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Claire Caralanzi, ou la Corse en 1736. Tome 1

Audience : Adulte - Grand Public
Le Pitch
Présentation« Celui qui aécrit cet ouvrage n'a point eu la prétention d'en faire un ouvrage historique ; il a voulu seulement essayer de peindre les mœurs intérieures d'un peuple trop peu connu et trop sévèrement jugé. Ces mœursétant presque entièrement demeurées les mêmes, surtout dans les campagnes, ilétait sans inconvénient de reporter l'action du livreà un siècle en arrière ; et l'époque choisie se rattachantà desévénements qui ne sont pas les moins singuliers de ce temps, on a cru pouvoir y mêler les personnages. Toutefois, comme la Corse et son histoire sont en général très peu connues, il ne sera peut-être pas sans intérêt de trouver ici un exposé sommaire des motifs et desévénements principaux de l'insurrection qui, commencée huit années avant celle dont on va parler, ne se termina réellement qu'en 1768, au moment du traité qui donna la Corseà la France. Ce serait remonter beaucoup trop loin, et fatiguer inutilement l'attention du lecteur, que de rechercher par quelle suite de guerres la Corse, Phocéenne d'abord ouÉtrusque, devint Carthaginoise, Romaine, Vandale, Sarrasine; comment Ugo CoIonna, parti de Rome en 816 avec mille fantassins et deux cents chevaux, chassa les Sarrasins, et fonda dans l'île une domination qui fut renversée, et une famille qui subsiste encore ; comment les Génois et les Pisans, sous le patronage des papes ou sous l'autorité de l'Empereur, prétendirent tourà tourà la souveraineté de la Corse ; et comment, après mille vicissitudes, Gênes yétablit enfin un pouvoir trop absolu pourêtre juste, trop inquiet pourêtre modéré. Ce qu'il faut dire seulement, et ce dont on retrouvera quelquefois la trace dans le cours de cette narration, c'est que depuis 1195,époque où le premier vaisseau Génois s'empara de Bonifaccioà la faveur d'une fête, jusqu'en 1569, année où le fils du grand San-Piétro, Alphonse d'Ornano se retira en France, les Corses luttèrent presque constamment, et les armesà la main, contre la domination Génoise. Ce combat ne cessa que lorsqu'il fut absolument sans espérance ; mais les souvenirs, les traditions même en survécurent, et se transmirent de génération en génération chez un peupleà qui le reste du monde est tropétranger pour le distraire de ses intérêts de famille ou de ses sentiments de patrie. Quoi qu'il en soit de ces faits plus anciens, la république de Gênesétait, au commencement du XVIIIesiècle, souveraine de l'île de Corse. Un commissaire-général, appelé quelquefois aussi provéditeur, yétait le représentant et le délégué du sénat. Cinqévêques, car il y avait encoreà cetteépoque cinqévêchés en Corse, y occupaient les sièges de Mariana, d'Aléria, d'Ajaccio, de Nebbio, de Sagonne, quoiqu'une partie de ces villes fût ruinée, et que plusieurs des résidencesépiscopales eussent dûêtre transférées ailleurs. Un commandant des troupes, un trésorier, un auditeur-général chef de la justice,étaient placés sous les ordres du provéditeur. Tous ces officiersétaient Génois ; la durée de leurs fonctionsétait assez limitée. Le plus considérable de leurs traitements ne montait pasà neuf cents sequins par an ; et cependant plus d'un d'entre euxétait revenu riche de ce pauvre pays. Les impôts, sansêtre démesurémentélevés,étaient perçus avec une extrême rigueur, et basés sur les principes d'une administration touteétrangèreà l'île. Les troupesétaient Génoises, et ne se regardaient en Corse que comme en paysétranger ou conquis. Les lois Génoises régissaient les procès, et déterminaient une pénalité habituellement fort sévère. On avait laissé aux Corses la division de leurs pièves ou cantons, qui renferment chacun un certain nombre de paroisses, la nomination de leurs pères des communes, magistrats locaux,élus dans les paroisses pour remplir des fonctions que leur nom explique assez, et l'élection de douze députés chargés de défendre, auprès du gouverneur, les intérêts de leurs concitoyens ; mais on avait mis des officiers et des podestats Génois partout où l'on avait pu les placer.À côté des pères des communes, les juges inférieursétaient Génois, aussi bien que les collecteurs d'impôts ; et, quant aux députés, le provéditeur, n'étant point obligé d'avoirégardà leurs représentations, en faisait ordinairement si peu de cas, que leur intervention ne servait qu'à manifester plus hautement la faiblesse d'un côté, le despotisme de l'autre. Il n'y avait donc, entre les maîtres et les sujets, ni confiance, ni affection, ni lien ; et, pour tout dire en un mot, Gênes considérait la Corse comme une conquête, et les Corses considéraient la république de Gênes comme un oppresseur.» Claire Caralanzi, ou la Corse en 1736, par le Cte A. de Pastoret. Tome 1. Le présent ouvrage s'inscrit dans une politique de conservation patrimoniale desouvrages de la littérature Française mise en place avec la BNF. HACHETTE LIVRE et la BNF proposent ainsi un catalogue de titres indisponibles, la BNF ayant numérisé ces oeuvres et HACHETTE LIVRE les imprimantà la demande. Certains de ces ouvrages reflètent des courants de pensée caractéristiques de leurépoque, mais qui seraient aujourd'hui jugés condamnables. Ils n'en appartiennent pas moinsà l'histoire des idées en France et sont susceptibles de présenter un intérêt scientifique ou historique. Le sens de notre démarcheéditoriale consiste ainsià permettre l'accèsà ces oeuvres sans pour autant que nous en cautionnions en aucune façon le contenu. Pour plus d'informations, rendez-vous sur www.hachettebnf.fr Afficher moinsAfficher plus

