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L'histoire des arts dans la ville d'Avignon pendant le XIVe siècle

Audience : Adulte - Grand Public
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Présentation« L'histoire des arts dans le Comtat Venaissin, assez terne pendant la première période gothique, acquiert toutà coup une importance capitale avec la translation du Saint Siègeà Avignon. L'architecture, la sculpture, la peinture, les arts décoratifs, ne profitent pas seulement du luxe, fameuxà juste titre, des nouveaux souverains d'Avignon, et du concours des maîtres les pluséminents, Français, Italiens, Espagnols, voire Allemands et Anglais ; ils sontégalement appelés, grâce au passage incessant de tout ce que l'Europe comptait alors de princes, de prélats, de grands seigneurs, de personnalitéséminentes,àétendre au loin leur influence. Comme autrefois Rome, désormais Avignon donnera le ton aux entreprises artistiques de centaines de Mécènes forcés de se tenir en relations constantes avec la cour pontificale. Cette considération m'a engagé, il y a de longues années déjà,à rechercher les divers documents de natureàéclaircir un chapitre de l'histoire des arts dans notre pays, chapitre qui est encoreàécrire, et je viens demander aujourd'hui au Comité la permission de l'entretenir des recherches que je n'ai cessé de poursuivre depuis 1879. Ce futà cetteépoque qu'un architecte et décorateuréminent, M. Alexandre Denuelle,à qui les Archives de la Commission des Monuments historiques doivent un si grand nombre de reproductions de la plus scrupuleuse exactitude, me demanda de rechercher dans les Archives du Vatican, enfin accessibles aux travailleurs, les documents relatifsà l'histoire du palais des Papes. Je me misà l'œuvre aussitôt et j'eus la joie de découvrir un immense fonds, complètement inexploré ; bien plus, dont aucun savant moderne n'avait soupçonné l'existence. Je n'entretiendrai toutefois pas aujourd'hui le Comité de ces investigations, qui portent sur un grand nombre de centaines de volumes : elles feront l'objet d'un mémoire spécial. Il me suffira de rappeler que le recueil connu sous le titre deIntroitus et Exitus Camerae apostolicaeforme la source principale de l'histoire des artsà la cour d'Avignon. Cette collection inappréciable ne fournit pas seulement en abondance les détails les plus nouveaux sur l'histoire de l'artà Avignon et dans le midi de la France, elle contient aussi une foule de renseignements sur les diverses constructions entreprises aux frais ou sous les auspices des papes dans le reste de la France, en Italie et ailleurs encore. C'est ainsi que le registre n° 183, de l'année 1340, nous donne le détail des dépenses effectuéesà Paris, pour la construction de l'église Saint-Bernard ; le registre n° 180 (1339-1341), celui des dépenses relativesà la restauration de la basilique de Saint-Pierre et d'autreséglises de Rome. Une seconde série,également très intéressante, est celle qui comprend les inventaires du Trésor apostolique [...]. D'importantes informations seront en outre fournies par les archives des notaires apostoliques d'Avignon, conservées avec bien des lacunes, hélas, dans les Archives du Saint Siège. Une mention doitêtreégalement accordée auxRégestes, bien que la moisson que l'historien d'art rapporterait d'une telle recherche ne serait pas en rapport avec le travail qu'entraînerait le dépouillement de cette collection colossale, dans laquelle les bulles de Jean XXII, pour ne citer qu'un exemple, forment plus de 40 000 numéros. Parmi les bulles les plus intéressantes sont celle relative au palais pontifical (Benedicti XII reg. ann. VII, cod. n° 129, fol. 195) ; celle de la fondation de l'église Sainte-Marieà Villeneuve-les-Avignon. (Bibl. nationale, ms. latin, n° 8971, fol. 238.) Je citerai enfin les Registres des obligations de la Chambre apostolique, le Catalogue des familiers de Clément VI, lesDiversorum. Le dépouillement des registres contenant la liste des officiers pontificaux, chapelains d'honneur, sergents d'armes, etc., fournira aussi des contributions importantes pour l'histoire de l'art. Je citerai le vol. 325 comme contenant la liste des familiers de Clément VI [...]