enfuie alors, avec la famille de Polignac. A travers une reconstitution minutieuse et fébrile de ses dernières heures à Versailles, Agathe découvre la force de sa fascination pour la reine et la beauté émouvante et singulière du monde qu'elle s'était créé. Un monde placé sous le signe du luxe et de l'élégance, un univers minuscule qui étincelle de toutes les apparences du bonheur, mais où ni le désir ni l'amour n'y ont de voix pour se demander : " Est-ce le drame de la reine ou celui de sa lectrice ? "Amazon.frVoilà un premier roman pas comme les autres... D'abord parce qu'il ne s'agit pas du premier ouvrage de l'auteur. Chantal Thomas a déjà apporté aux lettres des études remarquables, notamment consacrées à Sade et à Thomas Bernhard, fouillant les limites de la littérature. Ensuite parce queLes Adieux à la reine, dont l'action se déroule au XVIIIe siècle, n'est pas véritablement un confortable roman historique mais bien plus que cela. Qu'on s'explique : nous sommes en 1789. En trois jours, entre le 14 et le 16 juillet, l'Ancien Régime connaît la débâcle. Un effondrement rapide, sec, brutal et définitif, raconté heure après heure et a posteriori, vingt ans plus tard, par la lectrice de Marie-Antoinette, un humble et modeste personnage au service de la royauté, fasciné par la Cour, la grâce et la beauté de la reine. À travers elle, Agathe-Sidonie, enfermée dans son exil, se délivre donc la chronique d'une fin de monde : la reconstitution historique et minutieuse d'une société moribonde, cloîtrée dans sa bulle, qui ne voit rien venir et n'entend rien. Au fil des pages, subtilement, les portraits se découvrent, tout en nuances, entre bouffonneries et fuite piteuse, entre bons mots et débandade, sans manichéisme. Historienne et essayiste, Chantal Thomas réussit ainsi haut la main son entrée en littérature. --Céline DarnerExtraitJ’ai vécu à Versailles, où j’étais lectrice de la reine Marie- Antoinette, lectrice adjointe, pardon. C’était une toute petite fonction, rendue encore plus mince par le peu de goût de la Reine pour la lecture. Mon protecteur, monsieur de Montdragon, Maître d’hôtel ordinaire à la Cour, m’avait accueillie avec une extrême gentillesse, sans manquer cependant de m’avertir. C’était un jour de la fin décembre, un jour de plein hiver comme aujourd’hui, mais sans neige. Il y avait une lumière coupante, presque métallique. Les arbres aux troncs noirs se dessinaient sur un ciel très bleu. Au château, se risquer dans les intervalles qui séparaient les feux de cheminée – et les zones enfumées, irrespirables et aveuglantes qu’ils produisaient – , c’était se trouver paralysé à l’intérieur d’un bloc de glace. Il fallait continuer de bouger, sinon on risquait de périr. Enveloppé dans sa pelisse de loup, monsieur de Montdragon m’examinait. À ma première réponse, timide, tandis que je ne pouvais me retenir de remuer les doigts pour les empêcher de s’engourdir, il m’avait jugée apte pour mes fonctions. «Vous avez une belle voix, m’avait-il dit, un peu basse et qui se fait oublier.» Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
Les Adieux à la reine
Editeur
Format
Poche
Publication
03 octobre 2003
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
256
Taille
18 x 11 x 1.5 cm
Poids
155
ISBN-13
9782020617093
Livré entre : 15 juin - 18 juin
Disponible chez le fournisseur
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