Claire Caralanzi, ou la Corse en 1736. Tome 1

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Présentation« Celui qui aécrit cet ouvrage n'a point eu la prétention d'en faire un ouvrage historique ; il a voulu seulement essayer de peindre les mœurs intérieures d'un peuple trop peu connu et trop sévèrement jugé. Ces mœursétant presque entièrement demeurées les mêmes, surtout dans les campagnes, ilétait sans inconvénient de reporter l'action du livreà un siècle en arrière ; et l'époque choisie se rattachantà desévénements qui ne sont pas les moins singuliers de ce temps, on a cru pouvoir y mêler les personnages. Toutefois, comme la Corse et son histoire sont en général très peu connues, il ne sera peut-être pas sans intérêt de trouver ici un exposé sommaire des motifs et desévénements principaux de l'insurrection qui, commencée huit années avant celle dont on va parler, ne se termina réellement qu'en 1768, au moment du traité qui donna la Corseà la France. Ce serait remonter beaucoup trop loin, et fatiguer inutilement l'attention du lecteur, que de rechercher par quelle suite de guerres la Corse, Phocéenne d'abord ouÉtrusque, devint Carthaginoise, Romaine, Vandale, Sarrasine; comment Ugo CoIonna, parti de Rome en 816 avec mille fantassins et deux cents chevaux, chassa les Sarrasins, et fonda dans l'île une domination qui fut renversée, et une famille qui subsiste encore ; comment les Génois et les Pisans, sous le patronage des papes ou sous l'autorité de l'Empereur, prétendirent tourà tourà la souveraineté de la Corse ; et comment, après mille vicissitudes, Gênes yétablit enfin un pouvoir trop absolu pourêtre juste, trop inquiet pourêtre modéré. Ce qu'il faut dire seulement, et ce dont on retrouvera quelquefois la trace dans le cours de cette narration, c'est que depuis 1195,époque où le premier vaisseau Génois s'empara de Bonifaccioà la faveur d'une fête, jusqu'en 1569, année où le fils du grand San-Piétro, Alphonse d'Ornano se retira en France, les Corses luttèrent presque constamment, et les armesà la main, contre la domination Génoise. Ce combat ne cessa que lorsqu'il fut absolument sans espérance ; mais les souvenirs, les traditions même en survécurent, et se transmirent de génération en génération chez un peupleà qui le reste du monde est tropétranger pour le distraire de ses intérêts de famille ou de ses sentiments de patrie. Quoi qu'il en soit de ces faits plus anciens, la république de Gênesétait, au commencement du XVIIIesiècle, souveraine de l'île de Corse. Un commissaire-général, appelé quelquefois aussi provéditeur, yétait le représentant et le délégué du sénat. Cinqévêques, car il y avait encoreà cetteépoque cinqévêchés en Corse, y occupaient les sièges de Mariana, d'Aléria, d'Ajaccio, de Nebbio, de Sagonne, quoiqu'une partie de ces villes fût ruinée, et que plusieurs des résidencesépiscopales