. Il ne m'a pasété possible jusqu'à présent de mettreà contribution les Archives du département de Vaucluse, ni les Archives de la ville d'Avignon, qui sont sur le point d'être réuniesà celles du département. Mais si j'en juge par la médiocrité des résultats qu'en ont retirés jusqu'ici les détenteurs de ces dépôts, dans leurs différentes publications (il me suffira de citer les travaux de M. Achard), ce n'est point-là qu'il faut chercher deséléments propresà renouveler l'histoire de l'art dans le Comtat. Les Archives de la Commission des monuments historiques sont surtout riches en documents dessinés : fresques de Notre-Dame des Doms, de la salle du Consistoire, de la tour Saint-Jean, par M. Denuelle ; fresques de la chapelle d'Innocent VI (à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon), par M. Brune ;église d'Uzeste avec le tombeau de Clément V par M. Duphot ; la Chaise-Dieu avec le tombeau de Clément VI, par M. Bruyerre. À côté des documents authentiques conservés dans les archives, il faut accorder une place d'honneur aux témoignages des chroniqueurs contemporains. Les vies des papes d'Avignon, recueillies pour la première fois par Baluze, réimprimées ensuite par Muratori, avec quelques additions, ne semblent jusqu'ici pas avoirété analysées méthodiquement. Il importe, avant de poursuivre notre examen, de reproduire ici ces textes précieux, trop imparfaitement utilisés jusqu'ici par les archéologues modernes. Si, au XVesiècle, les historiens de la papauté, notamment Platina, n'ont pas ajouté de détails essentiels aux récits des chroniqueurs du XIVesiècle, en revanche aux XVIeet XVIIesiècles, Panvinio, Ciacconio, Duchesne, Frison, les Bollandistes, Baluze, dans ses précieux commentaires, nous ont conservé une foule d'informations du plus vif intérêt sur les fondations laisséesà Avignon, soit par les papes, soit par les cardinaux. Je n'en dirai pas autant de l'ouvrage de Gatticus, qui est très pauvre en notices sur la période avignonaise (j'y citerai, t. I, p. 262, le récit de la visite faiteà Avignon en 1412 par la reine Yolande), ainsi que de l'ouvrage bien connu du prolixe Cancellieri. Un dépouillement méthodique des ouvrages historiques ou géographiques imprimés au XVIeet au XVIIesiècle fournirait certainement aussi de très utiles indications. Je n'en veux pour preuve que leLabyrinthe royalde Valladier et l'Itinerarium Galliaede Jodocus Sincerus. Le Labyrinthe royal de l'Hercule gaulois triomphant sur le sujet des faits héroïques de Henri IV représentéà l'entrée de la royne Marie de Médicis dans la cité d'Avignon, 19 novembre 1600(par Valladier ; Avignon, 1600) est un ouvrage dans lequel on ne s'attend guèreà rencontrer des détails sur l'histoire du palais des Papes, et cependant Valladier y a donné un résumé très substantiel des principales vicissitudes de ce monument. Je ne crois pas que ce témoignage intéressant ait jamaisété cité ; en tout cas il aété misà contribution par Fantoni Castrucci dans sonIstoria della città d'Avignone(Venise, 1678). Il ne me semble que plus important de reproduire ici une notice qui aété la source première de beaucoup d'autres. Je constateraià ce sujet que, dès le temps de Valladier, les tours du palais portaient le nom sous lequel elles n'ont cessé d'être connues. Citons encore le témoignage de l'auteur duVoyage de France(1673) ; il nous parle des grandes salles du palais qui serventà jouerà la paume ou au ballon ; il signale en outre la salle où le vice-légat entend ceux qui ont affaireà lui. Une mention estégalement accordéeà“l'Audience de la Rote età l'Arsenal, qui en est proche”. Une publication contemporaine, leCaducée français, est par contre absolument nulle au point de vue archéologique. Ce que je me propose plus spécialement de faire connaître aujourd'hui, ce sont celles des sources manuscrites qui se trouvent en dehors du Vatican. Ces sources se divisent en trois grands groupes : l'un conservéà Rome, notamment dans les Bibliothèques Barberini et Chigi, l'autreà la Bibliothèque nationale de Paris, le dernierà Avignon même.» L'histoire des arts dans la ville d'Avignon pendant le XIVe siècle / par Eugène Muntz,... Date de l'édition originale : 1888 Appartientà l'ensemble docu... Afficher moinsAfficher plus

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Cette considération m'a engagé, il y a de longues années déjà,à rechercher les divers documents de natureàéclaircir un chapitre de l'histoire des arts dans notre pays, chapitre qui est encoreàécrire, et je viens demander aujourd'hui au Comité la permission de l'entretenir des recherches que je n'ai cessé de poursuivre depuis 1879. Ce futà cetteépoque qu'un architecte et décorateuréminent, M. Alexandre Denuelle,à qui les Archives de la Commission des Monuments historiques doivent un si grand nombre de reproductions de la plus scrupuleuse exactitude, me demanda de rechercher dans les Archives du Vatican, enfin accessibles aux travailleurs, les documents relatifsà l'histoire du palais des Papes. Je me misà l'œuvre aussitôt et j'eus la joie de découvrir un immense fonds, complètement inexploré ; bien plus, dont aucun savant moderne n'avait soupçonné l'existence. Je n'entretiendrai toutefois pas aujourd'hui le Comité de ces investigations, qui portent sur un grand nombre de centaines de volumes : elles feront l'objet d'un mémoire spécial. Il me suffira de rappeler que le recueil connu sous le titre deIntroitus et Exitus Camerae apostolicaeforme la source principale de l'histoire des artsà la cour d'Avignon. Cette collection inappréciable ne fournit pas seulement en abondance les détails les plus nouveaux sur l'histoire de l'artà Avignon et dans le midi de la France, elle contient aussi une foule de renseignements sur les diverses constructions entreprises aux frais ou sous les auspices des papes dans le reste de la France, en Italie et ailleurs encore. C'est ainsi que le registre n° 183, de l'année 1340, nous donne le détail des dépenses effectuéesà Paris, pour la construction de l'église Saint-Bernard ; le registre n° 180 (1339-1341), celui des dépenses relativesà la restauration de la basilique de Saint-Pierre et d'autreséglises de Rome. Une seconde série,également très intéressante, est celle qui comprend les inventaires du Trésor apostolique [...]. D'importantes informations seront en outre fournies par les archives des notaires apostoliques d'Avignon, conservées avec bien des lacunes, hélas, dans les Archives du Saint Siège. Une mention doitêtreégalement accordée auxRégestes, bien que la moisson que l'historien d'art rapporterait d'une telle recherche ne serait pas en rapport avec le travail qu'entraînerait le dépouillement de cette collection colossale, dans laquelle les bulles de Jean XXII, pour ne citer qu'un exemple, forment plus de 40 000 numéros. Parmi les bulles les plus intéressantes sont celle relative au palais pontifical (Benedicti XII reg. ann. VII, cod. n° 129, fol. 195) ; celle de la fondation de l'église Sainte-Marieà Villeneuve-les-Avignon. (Bibl. nationale, ms. latin, n° 8971, fol. 238.) Je citerai enfin les Registres des obligations de la Chambre apostolique, le Catalogue des familiers de Clément VI, lesDiversorum. Le dépouillement des registres contenant la liste des officiers pontificaux, chapelains d'honneur, sergents d'armes, etc., fournira aussi des contributions importantes pour l'histoire de l'art. Je citerai le vol. 325 comme contenant la liste des familiers de Clément VI [...]