eussent dûêtre transférées ailleurs. Un commandant des troupes, un trésorier, un auditeur-général chef de la justice,étaient placés sous les ordres du provéditeur. Tous ces officiersétaient Génois ; la durée de leurs fonctionsétait assez limitée. Le plus considérable de leurs traitements ne montait pasà neuf cents sequins par an ; et cependant plus d'un d'entre euxétait revenu riche de ce pauvre pays. Les impôts, sansêtre démesurémentélevés,étaient perçus avec une extrême rigueur, et basés sur les principes d'une administration touteétrangèreà l'île. Les troupesétaient Génoises, et ne se regardaient en Corse que comme en paysétranger ou conquis. Les lois Génoises régissaient les procès, et déterminaient une pénalité habituellement fort sévère. On avait laissé aux Corses la division de leurs pièves ou cantons, qui renferment chacun un certain nombre de paroisses, la nomination de leurs pères des communes, magistrats locaux,élus dans les paroisses pour remplir des fonctions que leur nom explique assez, et l'élection de douze députés chargés de défendre, auprès du gouverneur, les intérêts de leurs concitoyens ; mais on avait mis des officiers et des podestats Génois partout où l'on avait pu les placer.À côté des pères des communes, les juges inférieursétaient Génois, aussi bien que les collecteurs d'impôts ; et, quant aux députés, le provéditeur, n'étant point obligé d'avoirégardà leurs représentations, en faisait ordinairement si peu de cas, que leur intervention ne servait qu'à manifester plus hautement la faiblesse d'un côté, le despotisme de l'autre. Il n'y avait donc, entre les maîtres et les sujets, ni confiance, ni affection, ni lien ; et, pour tout dire en un mot, Gênes considérait la Corse comme une conquête, et les Corses considéraient la république de Gênes comme un oppresseur.» Claire Caralanzi, ou la Corse en 1736, par le Cte A. de Pastoret. Tome 1. Le présent ouvrage s'inscrit dans une politique de conservation patrimoniale desouvrages de la littérature Française mise en place avec la BNF. HACHETTE LIVRE et la BNF proposent ainsi un catalogue de titres indisponibles, la BNF ayant numérisé ces oeuvres et HACHETTE LIVRE les imprimantà la demande. Certains de ces ouvrages reflètent des courants de pensée caractéristiques de leurépoque, mais qui seraient aujourd'hui jugés condamnables. Ils n'en appartiennent pas moinsà l'histoire des idées en France et sont susceptibles de présenter un intérêt scientifique ou historique. 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Détails du livre

Titre complet
Claire Caralanzi, ou la Corse en 1736. Tome 1
Editeur
Format
Grand Format
Publication
01 septembre 2013
Audience
Adulte - Grand Public
Pages
380
Taille
23.4 x 15.6 x 15.6 cm
Poids
533
ISBN-13
9782013374071

Auteur

Livré entre : 30 juillet - 4 août
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