. Il ne m'a pasété possible jusqu'à présent de mettreà contribution les Archives du département de Vaucluse, ni les Archives de la ville d'Avignon, qui sont sur le point d'être réuniesà celles du département. Mais si j'en juge par la médiocrité des résultats qu'en ont retirés jusqu'ici les détenteurs de ces dépôts, dans leurs différentes publications (il me suffira de citer les travaux de M. Achard), ce n'est point-là qu'il faut chercher deséléments propresà renouveler l'histoire de l'art dans le Comtat. Les Archives de la Commission des monuments historiques sont surtout riches en documents dessinés : fresques de Notre-Dame des Doms, de la salle du Consistoire, de la tour Saint-Jean, par M. Denuelle ; fresques de la chapelle d'Innocent VI (à la Chartreuse de Villeneuve-lès-Avignon), par M. Brune ;église d'Uzeste avec le tombeau de Clément V par M. Duphot ; la Chaise-Dieu avec le tombeau de Clément VI, par M. Bruyerre. À côté des documents authentiques conservés dans les archives, il faut accorder une place d'honneur aux témoignages des chroniqueurs contemporains. Les vies des papes d'Avignon, recueillies pour la première fois par Baluze, réimprimées ensuite par Muratori, avec quelques additions, ne semblent jusqu'ici pas avoirété analysées méthodiquement. Il importe, avant de poursuivre notre examen, de reproduire ici ces textes précieux, trop imparfaitement utilisés jusqu'ici par les archéologues modernes. Si, au XVesiècle, les historiens de la papauté, notamment Platina, n'ont pas ajouté de détails essentiels aux récits des chroniqueurs du XIVesiècle, en revanche aux XVIeet XVIIesiècles, Panvinio, Ciacconio, Duchesne, Frison, les Bollandistes, Baluze, dans ses précieux commentaires, nous ont conservé une foule d'informations du plus vif intérêt sur les fondations laisséesà Avignon, soit par les papes, soit par les cardinaux. Je n'en dirai pas autant de l'ouvrage de Gatticus, qui est très pauvre en notices sur la période avignonaise (j'y citerai, t. I, p. 262, le récit de la visite faiteà Avignon en 1412 par la reine Yolande), ainsi que de l'ouvrage bien connu du prolixe Cancellieri. Un dépouillement méthodique des ouvrages historiques ou géographiques imprimés au XVIeet au XVIIesiècle fournirait certainement aussi de très utiles indications. Je n'en veux pour preuve que leLabyrinthe royalde Valladier et l'Itinerarium Galliaede Jodocus Sincerus. Le Labyrinthe royal de l'Hercule gaulois triomphant sur le sujet des faits héroïques de Henri IV représentéà l'entrée de la royne Marie de Médicis dans la cité d'Avignon, 19 novembre 1600(par Valladier ; Avignon, 1600) est un ouvrage dans lequel on ne s'attend guèreà rencontrer des détails sur l'histoire du palais des Papes, et cependant Valladier y a donné un résumé très substantiel des principales vicissitudes de ce monument. Je ne crois pas que ce témoignage intéressant ait jamaisété cité ; en tout cas il aété misà contribution par Fantoni Castrucci dans sonIstoria della città d'Avignone(Venise, 1678). Il ne me semble que plus important de reproduire ici une notice qui aété la source première de beaucoup d'autres. Je constateraià ce sujet que, dès le temps de Valladier, les tours du palais portaient le nom sous lequel elles n'ont cessé d'être connues. Citons encore le témoignage de l'auteur duVoyage de France(1673) ; il nous parle des grandes salles du palais qui serventà jouerà la paume ou au ballon ; il signale en outre la salle où le vice-légat entend ceux qui ont affaireà lui. Une mention estégalement accordéeà“l'Audience de la Rote età l'Arsenal, qui en est proche”. Une publication contemporaine, leCaducée français, est par contre absolument nulle au point de vue archéologique. Ce que je me propose plus spécialement de faire connaître aujourd'hui, ce sont celles des sources manuscrites qui se trouvent en dehors du Vatican. Ces sources se divisent en trois grands groupes : l'un conservéà Rome, notamment dans les Bibliothèques Barberini et Chigi, l'autreà la Bibliothèque nationale de Paris, le dernierà Avignon même.» L'histoire des arts dans la ville d'Avignon pendant le XIVe siècle / par Eugène Muntz,... Date de l'édition originale : 1888 Appartientà l'ensemble docu... Afficher moinsAfficher plus

Détails du livre

Titre complet
L'histoire des arts dans la ville d'Avignon pendant le XIVe siècle
Editeur
Format
Broché
Publication
01 octobre 2016
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
80
Taille
23.4 x 15.6 x 15.6 cm
Poids
129
ISBN-13
9782019602581
Livré entre : 31 juillet - 5 août
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